Vaad Harabanim

Reaction des lecteurs
Table du Chabbath
Courrier Kountrass News nº 123 - Chevat 5770 / Janvier 2010

Table du Chabbath

Je vous suis infiniment reconnaissant d'avoir accepté de parler du livre «Un don précieux sur la table du Chabbath» en cinq tomes pour lequel j'ai consacré plus de dix ans de travail.

Je vous remercie également de l'exception qui me fut faite, celle d'avoir dérogé à votre règle et d'avoir parlé de mon livre sans l'avoir totalement lu. Je comprends que temps doit vous manquer pour réussir à éditer chaque mois et à préparer tous les articles de votre grand journal. C'est pour cela que je vous dis encore merci. Nous apprécions vos articles.

Je voudrais vous faire part de ce qui suit : contrairement à ce qui vous écrivez en page 24 du Kountrass de novembre/décembre 2009, je n'ai que très peu pris des extraits de feuillets distribués dans les synagogues de France. En revanche, le plus souvent mon choix s'est fait sur les écrits du rav Elie Munk. J'ai moi-même été, avec l'aide de Hachem, l'auteur de feuillets pour ma synagogue de St Blaise dans le 20e arrondissement de Paris, puis également à Ashdod où j'en distribuais gratuitement dans les synagogues francophones.

Ce que le public peut trouver dans mon livre, ce sont des Divré Tora choisis, comme le font de nombreux rabbanim qui écrivent des compilations, en s'appuyant sur les écrits des grands Tsadiqim. La deuxième partie de mon travail, ce sont des préambules à la Haftara de la semaine, en parlant du prophète ou du personnage principal de cette Haftara. Pour rendre plus compréhensible notre Haftara, qui a priori ne l'est pas pour tous, il est fait un résumé de celle-ci, puis un rapprochement entre la Paracha et la Haftara, enfin une conclusion (Moussar) parachève ainsi chaque Paracha hebdomadaire. Il en est de même pour toutes les fêtes.

Une troisième partie, qui remplit la moitié de chaque tome est celle de l'appendice et du glossaire, où le lecteur trouvera les sources complètes de notre Tradition. Il parviendra, par delà, à mieux saisir les bonnes paroles de notre sainte Tora.

Nissim Dahan

Internet interdit

Il est vrai que le monde orthodoxe est réputé pour être contre Internet mais, d'un autre côté, des rabbanim orthodoxes en Israël et un peu partout dans le monde, ouvrent des sites de Tora, où l'on peut même étudier un daf de Talmud dans son édition originale numérisée, ou écouter des cours enregistrés en vidéo. On peut même comparer le texte imprimé avec les variations se trouvant dans les manuscrits du Shass en ligne (http://jnul.huji.ac.il/dl/talmud).

Mieux encore, le Vaad Harabanim a son site : http://www.vaadharabanim.org/

Méïr Panim également : http://www.meirpanim.org/index_f.php.

En conclusion, je crois qu'il faudrait d'une part être honnête et, d'autre part, savoir raison garder. Kountrass, lui-même, a son propre site !

Avraham Malthete , Paris

Allons-nous devoir reprendre chaque mot de notre interlocuteur ? Cela sera en tout cas en toute amitié !

Disons d'emblée que la manière dont Internet s'est introduit dans la société moderne, que connaît toute personne qui vit en France et ailleurs, n'est pas à comparer à celle dont ce moyen de communication commence à se développer dans la communauté orthodoxe d'Erets Israël, qui, par nature des choses, est de loin plus éloignée de son utilisation. En Terre sainte, il est encore possible de faire le compte des qualités énormes sur le plan de la connaissance que peut apporter Internet face aux dangers suprêmes que cet instrument représente. A l'étranger, a priori, les choix ne sont plus possibles : la vie moderne est déjà trop liée au web... Mais ceci n'en enlève rien aux dangers, loin de là !

«.Le monde orthodoxe est réputé pour être contre Internet » - il n'est pas réputé ! Il pense très sérieusement qu'Internet est l'instrument le plus dangereux que l'homme ait pu créer depuis la création du monde, ainsi que l'ont déclaré plusieurs grands rabbanim actuels. Nul ne conteste l'intérêt fantastique de ce système sur le plan de la connaissance, mais aucune personne de bonne foi ne peut ignorer les dangers innombrables qu'Internet présente. Expliquons-nous : quand, voici quelques années, un jeune voulait «connaître le monde», il avait difficulté à le faire : il devait quitter son quartier et son entourage, pour se rendre ailleurs, entrer dans un cinéma ou dans d'autres lieux « peu recommandables ». De nos jours, c'est beaucoup plus simple : à partir d'un ordinateur, les incitations les plus matérielles et les plus viles sont là, à disposition, sans que nul ne le sache.

