Vaad Harabanim

La Turquie et Israël
International Kountrass News nº 123 - Chevat 5770 / Janvier 2010

La Turquie et Israël

Les relations entre la Turquie et Israël connaissent à nouveau une mauvaise période, alors qu'un film anti-israélien a été diffusé par la télévision turque. Israël a réagi très fortement, le ministère des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur turc en Israël et l'a interrogé à propos de cet incident, non sans faire montre d'une conduite fort méprisante à l'égard de ce diplomate. Ce n'est pas la meilleure des conduites à suivre envers un Etat aussi important et aussi grand que la Turquie - et surtout d'inspiration islamiste ! La guerre entre la France et l'Algérie, au XIXe siècle, a également commencé par un coup d'éventail donné à l'ambassadeur de France à Alger.

Le ton a monté, l'ambassadeur turc à Tel-Aviv a menacé de retourner chez lui, l'ambassadeur israélien à Ankara a été convoqué au ministère des Affaires étrangères turques, et les relations entre les deux pays sont arrivées au pire de leur niveau, seulement quelques mois après la précédente crise.

Le diplomate à l'origine de cette «crise» - Dany Ayalon - a déclaré par la suite qu'Israël ne présenterait en aucune manière des excuses - pour finalement présenter ses excuses les plus plates, et ce, à deux reprises.

La personne qui a du reste entraîné la diplomatie israélienne à se résoudre à cela n'a été autre que le Président Chim'on Péres, qui s'avère être devenu le régulateur de bien des situations tendues dans le pays, et c'est tant mieux !

A priori, l'incident est clos.

Cet épisode laisse tout de même un mauvais goût.

D'abord, parce qu'un pays souverain tel que la Turquie peut accepter qu'un film anti-israélien, voire antisémite, soit présenté à la télévision nationale, et que son Premier Ministre peut faire des déclarations tonitruantes sur la politique israélienne à Gaza, comme lors de l'incident de Davos

Ceci, quand la Turquie entretient des relations politiques et économiques avec Israël.

Mais aussi parce que les responsables de la politique israélienne se sont laissés entraîner dans une colère qui, pour justifiée soit-elle, n'avait pas sa place : ce n'est pas parce que l'on est vexé que l'on peut se permettre de le faire savoir, et surtout pas en montrant du mépris envers l'autre - même si l'autre a une attitude révoltante. Puis, finalement, notre rôle est-il réellement de réprimander les nations ? N'avons-nous pas besoin de leur soutien pour nous permettre de nous brouiller avec elles ? Sans parler, bien entendu, des conseils que nos Sages nous ont donnés à cet égard.

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