La haine, la haine… entre nous !

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Illustration : le ministre de la Santé Yuli Edelstein

Pris d’un éditorial du Yated Nééman en date du 3 août, signé Yits’hak Roth

…Des gens a priori cultivé, pronant l’humanisme et l’égalité des droits, font preuve d’une quantité surprenante de haine sociale enfouie en leur for intérieur à chaque fois qu’ils ont vent du fait que, peut-être, un orthodoxe quelconque pourrait obtenir un avantage reposant sur les impôts qu’il paie – lui, l’orthodoxe, bien entendu – de son plein gré ou contre sa volonté. Ces gens ne tentent même pas de cacher leur haine sous une quelconque couverture, mais la dévoile carrément.

Prenons un exemple quelconque : le rav Litsman a été nommé ministre de la Santé, et l’une des premières mesures qu’il a prises a été une réforme dans le domaine de la santé des dents, accordant des soins gratuits aux enfants. De nombreuses familles ont négligé ce domaine du fait des hauts prix pratiqués. Le conseil des dentistes était en faveur de cette décision, car elle permettait d’assurer la santé de leurs dents, ce qui serait valable également quand ils auront grandi. Alors, soudain, il s’est avéré aux yeux des citoyens israéliens qu’il y a une différence biologique fondamentale entre les enfants orthodoxes et les enfants laïcs : alors que les enfants religieux ont des dents à un âge jeune, les autres n’en n’ont pas. Le nouveau ministre a de ce fait essuyé de grandes critiques, du fait qu’il venait aider uniquement les enfants orthodoxes ! Le fait que depuis lors tous les enfants, de tous les milieux sociaux, ont profité de ces réforme a déjà pu être oublié, quand elle a été élargie jusqu’aux jeunes âgés de 18 ans.

Ce phénomène se répête tout le temps : dès que l’on parle d’un aide qui puisse concerner également les orthodoxes, immédiatement le choeur des antisémites locaux s’élève pour crier autant que faire se peut contre le fait que des orthodoxes puissent avoir droit à un quelconque avantage. Quand Netaniahou a parlé de distribuer une aide à tout le monde, il s’est soudain avéré que tout le monde n’avait droit aux mêmes faveurs. Tous les citoyens auront droit à une aide, sauf ceux qui sont nés en quatrième position dans une famille nombreuse. Le premier, le second et le troisième ont droit à une aide de la part de l’Etat, mais le quatrième est simplement de trop. Il n’a aucun droit. Il eut été normal que les groupes soucieux des droits des citoyens, qui luttent pour la liberté et la démocratie, s’élèvent avec force contre une telle injustice, puisqu’avoir quatre enfants et plus n’est pas seulement le fait des religieux, mais peut se trouver également chez des laïcs, chez des familles appartenant aux groupes nationalistes-religieux et même chez des musulmans, mais non, le silence. S’en prendre aux familles orthodoxes, qui sont effectivement elles qui ont le plus d’enfants dans le système local, cela dépasse tout autre considération démocratique. Si le rav Moché Gafni, le président du comité des Finances de la Knessetn ne s’était pas investi à lutter contre cette décision scandaleuse, elle n’aurait pas été changée.

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Cela passe actuellement au ministre de la Santé qui a osé permettre aux jeunes jeunes de l’étranger de se rendre dans le pays pour la rentrée. Ils devront respecter un confinement d’une certaine durée, et se plier à diverses règles, et évidemment, comme on pouvait s’y attendre, là aussi nos grands ennemis ont fait savoir leur virulente opposition au fait que l’on permettait à des milliers d’orthodoxes porteurs de maladies de venir dans le pays. Le Pr Rony Gamzou s’est laissé entrainer lui aussi à cette vague, sans avoir vérifié la véracité de cet argument et s’est ajouté aux opposants. Celui qui a pris la position inverse est le ministre de la Santé actuelle, Yuli Edelstein, en dévoilant à la presse que cette autorisation ne concernait pas que les étudiants de Tora, mais aussi des étudiants de nombreux secteurs, et qu’elle a été acceptée par un grand nombre d’institutions.

