Vaad Harabanim

Le rav Yehochoua' Polak, auteur du Pené Yehochoua' (1680 - 14 Chevat 1757)
Personnage historique Kountrass News nº 123 - Chevat 5770 / Janvier 2010

Le rav Yehochoua' Polak, auteur du Pené Yehochoua' (1680 - 14 Chevat 1757)

Le Pené Yehochoua' est l'un des ouvrages de base du monde des Yéchivoth, étudié de manière suivie et régulière jusqu'à ce jour.

Le rav Yehochoua' Polak n'a pas toujours eu une vie facile. Né dans une importante famille rabbinique de Cracovie, dès sa jeunesse il fut désigné pour assurer l'enseignement dans les diverses institutions pédagogiques de la communauté. Il fut amené par la suite à devenir l'un des notables de la ville et organisa une Yéchiva dans sa maison. Cette idylle prit fin le 3 Kisslew 1702, avec l'explosion dramatique d'une fabrique de munitions, au cours de laquelle sa mère, son épouse et sa fille trouvèrent la mort. Lui-même ne fut sauvé que de manière miraculeuse. Il fit alors le vou de faire paraître ses commentaires s'il survivait à cette tragédie.

On le trouvera par la suite rav dans diverses communautés juives d'Europe Centrale. En 1718, il est à Levov (Lemberg), mais la communauté le remplace par un jeune (lui-même n'était pas vieux : 38 ans). A Berlin, où il est nommé en 1731, il est saisi d'un différend interne à la communauté. Le notable qu'il condamne va se révolter contre lui et provoquer sa fuite de la ville.

En 1734, il est le rav de Metz, remplaçant le rav Ya'aqov Reicher, l'auteur du Chevouth Ya'aqov. En 1741, il est appelé à être le rav principal de la communauté de Francfort, mais dans la terrible dispute qui secouait alors le judaïsme européen - opposant le rav Yonathan Eibeshutz au rav Ya'aqov Emden - du fait qu'il prend position en faveur de ce dernier, contrairement à l'avis global de la communauté qui donnait la préférence au rav Eibeshutz, le Pené Yehochoua est amené à quitter la communauté de Francfort. On le retrouve dans plusieurs petites communautés allemandes. Il meurt à Offenbach.

Durant cette dernière période, le 'Hida, qui parcourait alors l'Europe occidentale pour collecter des fonds pour la ville de 'Hévron, lui rendit visite, et écrit sur lui (Ma'agol Tov): « J'ai vu la face du rav Yehochoua' (NDLR : jeu de mots, style dont 'Hida fait tellement usage : la face = Pené - Yehochoua'), et elle ressemblait à celle d'un ange (« Pené Eloqim 'hayim »). »

Son commentaire aborde le texte de la Guemara, les commentaires de Rachi et de Tossafoth avec une grande clarté, et il peut prendre position entre les avis, ou donner préférence à une autre voie. Son style n'est certainement pas celui qui a cours de nos jours dans les Yéchivoth, où l'on préfère de loin tenter de comprendre les avis des uns au même titre que ceux des autres, par le biais d'explications qui permettent de saisir les deux conceptions en présence, mais la force d'analyse du Pené Yehochoua' en ait fait l'un des commentaires qui aident le plus à la formation des étudiants.

L'avis du Pené Yehochoua' est souvent cité, dans tout domaine.

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