Les fouilles de QeiyafaArchéologie
Kountrass News nº 123 - Chevat 5770 / Janvier 2010
Les fouilles de Qeiyafa![]() Les ruines de Qeiyafa Les ruines de Qeiyafa Les ruines de Qeiyafa, dans le Emeq haAla, ont permis à des archéologues israéliens d'arriver à d'intéressantes conclusions sur le plan historique. Une récente nouvelle archéologique concernant le «plus ancien texte biblique trouvé» nous a fait penser un moment que l'on avait même découvert des extraits de la Tora datant d'une époque des plus anciennes, mais après vérification auprès de l'archéologue s'occupant de ces fouilles, le Pr. Yossi Gurfinkel, il s'est avéré qu'il n'en était rien, ou pas grand-chose... Sur cet ostraca, ce morceau de poterie découvert sur place en juillet 2008, c'est toutefois la plus ancienne écriture en hébreu ancien découverte à ce jour et datant du Xe siècle Av J.-C. En revanche, les conclusions les plus importantes des fouilles du site de Qeiyafa, pour le Pr. Yossi Gurfinkel de l'université de Jérusalem, responsable des fouilles sur place, sont que contrairement à ce qui était évident depuis quelques décennies dans les milieux scientifiques (thèse d'Israël Finkelstein, 1996), le royaume de Juda, sous le roi David, était effectivement développé et occupait une grande place dans la région. L'une de ses bases avancées était la forteresse de Qeiyafa (nom arabe du site), à proximité de la ville de Sokho et Azéqa (face au Netiv haLamed Hé), dont l'importance et la taille prouvent sans doute aucun qu'une vie urbaine existait déjà à l'époque. Quant à la datation du site, pour diverses raisons, elle est claire : environ dix siècles avant l'ère actuelle, soit quelque temps avant le règne du roi David (-906/-836). Diverses preuves de l'identité juive des habitants de ce site ne laissent pas de doute non plus aux responsables des fouilles (entre autres, du fait de l'absence d'ossements de porcs.). Les conséquences sur le plan historique d'une telle conclusion sont énormes, et de première importance pour nous ! ![]() En ce qui concerne cet unique tesson trouvé voici deux ans sur ce site, il s'est avéré qu'il contenait un texte, écrit dans ce cas précis à l'encre. Voici 3.000 ans ! Depuis lors, de nombreuses tentatives de décryptage de cet ostracon ont été entreprises, mais l'état de l'écriture, s'affiliant à l'ancien hébreu, ne permet pas d'arriver à une compréhension très sûre. On peut juste y lire certains mots « Al Ta'as » (ne fais pas), « Chofet » (juge), « 'Eved » (esclave) et « Melekh » (roi). Le fait que cette pièce ait déjà fait le tour du monde, et que les méthodes les plus modernes soient utilisées pour arriver à faire ressortir une plus grande quantité de mots, n'a pas servi. Le Pr. Gerchon Galil, de l'université de 'Haïfa, qui a proposé récemment un projet de reconstruction de l'inscription, l'amenant à y lire des thèmes quasi bibliques, a provoqué l'enthousiasme - et ce, même dans des journaux d'habitude très peu disposés à reconnaître à la Bible une quelconque authenticité -, mais le Pr. Gurfinkel, que nous avons donc consulté, déclare que même s'il eut personnellement été très heureux que telle soit la conclusion à tirer de cet ostracon, regrette que les conclusions du Pr. Galil ne soient pas suffisamment solides. En revanche, il espère que d'autres tessons de ce même site, où les fouilles continuent, permettront d'avancer dans ce domaine également. Mais il n'en reste pas moins que ce tesson, aussi illisible soit-il, est tout de même le plus ancien texte hébraïque trouvé à ce jour, comme dit. |