Edelstein s’est exprimé avec force : « Je suis révulsé devant ces expressions de haine face aux orthodoxes que l’on trouve dans de nombreux domaines ! Après de nombreuses hésitations, des mois de discussions au niveau des services d’accueil dans le pays et de tous les spécialistes de notre ministère, nous avons pris la décision de permettre aux institutions qui ont des étudiants venant de l’étranger d’accueiilir ces jeunes dans les conditions normales de confinement ». Edelstein a précisé que les règles mises en place à présent permettent de faire venir dans le pays ces étudiants, dont la majorité n’est pas orthodoxe, « à l’image du programme Massa, ou Naa’lé destiné à des milliers de jeunes des écoles ou des universités, jeunes des Yechivoth ou autres. » Les journalistes ont exigé que seuls les jeunes des Yechivoth soient obligés de rester en confinement, mais le ministre Edelstein s’y est opposé : « Tous y auront droit ». Il a ajouté : « Dommage que je ne puis pas vous montrer ici les bénédictions que j’ai reçues du président de la Sokhnouth, des responsables de Na’alé, me parlant du fait que j’ai sauvé le sionisme et les institutions ». Tout ceci émanant des courriers qu’il a reçus.

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Mais, continua-t-il, le lendemain de l’annonce de cette décision, « j’ai ouvert les journaux et j’ai vu une Une immense : ‘17.000 avrékhim arrivent dans le pays ! Litsman et Dérhy y sont parvenus !’ Je n’en peux plus, simplement cela suffit ! Il s’agit d’un antisémitisme pur. Les gens qui se permettent d’écrire de telles choses savent pertinemment, mieux que vous et que moi, ce qu’ils font. Ces grands titres sont tirés de manière volontaire dans le but de noircir l’image des orthodoxes « propageant des maladies ». L’image est trop connue… » Il a ajouté que l’on s’est permis d’écrire que les orthodoxes auraient droit à une période plus courte de confinement : « Ceux qui disent cela sont des criminels ».

Après ces paroles fortes et dignes, il faut que le ministre Edelstein se tourne vers son propre ministère, duquel il est responsable. Il y trouvera un responsable qui a parlé du fait que le gouvernement ait décidé de fermer en fin de semaine les surfaces de vente afin de bloquer le développement du virus. Certains ont déclaré, dont des gens du ministère de la Santé, qu’il n’est pas prouvé que l’ouverture des magasins le Chabbath allait forcément aider à la propagation de l’épidémie. D’autres ont pris position au contraire en faveur de cette fermeture, dont le ministre de la science et de la technologie, Yizhar Shaï, qui fait partie du cabinet du corona. Afin d’éviter des mauvaises paroles, précisons que ce dernier est né dans le kiboutz ‘Ein haChelocha, l’un des anciens kiboutsim, qu’il est l’un des entrepreneurs marquants dans le domaine du high-tech et surtout, pour ce qui nous concerne, qu’il n’est en aucune manière orthodoxe ou quelque chose qui s’en rapproche. Donc sa position en faveur des limitations repose sur des considérations objectives. C’est vrai que les ministres orthodoxes étaient contre, mais ils n’étaient pas les seuls. Tout ceci n’a pas empêché le directeur du ministère de la Santé d’écrire : « Je ne nie pas que les ministres orthodoxes ont visé à interdire l’ouverture des magasins le Chabbath, ils doivent avoir leurs raisons et suivre leur agenda. »

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Disons donc au ministre de la Santé qu’en même temps qu’il s’oppose à tous les antisémites qui oeuvrent à l’extérieur, il doit aussi faire de l’ordre dans son propre domaine, et exiger de la part de son directeur de s’occuper de son ministère, et de ne pas s’ajouter aux personnes qui s’en prennent aux orthodoxes. Les délégués orthodoxes ont parfaitement le droit de s’opposer à l’ouverture des grandes surfaces, dans la mesure où il est interdit d’avoir plus de 10 personnes dans les offices. Et aussi, ils ont le droit d’avoir leur programme, celui qu’il faut respecter la loi concernant le repos du Chabbath telle qu’elle est édictée dans la juridiction civile israélienne. Et en tout cas tant que le gouvernement n’a pas décidé de changer de cap, c’est là la règle qui règne, et nul doute que ce n’est pas à un directeur de ministère de tenter de faire la loi.

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