« .Réputé pour être contre Internet » - si seulement cela pouvait être vrai ! C'est seulement lors de ces semaines-ci qu'une vraie campagne a été lancée à l'aide des médias orthodoxes, sous l'initiative du rav Moché Mordekhaï Karp de Brachfeld, responsable du Beth Din du rav Rottenberg à Paris également. Cette campagne visait essentiellement les sites de nouvelles «orthodoxes», mais a été élargie au fait même d'avoir accès à Internet, les écoles orthodoxes ayant décidé qu'un enfant qui pouvait avoir accès au web, ou dont la famille laissait librement ses enfants utiliser Internet ne serait pas accepté dans leurs établissements. Partant, un grand renforcement a été engagé dans toutes les institutions à ce propos.

«Le monde orthodoxe.» - Il nous semble que dans le monde entier, les parents et les éducateurs commencent à se poser de grandes et sérieuses questions à l'égard de l'utilisation de l'Internet pour les enfants - étant entendu que, pour eux, tout est permis aux parents. Pour nous, la Tora dit également aux adultes (Chemoth/Exode 15,39) : «.Et ne vous égariez pas à la suite de votre cour et de vos yeux, qui vous entraînent à l'infidélité», verset dans lequel la Tora interdit de chercher à voir des scènes impudiques ou des gens qui se conduisent mal.

La hache de guerre a toutefois été levée en premier lieu contre les sites d'information orthodoxes - alors que de nombreux rabbanim continuent à enseigner la Tora et à donner des conférences sur Internet. La question est juste, et mérite que l'on s'y intéresse.

Le problème des sites d'information orthodoxes est qu'ils étaient sans surveillance et qu'ils ne s'imposaient aucune limite : on y trouvait tout le Lachon haRa' que l'on voulait, sans que nul ne puisse s'y opposer, d'autant que la pression habituelle de l'aspect commercial était assez absente. Un journal écrit qui dit des choses en opposition à ce qu'il est souhaitable, prend un risque immédiat et énorme de perdre tout son lectorat, alors que sur Internet, on ne dépend pas des ventes, et les gens continuent à visiter le site.

Deuxièmement, toutes ces informations douteuses faisaient la joie des journalistes non religieux, qui pouvaient de la sorte avoir d'intéressantes informations sur ce qui se passe dans un milieu qui leur est assez peu accessible.

Ces sites ont donc fait l'objet de toute l'attaque dont nous avons été récemment les témoins, mais la mise en garde du public a été immédiatement élargie à l'ensemble du web.

Mais ceci ne concerne que qui veut bien écouter la voix de nos maîtres ! Que faire, si la majeure partie du peuple juif décide de ne pas en tenir compte ? N'est-il pas dommage qu'on ne puisse plus leur donner rendez-vous aux coins de la toile et leur proposer quelques cours de Tora en ces lieux, ce qui permettrait peut-être de les faire revenir à de meilleures conduites ?

Attirons l'attention de notre lecteur sur le fait que pour notre part, l'annonce proposant aux lecteurs de nous retrouver sur le web est formulée depuis longtemps en conséquence : « Si déjà vous êtes sur Internet, visitez notre site. »

C'est, ce nous semble, la raison pour laquelle les sites orthodoxes du genre de ceux que notre lecteur mentionne continuent à exister.

Quant au site où l'on peut trouver le Shass en ligne - il est proposé par. l'Université de Jérusalem, qui doit être peu concernée par la campagne lancée par les rabbanim !

En conclusion, il nous semble que toute personne honnête ne peut qu'être d'accord avec une telle campagne, et même si elle a besoin d'accéder à Internet, il importe de (faire) savoir que les écueils sont très grands !

Les embûches devant les 'Olim.

Arrivés en Israël depuis 10 ans déjà, nous avons traversé quasiment toutes les étapes que s'apprêtent à passer un grand nombre de familles françaises qui montent avec des enfants à scolariser.

