Macron joue au pompier mais protège le pyromane iranien

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Alors que le Moyen-Orient s’enflamme et risque de basculer vers un affrontement direct entre Israël et l’Iran, et le chef du Hezbollah menace de lancer un déluge de missiles sur nos villes, la presse française, elle, parle et reparle du « coup de théâtre », du « coup de maître », de la « victoire diplomatique » du président Macron.

L’ensemble des médias rend des hommages exceptionnels, foisonne d’articles flatteurs, et félicite leur président pour avoir réussi à redorer le blason de la France en se présentant comme ultime médiateur sur le dossier iranien lors du dernier Sommet du G7 à Biarritz.  

A la veille d’une rentrée difficile et sensible, et face aux leaders de la planète, le Président Macron a en effet préparé un véritable coup médiatique de relation publique qui est bien loin de la réalité sur le terrain. Il est triste de constater que des correspondants et des commentateurs chevronnés se comportent en troupeau, rapportent à la lettre tout ce que le président et le Quai d’Orsay leur ont « dictés » dans les « briefings », sans toutefois poser des questions de fond sur les réelles intentions de l’Iran.

Le chef de la diplomatie iranienne Zarif est reçu à l’Elysée et à Biarritz avec tous les égards. Il devient le point de mire des journalistes, de certains chercheurs et spécialistes, tels Pascal Boniface et Thierry Coville, mais aussi « l’enfant chéri » de la journaliste d’origine iranienne de France 24, Mariam Pirzadeh. Pourtant dans cette interview où elle a été très aimable et complaisante, Zarif a menacé clairement et a dit, sous forme de chantage avec son sourire malicieux : « Si l’Europe ne parvient pas à sauver l’accord, eh bien, l’Iran a le droit de prendre des mesures. Ces mesures sont réversibles en quelques heures, pas en quelques jours, cela dépend des engagements que prendront les Européens ».

Plus encore, aucune question sur les violations des droits de l’Homme en Iran, et sur les 120 000 exécutés depuis l’avènement d’Ayatollah Khomeini. Rien non plus sur le terrorisme d’Etat, les interventions militaires en Syrie, en Irak, au Liban et au Yémen. Sans parler des déclarations publiques sur la destruction totale de l’Etat juif et des opérations terroristes planifiées par le chef sanguinaire de la brigade el-Qods, Qassem Soleimani.

Triste aussi de constater que les médias ont aussi éclipsé les manifestations à Paris, organisées par des exilés iraniens et des opposants au régime islamiste.

Dans ce théâtre de l’absurde, l’Iran, par le biais de son ministre des Affaires étrangères, a été présenté tel un Etat modéré souhaitant sincèrement le dialogue et des pourparlers diplomatiques, tandis que le président américain, Donald Trump, et avec lui, le Premier ministre Netanyahou, sont en réalité des « extrémistes et des belliqueux qui ne cherchent qu’à saboter tout compromis avec l’Iran ».

Mohammad Javad Zarif avec Emmanuel Macron au G7 de Biarritz (Twitter Javad Zarif)

Les intentions du président Macron pour rechercher la stabilité au Moyen-Orient et surtout la libre navigation dans le golfe Persique sont sans doute justifiées mais elles demeurent douteuses et teintées d’hypocrisie, et d’intérêts mercantiles.

Elles reflètent une politique traditionnelle de la France. Servir d’intermédiaire au Moyen-Orient, être utile, se mettre du côté de la « victime » pour sauver les intérêts de la France. L’écarter des conflits pour éviter que son sol ne devienne une plaque tournante du terrorisme palestinien ou islamiste.

François Mitterrand avait sauvé Yasser Arafat et ses troupes lors de l’invasion israélienne à Beyrouth en 1982 et l’avait reçu à l’Elysée en évoquant la fameuse charte palestinienne« caduque ».

Jacques Chirac avait hospitalisé Arafat et Habache, Sarkozy reçu Assad et Kadhafi en grande pompe…

Comment reprocher donc à Emanuel Macron de suivre ses prédécesseurs ?

Cependant, dans un Moyen-Orient en flammes, le président Macron joue au pompier sans avoir les moyens d’éteindre les incendies mais s’obstine avec tartuferie et prétention à sauver le véritable pyromane.

Freddy Eytan

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