Vaad Harabanim

Le pouvoir en Israël (suite)
Politique Kountrass News nº 124 - Adar 5770 / Février 2010

Le pouvoir en Israël (suite)


Yehouda Weinstein, le nouveau conseiller juridique du gouvernement.

Yehouda Weinstein, le nouveau conseiller juridique du gouvernement. Nous savons bien que le public à l'étranger se sent fort peu concerné par ce qui se passe dans les coulisses du pouvoir en Erets Israël. Les Français vivant dans le pays ne le sont pas davantage, et c'est normal : il n'est pas facile d'accepter que, finalement, la vie politique du pays tant désiré ait également ses dessous et ses méandres.

L'un des points de litige concerne l'identité du groupe qui doit avoir le pouvoir réel. Car, même si des élections officielles permettent aux élus du peuple de prendre les rênes du pays, les anciens, ceux qui ont construit le territoire, ont grande difficulté à accepter une telle situation. Comme il s'agit d'une arrière-garde très fortement située à gauche, elle a grand-peine à voir « leur » pays virer à droite, et même devenir plus religieux qu'auparavant.

Comment se fait-il que, dans un système démocratique, le pouvoir puisse rester entre les mains d'autres institutions que celles du parlement ou d'un président ? Cet establishment local a trouvé deux rivets auxquels s'accrocher : la Cour suprême et le conseiller juridique du gouvernement, avec lesquels les médias locaux ouvrent en union parfaite.

Nous nous sommes déjà à plusieurs reprises fait l'écho de la place de plus en plus importante que prend ces dernières années la Cour suprême dans les rouages du pays sous la direction d'Aharon Barak, puis de la juge Beinish, et de la prise de conscience de plus en plus large par l'opinion de l'absurdité d'une telle situation.

Mais le fait que le conseiller juridique du gouvernement sortant, Méni Mazouz, soit en même temps le procureur général n'est pas plus acceptable : son pouvoir sur les membres du gouvernement est par trop fort, puisqu'il peut, si cela se présente (et il n'est pas difficile de le provoquer), s'en prendre au ministre qui ne veut pas se plier à ses positions. Toutefois, l'establishment juridique en place refuse tout changement dans cette situation, arborant de manière très hypocrite l'étendard du respect de la démocratie, que le premier ministre, s'il s'en prenait aux prérogatives du conseiller juridique du gouvernement, foulerait au pied.

Il semblerait que Netanyahou et le nouveau conseiller juridique du gouvernement, Me Weinstein, de connivence avec le ministre de la Justice Ya'aqov Nééman, soient parvenus à mettre en place un nouveau poste : celui de conseiller spécial du gouvernement, tandis que Weinstein se contenterait de n'être que le procureur général.

C'est un détail dans la vie publique locale, c'est vrai, mais cela peut être un grand pas dans la normalisation de la vie démocratique sensée régner dans le pays, et qui y est si peu respectée.

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