Vaad Harabanim

Le réveil de l'Egypte
International Kountrass News nº 123 - Chevat 5770 / Janvier 2010

Le réveil de l'Egypte

Après une longue période où l'Egypte a joué un rôle fort trouble en ce qui concernait la bande de Gaza, la situation est sur le point de changer, au grand dam du 'Hamas.

Israël, comme on le sait, est accusé de tous les maux du monde, en particulier d'enfermer la bande de Gaza dans un blocus inhumain. Nul ne parle des tirs d'engins sur les agglomérations situées sur la bordure de ce territoire - sans doute lancer des qassam et autres engins mortels sur des Juifs n'est pas grave. Mais on ne parle pas non plus du rôle de l'Egypte dans cette affaire : la bande de Gaza comporte deux faces : l'une, du côté nord, mais celle du côté sud est tout aussi importante. Si ce mur de la prison était ouvert, toute la nature de la bande de Gaza changerait ! Du reste, durant la dernière opération, «Oféret metsouqa», les Palestiniens ont fait sauter les barrières qui forment cette frontière. Mais les forces armées égyptiennes ont vite fait de tout remettre en place, et pour cause : si les habitants de la bande de Gaza pouvaient sortir de leur enclave, l'Egypte serait très embêtée : cela augmenterait de quelques centaines de milliers d'habitants de plus leur pays, qui souffre déjà très fortement d'un surpeuplement chronique. Et surtout, une telle ouverture renforcerait les éléments extrémistes qui ouvrent dans le pays, les «Frères musulmans» en particulier. L'Egypte n'y est pas du tout intéressée.

Or cette frontière n'est pas du tout hermétique, mais alors, pas du tout ! Tout y passe : des hommes, et souvent des terroristes, des armements, du matériel, de la contrebande, tout. Comment cela ? Des centaines de tunnels ont été creusés sous la frontière, et ce qui s'y déroule est très impressionnant. Il est évident que la plupart des armes utilisées contre Israël parviennent à Gaza par ces tunnels. Et les gens qui les creusent et qui les exploitent en profitent largement, très grassement.

Que peut-on faire contre ces tunnels ? Israël s'était posé la question voici quelques années, avant de quitter la région. La riposte envisagée était de creuser un canal afin d'y faire arriver de l'eau de mer. Cela eut été radical : les tunnels auraient été inondés, et tout aurait été réglé. Cela n'a pas été fait. L'Egypte a visiblement pensé elle aussi à une solution, et sa conclusion a été de mettre en place un barrage de métal, coulé dans le sol jusqu'à 18 m de profondeur, sur une dizaine de kilomètres. Longtemps, ce pays a hésité, tenant à ne pas se brouiller avec le 'Hamas et à assurer sa tranquillité interne face aux « Frères musulmans », mais quelque chose a changé dans le pays du Nil : le projet est en train d'être exécuté, au grand déplaisir des gens du 'Hamas, qui risquent de voir ainsi leurs sources en armement tarir, et leur raison d'être s'évaporer.

Et c'est sans doute l'opposition généralisée dans le monde au 'Hamas qui a donné aux Egyptiens le courage de se lancer contre ce groupe terroriste, malgré le risque que cela pose pour le pouvoir au Caire.

Israël ne peut pas se plaindre d'une telle conduite, et les Palestiniens non plus - quand certains n'hésitent pas à dire que tout ce plan a été conçu en commun avec les Egyptiens, afin de faire tomber le 'Hamas. Peut-être, mais cette démarche n'est pas sans risque pour Israël, car on n'imagine pas ce groupe terroriste puisse décider d'abandonner la partie sans tenter un dernier tir - que D. nous protège  !

Vos réactions à l'article