Mamlakhti Dati, Dati-Leumi, 'Hardali, Torani, 'Harédi.

Des systèmes, qui en leur temps, depuis la France ne nous disaient rien - ou si peu - et qui même nous auraient fait peur, comme à beaucoup de candidats à la 'Aliya. On nous prépare si peu sur ce sujet depuis la France. Je reconnais que certains rabbanim m'avaient alerté sur la complexité du système éducatif en Israël. Je n'avais pas bien compris. N'était-ce pas vers la Terre des Juifs que mon avion nous dirigeait.?

Aidés par la Sokhnouth (Agence Juive) et encouragés par la société sur place, nous avons envoyé nos chers enfants vers une école affiliée au Mamlakhti-Dati (courant national religieux). C'est ce qui ressemble le plus aux écoles juives en France, nous disait-on. Serait-on venu en Israël pour être comme en France ?

Est-ce que ce sont les valeurs que je veux transmettre, ici, en Israël, à mon enfant ? La question venait et revenait, de manière incessante.

Chaque fois que la réponse était négative, nous avons repris notre bâton de pèlerin et avons repris la route.

Voulions-nous une école qui prône le non-engagement et qui engage nos enfants sur un monde de contradictions ?

Nous avons de la sorte connu, étape par étape, les différents systèmes, sous les regards dubitatifs de nos amis, qui nous voyaient nous éloigner lentement mais sûrement de leurs chemins.

La confrontation à ces différents systèmes nous a engagés pourtant à une réflexion essentielle : quelles sont les valeurs que nous voulons transmettre à nos enfants ? Les valeurs inhérentes à la Tora, bien sûr, comme la plupart des parents ! Yirath Chamaïm, droiture, 'Héssèd, Sim'ha. en faire de bons Juifs, tout simplement.

Seulement voilà, ici, il y a justement une inadéquation entre ce que l'on souhaitait si ardemment pour nos enfants en Israël et ce que l'on a vu finalement dans trop d'écoles qui prônent l'ouverture dite d'esprit.

Mais de quel esprit parlait-on ?

De celui que nous croyions avoir quitté, pétri par une culture goy qui privilégie le succès envers et contre tout, l'argent, la réussite sociale, de celui qui encense le pluralisme culturel et social, l'ouverture, la « fraternité ».

Nous demandions à nos enfants de faire ce que nous avons été incapables de faire, de garder notre identité dans un environnement qui n'était pas celui qui suivait notre choix.

Des enseignements qui ne sont pas toujours un exemple vivant de Tora : des arrangements qui nous arrangent (téléphones portables tous azimuts, livres de pensée Goy, programmes télé, Internet), des débordements qui entrent dans nos maisons et qui salissent la Néchama Tehora de nos enfants. Des Tiyoulim (ballades) vides de sens et de Bérakha, des programmes surchargés en 'Hol (matières profanes), quand le Qodech et la Guemara deviennent malheureusement le parent pauvre du programme et la bête noire de nos enfants.

Fermez la porte, le Yétser haRa' trouvera toujours le moyen d'entrer par la fenêtre, si peu qu'on lui laisse une petite ouverture.

Que gagne-t-on de ce non-choix ? Un non-engagement, et un Yétser haRa' qui travestit son vrai visage. « Il faut une cohérence dans la famille » me dit-on, « je ne viens pas d'une famille si religieuse, je n'ai pas la force. »

Chacun a pourtant, c'est sûr, la possibilité de rentrer dans l'eau. Mon travail est justement là : j'ai peur de ne m'en remettre qu'au Ribono Chel 'Olam !

Malheureusement, après cela, nous payons les conséquences de ces non-choix : qu'entendons-nous dans nos immeubles et dans nos maisons ? Des cascades de déception et de pleurs de parents effondrés, d'enfants qui sortent de la voie, qui font l'armée ou le Chérouth Leumi (en pantalon, c'est plus confortable.) et avec horreur, les parents comprennent trop tard qu'ils ont raté le coche.

Alors c'est vrai, me direz-vous, aucun système n'est parfait. Là également il y a encore beaucoup à faire, même dans les structures de 'Hinoukh qui sont entièrement basées sur le Qodech. Mais le plus important, vous avez raison, c'est la cohérence et la sincérité dans notre 'Avodath Hachem.

