Les surprenantes sources du rapport GoldstoneCommentaires politiques
Kountrass News nº 124 - Adar 5770 / Février 2010
Les surprenantes sources du rapport GoldstoneIsraël n'a pas encore terminé de se battre contre le rapport du juge sud-africain juif Goldstone, quand paraît en Israël même un curieux contre-rapport. ![]() Goldstone Goldstone On ne peut mieux rappeler les dégâts provoqués par le rapport en question qu'en utilisant les propres aveux du Premier Ministre Netanyahou à la Knesseth : « Israël doit faire face à trois grandes menaces: la menace nucléaire iranienne, la menace des missiles, une menace que j'appellerais la menace... Goldstone ! Goldstone est un mot de code pour exprimer un phénomène beaucoup plus large - une tendance à nier la défense légitime de l'Etat d'Israël. Elle n'a pas commencé aujourd'hui, elle s'est manifestée à Durban en 2000 et à La Haye dans la tentative de saper la clôture de sécurité qui protège les enfants d'Israël. Ces tentatives posent un vrai problème pour nous tous. L'ONU adopte le rapport Goldstone pendant que nous nous battons pour faire cesser les tirs de milliers de roquettes. Ehud Olmert se rend aux Etats-Unis pour donner des conférences dans des collèges, et il y est considéré comme un criminel de guerre. Ehud Barak, le ministre de la Défense, a failli se faire arrêter à Londres. Tzipi Livni, le chef de l'opposition, a reçu un mandat d'arrêt. Vous savez la vérité : nous avons à faire à une attaque généralisée, qui ne concerne pas le présent gouvernement plutôt qu'un autre. » Im tirtsou![]() Logo de "Im Tirtsou" Logo de "Im Tirtsou" Cette attaque en règle a-t-elle une origine clairement définie ? L'organisme «Im tirtsou», « si vous le voulez » (en allusion à la célèbre phrase du fondateur du sionisme) l'affirme. Im tirtsou se présente comme un groupe centriste hors parlement, se destinant à « renforcer et à renouveler les valeurs sionistes en Israël, et à répondre aux phénomènes post-sionistes et anti-sionistes qui se développent dans la société israélienne ». Tout un programme. Son responsable est un jeune de Rana'ana, émanant du high-tech. Cet organisme s'est intéressé aux sources locales du rapport Goldstone, pour arriver à une conclusion plus qu'intéressante : la majorité écrasante des sources israéliennes, qui étaient sensées apporter à ce rapport tout son sérieux, a une seule et unique origine ! Il s'agit d'associations locales dont le financement repose sur une seule fondation, le «Kéren ha'Hadacha leIsraël» ! La conclusion de Im Tirtsou (visible sur www.imti.org.il) est que 92 % des informations négatives citées dans le rapport incriminé ont été officiellement fournies par ce genre d'associations : le rapport Goldstone comporte en effet 1.208 notes qui renvoient à 1.377 références diverses. Près de la moitié de ces références renvoient aux publications de ce genre d'associations financées par le Kéren. Toutefois, quand on ne garde que les citations accusant l'armée israélienne de méfaits, on arrive à un résultat plus que surprenant : 92 % de ces citations sont originaires de publications en provenance de ces groupes soutenus par le Kéren ! Ainsi donc cet organisme, le Kéren ha'Hadacha le Israël, a soutenu indirectement le rapport Goldstone. Et, en tout cas, sans toutes ces informations dont on connaît bien « l'objectivité », le rapport Goldstone n'aurait pas vu jour ! Immédiatement, des députés ont lancé une requête exigeant des institutions de l'Etat de cesser de suite toute relation avec ce Kéren, qui participe à de nombreux projets en Israël, tant sur le plan éducatif que social (ministère de l'Education nationale dans le cadre d'une campagne de sensibilisation aux valeurs civiles, la Soukhnouth, en particulier pour le programme Taglit, si discutable sur le plan religieux, et autres). Le New Israël FundMais quel est ce Kéren ? Il s'agit d'une fondation américaine du nom de New Israël Fund, sise à Washington, créé en 