Paracha de la semaineTetsaveParacha
Kountrass News nº 124 - Adar 5770 / Février 2010
Tetsave« Pour toi, tu ordonneras aux enfants d'Israël de te choisir une huile pure d'olives concassées, pour le luminaire (maor), afin d'alimenter les lampes (ner) en permanence » (Chemoth/Exode 27,20). Nous pouvons remarquer dans ce verset un vocabulaire différent pour deux notions apparemment semblables, le terme Maor (luminaire) et le terme Ner (lampes). Pourquoi ce changement lexical ? Quel enseignement la Tora veut-elle nous apporter à travers cette distinction à première vue anodine ? Il est écrit : « Car le commandement (Mitswa) est un flambeau (Ner), et la Tora une lumière (Or)» (Michlé/Proverbes 6,23). Le Maharal de Prague dans son livre Tiféreth Israël (chapitre 14) explique cette allégorie du roi Chelomo de la manière suivante : les Mitswoth s'accomplissent avec le corps, par exemple il faut un bras pour mettre les Téfilin. Elles appartiennent au domaine de l'action, et par conséquent s'inscrivent dans le monde physique de la matière. C'est pour cette raison qu'elles sont, de façon générale, circonscrites dans le temps : nous ne pouvons mettre les Téfilin que dans une certaine plage horaire délimitée. C'est aussi pourquoi la lumière que ces Mitswoth procurent au monde est comparée à celle de la bougie, qui repose sur un support matériel - à savoir la mèche. Par opposition, la Tora, dans son essence, est purement spirituelle. Elle n'a aucun lien avec la matière. La Tora est comparée à la lumière, qui est immatérielle. L'homme, de par sa finitude, utilise son intellect pour la comprendre. Les Mitswoth, quant à elles, appartiennent au domaine de la substance. Le Maharal explique que toute matière, de par sa nature finie, s'inscrit dans des structures temporelles. Par opposition à la lumière, qui est spirituelle et échappe donc à toute chronologie. Ainsi, d'après le Maharal, la lumière se situe au-delà du temps. Ces propos du Maharal font écho à certains aspects de la plus grande révolution scientifique du XXe siècle, la célèbre théorie de la relativité d'Albert Einstein. En effet, l'un des aspects majeurs de cette théorie stipule que lorsqu'on s'approche de la vitesse de la lumière, le temps s'écoule plus lentement pour finalement s'arrêter une fois cette vitesse acquise. Afin d'expliquer les implications de cette théorie, le physicien Langevin imagina une petite histoire. Imaginons deux jumeaux de vingt ans, l'un embarque dans un vaisseau spatial qui va faire un tour dans l'univers à une vitesse proche de celle de la lumière. L'autre reste sur terre et attend le retour de son frère, le périple du vaisseau correspond à un voyage de dix ans. A son retour, ils devraient avoir tous les deux trente ans. Or, Einstein révolutionne notre conception du temps en expliquant que celui-ci s'écoule plus lentement lorsqu'on avoisine la vitesse de la lumière. Ainsi, le jumeau voyageur sera plus jeune que son frère, et ce, même physiologiquement : son corps aura moins vieilli ! Il est intéressant d'observer que le Maharal, plusieurs siècles avant Einstein, avait déjà vu le temps comme «relatif». Le Maharal n'avait certes pas présenté de démonstration physique à l'appui de ses dires, mais on ne peut demander à un «métaphysicien» de faire le travail d'un physicien. A chacun son domaine. |

