Le rav Pin'has Schreiber, Av Beth Din d'AshdodIls sont partis
Kountrass News nº 123 - Chevat 5770 / Janvier 2010
Le rav Pin'has Schreiber, Av Beth Din d'Ashdod![]() Rav Pin'has Schreiber, Av Beth Din d'Ashdod Rav Pin'has Schreiber, Av Beth Din d'Ashdod Le Av Beth Din achkenaze de la ville d'Ashdod, le rav Pin'has Schreiber zatsal., est décédé à l'âge de 79 ans. Il s'agissait de l'une des personnalités rabbiniques importantes de notre génération, qui jouissait de la profonde appréciation de tous les grands d'Israël. Le rav Schreiber est né en Galicie, dans une famille connue pour son grand respect des Mitswoth et une très grande assiduité en Tora. La famille Schreiber a été exilée au début de la Shoah en Sibérie. Le père de rav Pin'has, quand il rentrait vers les 16 h à la maison, prenait son fils pour étudier avec lui oralement le Choul'han 'Aroukh Yoré Déa'. tout en courant autour de leur baraquement, afin d'éviter de la sorte de mourir de froid ! A la fin de la guerre, un grand nombre de Juifs se sont rendus vers le sud de la Russie, en Kazakhstan et en Ouzbékistan. Nombre d'entre eux sont morts en chemin de froid et de faim - ce qui fut le cas des parents de rav Pin'has, qui dut les enterrer de ses propres mains, alors qu'il n'avait que douze ans. Il poursuivit son chemin avec son jeune frère, âgé de deux ans et demi. Sa prochaine station fut Téhéran, où furent réunis alors nombre d'enfants rescapés de la Shoah. A notre grande honte, les gens de la Sokhnouth qui s'occupèrent des enfants juifs de Téhéran ne respectèrent pas l'appartenance religieuse des 1200 enfants qui y étaient accueillis, et pratiquement il ne resta que quelques jeunes qui, par la suite, se retrouvèrent dans des institutions orthodoxes. L'affaire fit grand scandale en son temps, et le rav Moché Scheinfeld fit alors paraître un livre sous le titre de «Les enfants de Téhéran accusent». C'est au Kottel que rav Pin'has rencontra par la suite un groupe de jeunes gens étudiant à la Yéchiva et il courut vers eux, leur demandant de l'aider à quitter l'institution non religieuse dans laquelle il avait été placé et de lui permettre de revenir à la Tora. «A quel titre ?» lui demandèrent-ils. Rav Pin'has leur montra qu'il savait le Choul'han 'Aroukh par cour. Ces jeunes étudiaient à la Yéchivath 'Hévron, et ils l'emmenèrent avec eux. Le Roch Yéchiva, le rav Ye'hezqiel Sarna zatsal., le prit sous sa protection, et l'aida à s'intégrer dans la Yéchiva. Par la suite, le rav Schreiber se rendit à Bené Braq, où il fut accueilli par l'institution que le rav de Poniéwezh avait ouverte pour ce genre de jeunes, qui avaient perdu toute leur famille durant les événements, sous le nom de Baté Avoth. Quand il atteint l'âge adéquat, il fut accepté à la nouvelle Yéchiva qui se montait en ces années-là, la Yéchivath Poniéwezh dont il deviendra l'un des éléments marquants. Au cours de cette période, il sera très proche du 'Hazon Ich, qui l'accueillit comme un propre fils. A l'occasion du reste, le rav Schreiber raconta qu'il avait eu un problème médical, à la suite duquel un médecin lui avait indiqué que seule une opération des cordes vocales lui permettrait de retrouver sa voix. Le 'Hazon Ich, consulté, lui indiqua de retourner à son étude, et de ne rien faire. Le jour de l'opération arrivé, le rav Schreiber se rendit à nouveau chez le 'Hazon Ich, qui l'empêcha de se rendre à l'hôpital, mais lui dit à nouveau d'aller étudier. Fort inquiet tout de même, le rav Schreiber s'assit pour étudier, tout en faisant le vou que si son problème s'arrangeait, il étudierait à l'avenir uniquement à voix haute (ce qui est du reste une bonne conduite). Et, effectivement, il retrouva rapidement sa voix. Le rav Schreiber témoigna aussi de l'extrême pauvreté dans laquelle il était alors plongé : pour Chabbath, il allait laver son unique chemise. et devait attendre qu'elle sèche pour la remettre. Par la suite, une personne lui offrit une autre chemise, et sa situation s'améliora grandement : il pouvait laver sa chemise en revêtant l'autre. Après son mariage, il continua à étudier au Kollel de la Yéchivath Poniewezh, qui comptait alors neuf personnes. Son influence fut très grande sur toute la Yéchiva, par sa personnalité et par son assiduité. Par la suite, le rav de Poniewezh lui demanda de donner cours à la Yéchivath Breslav de Bné Braq, et, plus tard, de devenir le rav de la communauté orthodoxe qui se développait autour de l'émanation Yéchivatique qui s'était créée dans cette ville, la Yéchivath Grodné d'Ashdod. Le rav Schreiber fut très intimement lié à toutes les institutions qui furent fondées dans cette ville par la suite, le 'Héder et l'école pour jeunes filles en particulier. Un Beth Din fut érigé sous sa direction à Ashdod, et même quand d'autres communautés s'y installèrent, son avis continua à être fort respecté par tous. Il faisait partie également du Beth Din du rav Nissim Karélits à Bené Braq. Avec sa disparition, notre génération a perdu l'une de ses grandes personnalités rabbiniques. |


