Vaad Harabanim

Paracha de la semaine
Terouma
Paracha Kountrass News nº 124 - Adar 5770 / Février 2010

Terouma

« Tu feras deux chérubins d'or, tu les fabriqueras tout d'une pièce, ressortant des deux extrémités du propitiatoire.Fais ressortir un chérubin d'un côté et l'autre du côté opposé, c'est du propitiatoire même que vous ferez saillir ces chérubins, à ses deux extrémités. Ces chérubins auront les ailes étendues en avant et dominant le propitiatoire et leurs visages, tournés l'un vers l'autre, seront dirigés vers le propitiatoire. » (Chemoth/Exode 25,18-20)

Le rav Yits'haq Abrabanel soulève la problématique suivante : comment D. peut-Il nous ordonner de faire des statues à visage humain, alors qu'Il nous l'a formellement interdit auparavant, comme il est écrit : « Tu ne te feras point d'idole, ni une image quelconque de ce qui est en haut dans le ciel, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux au-dessous de la terre » (id. 20,3) ?

Afin de comprendre ce paradoxe, il nous faudra analyser les mécanismes de l'idolâtrie.

Le Rambam (Michné Tora, hal. 'Avoda Zara chapitre 1) écrit : « A l'aube de l'histoire du monde, les peuples connaissaient tous le Tout-Puissant, mais ils se mirent à raisonner de la façon suivante : puisque D. utilise divers agents notamment les forces de la nature comme intermédiaires, il semble opportun de leur rendre hommage. »

Ce fut le début du culte rendu aux étoiles. Progressivement, l'existence même d'un Créateur en vint à être occultée, jusqu'à Abraham, qui découvrit par sa propre intelligence que tout dépendait d'un D. unique.

Le rav Abrabanel répond à sa question : les chérubins ne font pas fonction d'intermédiaires, mais sont le symbole du lien entre D. et le peuple d'Israël. Ils viennent matérialiser cette relation, et l'image n'est pas en soi un objet de culte.

Le Méchekh 'Hokhma (par. Ki Tissa) explique pour sa part qu'à l'exception de D., aucun élément ne possède en son essence la sainteté, pas même le Beth HaMiqdach, qui put être souillé par Titus, ni même les Tables de la loi détruites par Moché. Toute la sainteté présente sur terre ne revêt ce caractère que dans la seule perspective d'accomplir par son intermédiaire des commandements divins. Mais dès lors qu'ils se situent en dehors de ce but, ces éléments n'ont pas de valeur intrinsèque. De même, les chérubins ne font partie d'aucun culte, mais sont là un peu à l'image de cartes météorologiques pour un marin, en tant qu'indicateurs si le peuple d'Israël accomplit la volonté divine, car alors, les chérubins se tournent l'un vers l'autre, et sinon, ils se détournent l'un de l'autre (B. B. 99a).

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