1979 par un certain Jonathan Kohen et son épouse, deux professionnels de la collecte de fonds. Ils ont cherché à intéresser à leur ouvre les Américains qui ne se sentaient plus intéressés par les organismes de collecte traditionnels, et y sont parvenus avec un succès certain. Le Kéren ouvre en faveur des droits de l'homme, du pluralisme religieux (!), de la bonne entente entre Juifs et Arabes et du développement de projets sociaux. Le Kéren a participé entre autres à la fondation du village Newé Chalom à proximité de Latroun - où vivent ensemble des familles juives et des familles arabes, initiative due au père dominicain Bruno Hussar, un. juif égyptien renégat. Cette institution soutient aussi Adala, le « centre juridique préposé aux droits des minorités [arabes] en Israël », et Bethsélem, un organisme gauchiste suivant de près les activités israéliennes dans les territoires, entre autres. Un film récent voulant prouver que les Israéliens effectuent des nettoyages ethniques dans les territoires occupés, a été financé par l'un des organismes soutenus par le Kéren en question. Au total, rien qu'en 2008-2009, ce New Israël Fund, qui ne manque pas de fonds, a ainsi versé 7,8 millions de dollars à 16 « organisations non-gouvernementales », toutes vouées à discréditer Israël (comme Breaking the Silence, Bethselem, Association pour les droits civiques en Israël, the Public Commitee against Torture in Israël, Yech Din, Doctors for Human Rights, Rabbis for Human Rights, Gisha, Bimkom, Ita'h, New Profile, Machsom Watch, et Who Profits from the Occupation). La communauté orthodoxe souffre elle aussi du libéralisme affiché et activiste de ce Kéren : ce dernier finance la campagne contre la séparation dans les autobus, et a proposé récemment un service de ligne téléphonique destinée aux femmes voulant se plaindre pour avoir été brimées dans des autobus liMehadrin. Vu les options que nous voyons ici comme étant celles affirmées par ce Kéren, et les groupuscules à l'idéologie fortement marquée à gauche qu'elle soutient, on sera donc moins surpris des conclusions de Im Tirtsou ! Il faut bien prendre conscience de l'étendue du travail de sape que le Kéren effectue en réalité : les groupuscules qu'il finance ne comprennent à chaque fois que quelques personnes affiliées à une conception politique très extrémiste et très limitée, mais la publicité qui leur est donnée et le nombre de fois où ils interviennent dans la vie publique israélienne laissent croire qu'il s'agit d'un mouvement politique d'importance. Ils parviennent à mettre à mal l'Etat tout entier, et à faire planer une grande menace sur tout officier supérieur israélien désirant se déplacer à l'étranger. Du reste, l'organisme « Chovrim Chetiqa », « on cesse de se taire », qui a déjà accusé (de manière anonyme, bien entendu.) l'armée israélienne de nombreux méfaits durant l'opération Oféreth Yetsouqa, avec sa dernière attaque en date, celle de femmes servant dans l'armée et dénonçant une conduite déplorable face aux arabes - font partie des organismes soutenus par le Kéren ! On ne sera pas surpris outre mesure d'apprendre que, pendant que les gens du 'Hamas lançaient des engins mortels sur Israël durant l'opération en question, des étudiants d'université faisant partie de ces organismes lançaient un appel au 'Hamas de mieux bombarder Sdéroth. Bien entendu, les dirigeants du Kéren proclament leur profond attachement au sionisme et à Israël, mais il est plus que probable que les informations qui circulent à présent à leur égard vont bientôt amener une grande désillusion dans ce domaine, et permettre de mieux comprendre d'où a pu provenir en particulier ce coup dangereux qu'est le rapport Goldstone, et sans doute nombre d'autres attaques contre notre peuple dans le domaine de la Hasbara, de la présentation réelle des faits et leur explication aux yeux des nations. Et n'oublions pas : la directrice actuelle de ce fonds en Israël n'est