“Cette loi est inutile” – Dr Ephraïm Herrera

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Le Dr Ephraïm Herrera est docteur en histoire des religions et spécialiste du monde musulman. Nous avons cherché à comprendre, grâce à ses précisions, l’efficacité réelle de la peine de mort sur des terroristes islamiques.

Le P’tit Hebdo: Les terroristes islamiques possèdent la macabre particularité de sanctifier la mort. Ils sont fiers de mourir en ”shahid” et ce serait même ce qu’ils recherchent quand ils commettent des attentats. Est-ce un mythe ou une réalité?

Dr Ephraïm Herrera: En effet, depuis le début de l’Islam, la mort est présentée comme une valeur suprême. Le général et compagnon de Mahomet, Khalid Ibn al-Walid, déclarait toujours avant de conquérir une ville: nous aimons la mort et la guerre autant que vous aimez la vie et la paix.

L’acte terroriste en Israël, est une obligation individuelle pour tout Musulman, un acte défini comme ”défensif”. En effet, pour l’Islam, les Juifs occupent une terre musulmane, donc tout attentat est considéré comme un acte de défense.

Lph: Partant de ce constat, les menacer de la peine de mort sera-t-il dissuasif?

Dr E.H.: Ces terroristes méritent la peine de mort sans l’ombre d’un doute. Mais cette loi est inutile et ne résoudra rien. Les attentats ne diminueront pas si l’on vote une telle loi, parce que nos ennemis savent pertinemment qu’elle ne sera, de toute façon, pas appliquée.

Lph: Pourquoi en être aussi sûr?

Dr E.H.: Tout d’abord, parce qu’une telle loi existe déjà et n’est pas appliquée ! Les tribunaux militaires peuvent prononcer la peine de mort dans certains cas, mais les juges ne choisissent jamais cette sentence. Récemment, un terroriste a été relaxé de l’accusation de meurtre parce que la lame du couteau qu’il avait utilisé n’était pas assez grande et que l’on en a déduit du coup qu’il n’avait pas l’intention de tuer! Citons aussi cet attentat lors duquel Eliav Gelman, z”l, a été tué par les tirs d’un soldat qui tentait de neutraliser un terroriste. Les juges militaires ont estimé que le terroriste était bien responsable de la mort d’Eliav Gelman, mais qu’on ne pouvait le condamner pour meurtre parce qu’il était impossible de prouver qu’il avait effectivement l’intention de le tuer! Les exemples de jugements de ce type ne manquent pas, hélas.

Pourquoi donc, le fait de voter une nouvelle loi, venant s’ajouter à celle déjà existante, modifierait-il subitement cette approche juridique?

Les débats autour de cette loi passent à côté des questions de base.

Lph: Quelles sont-elles?

Dr E.H.: Le problème de fond est que nous ne voulons pas gagner. Notre attitude, nos réactions face au terrorisme dénotent d’une justification latente de ces actes.

La première question que nous devons nous poser c’est pourquoi nous arrêtons les terroristes? Pourquoi nous leur appliquons le droit civil alors que leurs actions relèvent du droit de la guerre? Il n’y a aucun problème, en temps de guerre, à mettre à mort son ennemi au moment de l’action. Dans les années 70, Israël avait réussi à rétablir et maintenir le calme dans la Bande de Gaza, en éliminant systématiquement les terroristes sur le terrain.

Et si, bien que nous n’ayons pas à le faire, nous les arrêtons pour les emprisonner, pourquoi ne pas les jeter dans un cachot plutôt que de les entretenir dans des prisons dorées?

Lph: Quelles seraient réellement les solutions efficaces?

Dr E.H.: Détruire les maisons, expulser les familles seraient bien plus efficaces comme méthodes de dissuasion qu’une loi pour la peine de mort qui ne sera jamais appliquée. L’un des principes de bases du Djihad veut que si celui-ci n’est pas efficace, alors les Musulmans en sont dispensés. Voilà la solution: leur montrer qu’ils n’ont rien à gagner à nous attaquer. Si après chaque attentat, l’Etat détruisait la maison et proclamait le terrain propriété de l’Etat d’Israël, nous leur montrerions avec force que le terrorisme produit, pour eux, l’effet inverse de celui recherché.

Il convient aussi d’agir plus haut. Il faudrait supprimer le Hamas et l’Autorité Palestinienne qui forment des millions de gens à haïr et à tuer et placer des modérés à leur place. Il ne faut pas craindre d’interdire l’islamisme dans toutes ses formes, parce que selon cette doctrine, il existe un idéal qui consiste à tuer des Juifs. Il n’y a qu’à lire les manuels scolaires palestiniens pour le comprendre. Leur problème n’est pas la colonisation, mais la présence de Juifs en Israël. C’est la conception du Hamas, héritée des Frères Musulmans: on doit se battre pour récupérer toutes les terres d’Islam, c’est-à-dire, toutes les terres un jour conquises par l’Islam. Il serait tout à fait possible d’empêcher cet enseignement de la haine et nous serions suivis en cela par le monde occidental.

Lph: Pourquoi ces solutions ne sont-elles pas appliquées?

Dr E.H.: Parce que nous vivons dans un pays où les tribunaux décident à la place du gouvernement, où nous avons, nous-mêmes, le sentiment d’être des colonisateurs. Nous avons oublié le sionisme de base, nous estimons être coupables d’une faute morale.

Nous surmonterons cela non pas en votant une loi pour la peine de mort, mais en étant convaincus que nous sommes dans notre bon droit et en voulant gagner. Et en nous comportant ainsi, nous gagnerons même des alliés arabes, comme les pays du Golfe qui ont mis les Frères musulmans hors la loi. Au lieu de cela, nous sommes associés aux pays qui veulent détruire Israël en transférant des dollars au Hamas!

Un long chemin psychologique reste à parcourir!

Propos recueillis par Guitel Ben-Ishay

Source lphinfo.com

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