Paracha de la semaineKi TissaParacha
Kountrass News nº 124 - Adar 5770 / Février 2010
Ki Tissa« Le peuple, voyant que Moché tardait à descendre de la montagne, s'attroupa autour d'Aharon et lui dit : «Allons ! Fais-nous un dieu qui marche à notre tête, puisque celui-ci, Moché, l'homme qui nous a fait sortir du pays d'Egypte, nous ne savons pas ce qu'il est devenu.« Aharon leur répondit : «Détachez les pendants d'or qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles et apportez-les-moi.» Tous se dépouillèrent des pendants d'or qui étaient à leurs oreilles et les apportèrent à Aharon » (Chemoth/Exode 32,1-3). La lecture de ces versets laisse croire qu'Aharon a pu cautionner la faute du Veau d'or. Comment un homme d'une aussi haute stature spirituelle a-t-il pu se fourvoyer dans ce qui, selon toutes les apparences, s'avère avoir été une faute d'idolâtrie ? Rabbénou Be'hayé explique que, ne voyant pas Moché revenir, le peuple d'Israël s'est senti abandonné. Il éprouvait le besoin que soit nommé un autre guide pour diriger la nation. Jusque-là, il ne s'agissait pas d'un délit capital, c'est pourquoi Aharon ne s'y est pas opposé. La situation s'est envenimée lorsqu'il a fallu choisir qui serait le successeur de Moché. Une fois cet homme nommé, que se passerait-il au retour éventuel de Moché ? A coup sûr, cela aurait créé un schisme au sein du peuple, avec d'une part les « pro-Moché » et de l'autre les partisans du nouveau dirigeant. C'est la raison pour laquelle Aharon choisit de temporiser, en tant que guide provisoire, et pour cela il demanda aux femmes de donner leurs bijoux. Il savait qu'elles seraient réticentes, c'était donc un moyen de gagner du temps. Quant au choix d'un veau, certains commentateurs expliquent que cet animal se trouve sur le Char céleste. Par ailleurs, le veau présente une caractéristique intéressante : quand il a grandi, une fois devenu un bouf, il tire une charrue. C'est-à-dire, à première vue c'est lui qui dirige, mais en réalité il n'en est rien : il se borne à suivre la direction que l'homme veut lui faire prendre. Telle est la signification symbolique de ce nouveau dirigeant : c'est un personnage qui a un rôle artificiel, le véritable arbitre des décisions à prendre reste le peuple. Et nous touchons là l'origine de la faute. C'est à ce moment que le peuple s'est fourvoyé. En effet, la Tora étant le reflet de la transcendance absolue, elle ne peut se transmettre que par l'initiation, et non par la sujétion à des initiatives personnelles. |