autre que Mme 'Hazan, ancien député du parti Mérets, connu pour ses positions extrémistes. Encore une fondation de cet ordre, « amie » du peuple juif, et nous perdons la guerre. Les réactionsLe rav Moché Gafni a prononcé des paroles très dures à l'égard du Kéren, lors du débat à la Knesseth, l'accusant de financer les mouvements conservatives et réformistes juifs en Terre sainte, de soutenir les provocations de femmes effectuées au Kottel (ces femmes tentent de prier là où elles l'entendent - de préférence, du côté des hommes.), de lutter contre les instances rabbiniques dans le pays et d'inciter la jeunesse à quitter les rangs de la Tora, en bref, d'être la source de nombreux problèmes et débats : « Je vois un lien direct entre les Réformés et les Conservatives, qui ne cessent de raconter les mauvaises choses qui se passeraient dans l'Etat d'Israël aux oreilles du monde entier, avec comme résultat final le rapport Goldstone, et la campagne contre le judaïsme qui se déroulent dans le pays, la lutte contre la population religieuse, les attaques contre les tribunaux rabbiniques, et le combat contre tous les sujets religieux. Tout cela est lié. » Accusation fort grave, d'autant plus importante qu'elle émane de l'un des députés les plus tempérés de la Knesset , qui, de plus, est le dirigeant du comité parlementaire des finances. Du reste, la campagne du New Israël Fund auprès du public américain le dit explicitement : « Nous vous sollicitons pour nous aider à lutter contre "la minorité ultra-orthodoxe en Israël" », décrit comme étant une "force puissante" avec une face "répugnante", qui vise à établir un état "théocratique" en Israël. D'où provient l'argent ?Les sources de financement du Kéren ha'Hadacha ne sont pas très claires, mais il est de notoriété publique que nombreux sont les Juifs réformés et conservatives qui le soutiennent. Il est fort intéressant de savoir que, de plus, la Ford Foundation leur a accordé 20 millions de dollars pour la seule année 2003. La Ford Foundation ? Les voitures américaines, les avions, etc. Oui, mais Henry Ford, le fondateur de cette célèbre compagnie, était un antisémite notoire, publiant par voie de presse aux Etats-Unis le fameux Protocole des Sages de Sion. Il a même collaboré avec les nazis en son temps. La fondation qui porte son nom a suivi une politique semblable dans ses activités, et on le lui a reproché ces dernières décennies. Elle a donc reconnu ses fautes, et déclare avoir changé de cap. Toutefois, plusieurs ONG qui ont participé à Durban 2001 étaient financées par la Ford Foundation. Il est tout de même fort gênant de la voir participer aux activités du Kéren de manière directe, et renforcer elle-même les finances de certains organismes tels que Bethsélem. On ne peut trouver mieux comme organisme anti-israélien. La grande question qui se pose à présent est de savoir si l'establishment israélien sera capable, enfin, de se défendre du travail de sape que peut effectuer cette fondation étrangère, dont les buts sont relativement clairs, et des nombreux groupuscules d'information et de diffamation que le Kéren finance dans le pays, afin d'arriver à ses fins. L'avenir le dira, mais à en croire les premières réactions, en particulier de la part des medias israéliens, cela n'est pas évident : ces derniers, on le sait, s'inscrivent finalement dans la même dynamique auto-destructrice, et tirent une grande partie de leur inspiration du travail de toutes ces associations locales ! De plus, le Parti travailliste, pour réduit qu'il soit, s'oppose à une enquête gouvernementale consacrée à l'ouvre du Kéren dans le pays, ou à plus forte raison, à un arrêt de tout contact avec cet organisme. Toutefois il nous semble que dorénavant le public saura clairement quelles sont les sources d'une grande partie de la nouvelle désinformation qui provient de l'étranger et qui est responsable de ces actes de délation et de diffamation impardonnables ! |



