En un calme trompeur. Du bon usage d'un petit prophète.Commentaires politiques
Kountrass News nº 123 - Chevat 5770 / Janvier 2010
En un calme trompeur. Du bon usage d'un petit prophète.Michaël Laustriat Aucun GPS ne permet de savoir où se dirige Israël en cet hiver maussade, à la météo instable. Israël traverse actuellement une période relativement calme. Pas d'attentats. Le terrorisme semble maîtrisé, sinon contenu. Aucune menace de guerre à court terme. Stabilité ministérielle. En dépit des hausses annoncées des tarifs de l'eau et des transports, pas de poussée inflationniste à l'horizon. Pourtant, quand on examine la situation d'un peu plus près, l'optimisme béat n'est pas de mise. ![]() Le gel des constructions en Judée-Samarie décrétées par l'administration américaine annonce une confrontation plus dure avec Obama. Cette mesure a pourtant eu des retombées «positives« : d'une part, elle renforce le consensus entre israéliens, d'autre part elle met en relief l'inanité des « contreparties palestiniennes ». Car les Palestiniens ne font rien, ne donnent rien. Et quand ils parlent, c'est pour demander toujours plus. Ils ont choisi la diplomatie de l'inertie. D'ailleurs, pourquoi bougeraient-ils quand l'Europe, Obama et l'ONU se font le relais de leurs desiderata ? Les Palestiniens, dirigés par Mahmoud Abbas, ont choisi de jouer la carte démographique (encore appelée « la guerre des ventres »). Ils espèrent qu'à long terme, l'accroissement de la population arabe l'emportera sur le nombre de juifs vivant entre le Jourdain et la mer. Dès lors, pourquoi voudraient-ils s'engager dans des laborieuses et vaines discussions de «paix«, quand avec un peu de patience ils pourraient obtenir bien plus que la Cisjordanie et Gaza ? La pire chose qu'ils redoutent, c'est une nouvelle intifada. Ou une trop grande radicalisation de leur population. Finalement, la stratégie d'Abbas représente une menace à long terme bien plus dangereuse que les coups d'épingle meurtriers du 'Hamas. L'idée d'un « Etat Palestinien » n'était déjà pas réjouissante en elle-même, voici maintenant qu'on parle des frontières de 67 comme de celles de ce futur Etat ! Si Israël ne sait pas gérer cette menace, il risque de perdre - de par ses grandes fautes - par la «négociation » (entendez : les pressions internationales) des territoires reconquis par la guerre. Et Yichma'ël continue à avoir prise sur la Terre sainte... Dans cette perspective, le «processus de paix« est une fiction, une perte de temps, à laquelle les Américains s'efforcent de croire pour rendre plausible leur rôle de grande puissance et d'arbitre international. L'actuel président de cette grande puissance ne semble d'ailleurs pas taillé pour faire face aux défis du présent. La politique d'Obama de la main tendue aux Iraniens est un échec lamentable, un aveu de profonde naïveté, voire une réelle lâcheté - car on ne parle plus de sanctions contre l'Etat islamiste. Par ailleurs, Obama est empêtré dans la guerre en Afghanistan. Il ne sait quoi trop opposer aux insolences de la Corée du Nord. Dans ses rapports avec la Chine, c'est la reculade : le maintien de bonnes relations commerciales justifie qu'on ferme les yeux sur les droits de l'homme. Il n'empêche que la dépendance d'Israël lui semble un fait acquis, au point de demander des « explications » lorsque Tsahal abat des terroristes. En politique intérieure, la réforme du système de santé initiée par Obama est encore loin de faire l'unanimité, et la reprise économique n'est toujours pas au rendez-vous. C'est d'ailleurs pourquoi Netanyahou n'envisage pas de le rencontrer avant l'automne 2010 : il espère qu'Obama sera alors suffisamment empêtré dans tous ces problèmes pour mettre moins d'enthousiasme à vouloir nous régenter. En attendant, puisque les pressions sont d'abord médiatiques, les Américains ont créé une organisation «juive non-gouvernementale«, dénommée Jstreet, pour relayer sur les campus et dans la gauche américaine toutes les thèses de la Maison-Blanche. Appliquant la stratégie du cheval de Troie dans l'opinion, elle a même cherché - sans succès - à s'attirer les bonnes grâces de l'ambassadeur d'Israël à Washington, lequel, loin d'être naïf a dénoncé la manouvre. Voilà à quoi s'emploient nos «alliés«. Parmi les autres menaces qui se profilent à l'horizon, il faudrait citer : N'est-ce pas une Halakha qu'Edom nous déteste ? Ce qui est étonnant, c'est qu'aucun sursaut ne se fait jour en Israël contre la menace iranienne. Tout se passe comme si nous faisions une nouvelle fois confiance à Tsahal plutôt qu'à HaQadoch Baroukh Hou, le Gardien d'Israël. Par sursaut, il faut entendre une mobilisation de tous les juifs, un retour général vers D., pour implorer sa protection. L'un des «petits« prophètes, Yoël/Joël (chap. 2) nous met pourtant les mots dans la bouche : « Sonnez du cor dans Sion, et poussez des cris sur ma montagne sainte, pour qu'ils tremblent, tous les habitants de ce pays, car il arrive, le jour de l'Eternel, il est proche. Sonnez du cor dans Sion, ordonnez un jeûne, convoquez une réunion sainte. Rassemblez le peuple, organisez un rendez-vous solennel, appelez les vieillards, rassemblez même les enfants et nourrissons à la mamelle.» Bref, la mobilisation générale, l'état d'urgence. A l'origine, ce texte du prophète fut écrit pour implorer D. de protéger Israël d'une invasion de sauterelles particulièrement voraces. Mais dans la mesure où ces insectes, tout comme une attaque nucléaire, détruisent tout sur leur passage, ce texte devrait bien reprendre du service. L'actualité et l'ampleur de la menace le justifient amplement. Malheureusement, il n'y a plus de prophètes en Israël pour rappeler le peuple à l'ordre. Il ne reste plus que les médias. Combien de fois faudra-t-il nous reparler de la menace iranienne pour que nous prenions au sérieux l'obligation de notre retour à D. ? La construction de l'Arche dura 120 ans, et les Sages nous expliquent : pour laisser aux contemporains de Noé le temps de faire Téchouva. Depuis combien de temps nous parle-t-on de la bombe iranienne - sept ans, huit ans ? Rien ne presse ! C'est promis, l'année prochaine, je fais Téchouva ! Paru dans le Washington Post. Traduit et adapté par Albert Soued, www.symbole.chez.com/soued pour www.nuitdorient.com (1) Sommes-nous gouvernés par un ami des tyrans, un usurpateur, un communiste caché ? |