Ici et là, les enfants ont besoin de voir, de sentir et de toucher ce pour quoi nous sommes tous là : le monde de l'effort ouvert à chacun d'entre nous.

Faisons définitivement une place prépondérante dans nos cours et dans nos foyers à notre Créateur. Nous sommes tous là pour faire Sa Volonté pour que nos enfants donnent priorité au monde de la Tora et aux Mitswoth.

Car le Machia'h est à la porte, et en témoigne la descente spirituelle des générations qui l'accompagne - si nous n'avons pas la force de faire un petit effort, pourquoi nos enfants l'auraient-ils ?

Faisons-Lui confiance pour nous guider, Il n'attend que cela !

De l'éloge de la langue de bois.

Je lis dans le dernier numéro de «Kountrass News» un article intitulé «M. Nééman, tout n'est pas à dire».

Pourquoi, nous les Juifs pratiquants, devons-nous systématiquement marcher à quatre pattes et raser les murs ?

Sous prétexte que les médias de gauche, anti-religieux, vont leur tomber dessus, le ministre de la Justice n'aurait pas le droit d'exprimer un sentiment partagé par tous les juifs pratiquants ? Nos ennemis prennent-ils tant de précautions avant de déverser leur fiel ?

Qui a peur du Emeth ?

Ce n'est pas parce que les paroles, l'action d'un rav ou d'un responsable, suscitent une levée de boucliers qu'elles sont pour autant répréhensibles (bien au contraire).

Il faut bien briser l'establishment laïc en Erets Israël et ce ne sera pas par le silence et la modestie mal placée qu'on y parviendra.

« C'est la modestie de rabbi Zekharia ben Avqoulas qui a provoqué la perte de notre Temple, a entraîné l'incendie de notre Palais et nous a fait partir en exil » (Guitin 56a).

Moché Ya'aqov Lévy

La remarque de notre honorable lecteur est, à son habitude, juste et importante. Elle pose toutefois un problème de conduite à suivre : le monde de la Tora a-t-il à s'élever contre l'establishment non religieux, ou doit-il au contraire conserver le silence, « marcher à quatre pattes et raser les murs » pour reprendre l'expression employée.

C'est une question que nos dirigeants doivent résoudre, et seuls eux sont à même de le faire.

Dans chaque chose, toutefois, il faut savoir respecter la règle d'or que nous ont enseignée nos Sages (Yevamoth 65b) : « Rabbi Il'a a dit au nom de rabbi El'azer fils de rabbi Chim'on : "De même que la personne doit exprimer les paroles que l'on peut accepter, de même c'est une Mitswa pour une personne de ne pas dire ce qui ne saurait passer." Rabbi Abba ajoute : "C'est une obligation, comme il est dit (Michlé/Proverbes 8,9) : Ne morigène pas le railleur, car il te haïrait. Fais des remontrances au sage, et il t'en aimera davantage." »

Savoir pratiquer l'art de la réprimande, dire ce qui peut passer et éviter de dire des choses qui au contraire repoussent le public n'est pas donné à tout le monde ! On a entendu en son temps rav Schakh zatsal. s'écrier devant le monde entier que le judaïsme orthodoxe ne peut pas accorder ses voix à la Gauche, qui mange du lapin et ne sait pas ce qu'est être juif, et de manière très surprenante, le public a accepté cette réprimande. Il y a même des gens qui sont revenus à la Tora grâce à cette intervention pleine d'exigence de la part du rav ! Et l'on voit trop souvent des représentants de la communauté orthodoxe dire de grandes bêtises, qui ne font qu'écarter les gens de la pratique et de la Tora !

Il nous semble que l'intervention du ministre Nééman, qui affirmait qu'il fallait au plus tôt réinstaurer la loi de la Tora dans les affaires du pays, faisait partie des choses à ne pas dire, parce que c'est faux, nous n'en sommes pas encore arrivés à une époque où cela serait possible, car la majorité des gens n'a aucun respect devant la Loi que l'Eternel nous a livrée ; et parce qu'en disant cela, il était évident que les médias lanceraient une campagne renouvelée et renforcée contre le risque de voir bientôt «la démocratie refoulée, le moyen-âge s'installer et le fanatisme régner». A quoi bon leur fournir des armes ?

Nous restons donc sur notre position : la déclaration du ministre de la Justice était déplacée !

Vos réactions à l'article