Vaad Harabanim

Paracha de la semaine
Vayaqhel Peqoudei
Paracha Kountrass News nº 124 - Adar 5770 / Février 2010

Vayaqhel Peqoudei

« Moché convoqua toute la communauté des enfants d'Israël et leur dit : «Voici les choses que l'Eternel a ordonné d'observer. Pendant six jours on travaillera, mais au septième vous aurez une convocation sainte, un chômage absolu en l'honneur de l'Eternel ; quiconque travaillera en ce jour sera mis à mort» » (Chemoth/Exode 35,1-2).

Rav Ya'aqov Tsvi de Maklenbourg dans son livre Haktav vehaQabala explique la nuance qui existe entre le terme 'Avoda et Melakha, qui a priori signifient tous les deux «travail«.

'Avoda est un terme générique incluant toutes catégories d'actions, y compris les plus basiques et que nous exécutons de façon quelque peu automatique. Par exemple, porter des aliments à notre bouche, courir.

Melakha par contre implique une mutation, un impact sur la nature dans la perspective de l'améliorer.

Par exemple : construire, détruire dans d'intention de reconstruire, effacer avec l'intention d'écrire par-dessus.

Lorsqu'on parle de Melakha, il est question d'apprentissage - comment, avec quels matériaux.

Ce terme inclut toute action qui contribuerait à améliorer le monde. Celle qui le détériore ne peut porter ce nom.

Lorsque D. a créé le monde, il est uniquement question, dans les six premiers jours, de Melakha. C'est pourquoi elle seule est prohibée et non toute 'Avoda.

Toutes les Melakhoth participent au processus de développement : cuire, coudre, planter, tondre, écrire.

A une exception près : porter. Porter une valise lourde dans un domaine privé est permis. Par contre, porter même une aiguille du domaine privé vers le domaine public n'est pas autorisé.

Cette interdiction est à première vue surprenante. Cependant, en approfondissant un peu plus, nous pouvons en comprendre le sens.

A travers, la prohibition des Melakhoth, l'homme inaugure un nouveau rapport avec le monde. En effet, comme nous l'avons expliqué plus haut, les défenses imposées visent moins l'effort que l'acte par lequel l'homme interfère avec la nature, et qui finalement manifeste sa domination sur elle. A travers la Melakha ce qui importe, c'est l'emprise de l'homme sur le monde. Transporter les objets en fonction de nos besoins est la façon la plus élémentaire d'exercer cette domination. Posséder un objet c'est, outre le pouvoir de l'utiliser, celui de le déplacer à sa guise. Celui qui quitte son domicile le Chabbath ne peut prendre avec lui que ses vêtements : il n'est plus maître absolu de ses biens.

Toute la semaine, ce qui nous caractérise, c'est notre lien avec le monde : lorsqu'on présente quelqu'un, la première indication que l'on donne, en général, après son nom, c'est son métier. En d'autres termes : sa manière de gérer le monde matériel, d'agir sur la nature.

Le Chabbath nous donne l'opportunité de nous arracher des contingences, et de nous mettre en quête de notre véritable destinée.

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