Vaad Harabanim

Le problème des canards
Vie juive Kountrass News nº 124 - Adar 5770 / Février 2010

Le problème des canards

Tout bon juif sait que le canard est Kacher. Pourtant, un grand trouble s'est emparé de la communauté juive des Etats-Unis autour de la question de la Kacherouth de ces volailles, à la suite de la mauvaise livraison d'un fournisseur important de viande Kacher. Depuis lors, de nombreuses explications ont été fournies, mais l'embarras reste grand. Faisons le point - en suivant les explications fournies par les rabbanim qui ont été concernés par cette question.

Le canard est permis, et la tradition à son égard est claire. Il est vrai que la Tora ne parle que des oiseaux interdits, et il n'en fait pas partie. La tradition à son égard est clairement établie. Toutefois quand les premiers rabbanim sont arrivés en Amérique du Nord et en Amérique latine, ils ont constaté que les communautés juives y consommaient un canard qui était différent de celui qu'ils avaient l'habitude d'abattre en Europe, et se sont posé la question de leur Kacherouth. Cela a en été au point où un rav a pris avec lui un couple de canards, les a apportés jusqu'à Jérusalem, et a demandé au rav Chemouel Salant zatsal. si on pouvait les consommer (en vérité, seule la femelle a supporté le voyage). Le rav a ordonné de l'abattre et en a mangé !

Depuis lors, les choses sont. moins claires, et il est probable que ces canards américains ne sont pas utilisables dans le cadre d'une Che'hita liMehadrin, même si le rav Salant les a acceptés.

Techniquement, on distingue le canard de Pékin - qui est celui que l'on trouve en général en Europe - du canard de Barbarie (on pensait qu'il venait des pays berbères) ou canard muscovy (qui n'a rien à voir avec la ville de Moscou, c'est un canard propre aux pays d'Amérique latine.

Le canard de Pékin est plus petit que le second, son plumage est blanc et son bec est jaune, ainsi que ses palmes. Le canard de Barbarie n'est pas entièrement blanc, et son bec n'est pas d'un jaune absolu. Il présente, sur ses vieux jours, des bulbes autour du bec du genre de ceux que l'on trouve chez la dinde. Mais surtout : le canard de Barbarie est le prédateur d'autres oiseaux ! Un rapace ! Ceci est un défaut impardonnable pour un oiseau qui a des prétentions à la Kacherouth ! Si nous avions des hésitations à son égard, voici qui change tout : si c'est un rapace, il est impossible de le permettre. C'est en tout cas la conclusion de différents auteurs, et c'est la raison pour laquelle les rabbanim, aux Etats-Unis, ont refusé d'abattre les canards que les fermiers leur avaient fournies, par erreur semble-t-il, ou par méconnaissance du problème.

Voici en tout cas les données du problème : tous les canards ne sont pas d'une Kacherouth irréprochable  !


(1) La notion de donation employée dans cet article ne doit pas être entendue dans le sens défini par la loi française mais vient exprimer l'idée de « faire acquérir », traduction littérale de « Haqnaa ».

retour

Vos réactions à l'article