« La France est malade de cet antisémitisme qui ne veut pas s’arrêter » (Tahar Ben Jelloun)

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L’écrivain franco-marocain Tahar Ben Jelloun était invité samedi dans l’émission « Culture » sur i24NEWS où il est revenu sur la publication de son dernier roman L’insomnie et sur sa chronique intitulée « Antisémitisme : l’âme blessée de la France » publiée en février dans Le Point.

« La France est malade de cet antisémitisme qui ne veut pas s’arrêter et qui a des racines profondes malheureusement dans la société. Et il prend plusieurs formes et c’est malheureux de voir des tombes profanées, de voir l’image de Simone Veil avec une croix gammée dessus… Pourquoi réveiller les morts pour les insulter? C’est dégueulasse. C’est horrible », a déclaré l’écrivain.

Début février, deux portraits de Simone Veil, figure de la vie politique française et européenne, déportée à 15 ans dans le camp d’Auschwitz, apposés sur des boites aux lettres de la mairie du 13e arrondissement (sud-est de la capitale), ont été tagués de croix gammées.

Un mois plus tard, une stèle rappelant l’emplacement de l’ancienne synagogue de Strasbourg, dynamitée par les nazis en 1941, a été vandalisée.

« Je pense que l’antisémite, il n’aime ni les Arabes ni les Juifs. Il ne va pas faire d’exception. L’antisémite est un homme qui est pétri de haine et pour lui, le bouc émissaire idéal c’est le Juif car cela a toujours été comme ça depuis plusieurs siècles », a affirmé Tahar Ben Jelloun.

« J’ai été très bouleversé par les crimes contre les Juifs durant ces dernières années et surtout Mireille Knoll qui a été tuée à 85 ans. Vous imaginez? L’horreur n’a plus de limites. Et les enfants juifs tués par Merah… On est entrés dans la barbarie », a-t-il continué.

Ces dernières semaines, plusieurs incidents se sont inscrits dans un contexte général de hausse des actes antisémites en France, où vit la plus grande communauté juive d’Europe.

« Il y avait l’antisémitisme disons classique: le fait de ne pas aimer les Juifs, de les insulter… mais là on passe à l’acte, on tue. Depuis une dizaine d’années, il y a eu des enfants tués parce qu’ils étaient juifs et ça, ça vient de loin », a encore dit l’écrivain.

Par ailleurs, interrogé sur la question de savoir si l’antisionisme était une forme d’antisémitisme, l’auteur d’Insomnie a répondu que « critiquer l’Etat d’Israël ne peut pas être assimilé à de l’antisémitisme ».

« Bien sûr, il y a des gens qui cachent leur antisémitisme sous des mots mais il faut laisser la liberté à chacun de critiquer tous les Etats sans exception », a insisté Tahar Ben Jelloun.

Source www.i24news.tv

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