Qui veut goûter au plat de résistance ?

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Autour  de la table du Chabbath n° 263 Bo

Notre paracha marque la fin des 210 années de labeur en Egypte. En effet, les trois dernières plaies s’abattront sur l’Egypte puis le peuple accédera à la liberté. Seulement il est à noter que la dernière plaie était accompagnée du sacrifice de l’agneau pascal. Depuis le début du mois de Nissan, Moché Rabbénou avait prévenu le peuple de prendre un agneau âgé d’un an, de l’attacher au pied du lit et l’après-midi du 14 de faire l’abattage rituel. Pour les égyptiens moyens, l’agneau représentait beaucoup plus qu’un doux quadrupède. C’était une idole qu’ils chérissaient et devant laquelle ils se prosternaient à toutes occasions. Un exemple parmi tant d’autres, lorsqu’une secrétaire de la ville du Caire revenait du travail avec une grosse émotion, par exemple si son supérieur ne lui avait pas octroyé la semaine de 32 heures, elle s’épanchait devant son agneau avec le sincère espoir qu’il résoudrait ses problèmes. Et si vous rigolez de la scène, cela ressemble fort à ce qui se déroule sous d’autres cieux, dans les meilleures familles où l’on vénère son Iphone ou son smartphone. Par exemple, dès le Motsaé Chabbath on se jette dessus pour savoir si on a raté quelque chose dans le monde, le message d’un copain, ou les infos en provenance d’Israël. On le protège précieusement, on le consulte avant toute décision fondamentale. Est-ce qu’on se vaccinera ou pas? Etc. Est-ce que cela ne ressemble pas de près ou de loin au petit agneau de Ramsès? Fin de l’aparté. Or, puisque le Clall Israël quitte l’impureté et qu’il entre dans la sainteté des Mitsvoth, on est obligé de détruire l’emblème des idoles d’Egypte. Peut-être qu’un de ces jours il faudra faire de même avec les gros portables? De plus, ce formidable passage, le sacrifice de l’agneau, est certainement une réflexion pour mes lecteurs et moi-même, que le judaïsme authentique ne supporte pas la vie à deux facettes. Comme j’ai mon cours de Tora deux fois dans la semaine mais je tiens beaucoup à toutes sortes de petites digressions vers les merveilleux téléfilms et autres documentaires très intéressants sur « l’IPhone ou Galaxy » dernier cri. C’est-à-dire que le service divin ne ressemble pas à un menu à la carte où l’on peut choisir son entrée, par exemple on adore les histoires vécues d’ « Autour de la Table du Chabbath», et les histoires des Tsadikim, mais par ailleurs on refuse le plat de résistance, par exemple la pratique du Chabbath d’après la loi juive du Choul’han Arou’h, ou encore une étude sérieuse de la Guemara mais par contre on adore les bonnes ambiances des jours de fêtes, en dessert.

Mais revenons à nos moutons. Le 14 Nissan en après-midi la communauté égorgera l’agneau pascal puis badigeonnera les linteaux des maisons juives avec son sang, et le soir toute la famille mangera de sa chair avec des Matsoth et des herbes amères. C’est le premier Séder qui marque le dernier jour de la communauté sur la terre maudite d’Égypte. Seulement cette scène presque angélique sera troublée par une clameur intense provenant des maisons des non-juifs. En effet, en plein milieu de la nuit, Hachem frappera très durement l’Egypte, par la mort des premiers nés. La plaie est fatale : terrible ! Au même instant de partout en Egypte tous les premiers nés décéderont subitement au milieu de la nuit, tous sauf le roi Pharaon qui est lui-même un ainé. Le coup mettra l’empire égyptien à plat ! Le verset dit : »Moi, Hachem, Je sortirai en Egypte et mourra tout aîné en Egypte« . Il existe un commentaire du Or Ha’haim qui mérite d’être connu. De son nom rabbi Haïm Ben Attar zal, originaire de Tafilalet au Maroc il y a près de trois siècles, qui souligne que le verset ne mentionne pas que D’ S’apprête à tuer les premiers nés, mais seulement qu’ils mourront d’eux même le soir du 15 Nissan. Et il enseigne que dans chaque être humain juif ou non existe un point positif spirituel qui lui donne la vie, ce qu’il appelle: l’étincelle de sainteté. Sans elle, l’homme n’est fait que de matière, et sans aucune trace de bien, il ne pourrait pas vivre. Or, cette sainteté aspire à se rapprocher de son essence. Donc lorsque le verset énonce que les premiers nés sont morts, c’est uniquement dû au fait que D’ a parcouru l’Égypte et que de cette manière toutes les parties spirituelles de ces êtres humains, les premiers nés, sont sorties à la rencontre de D’. Et d’une manière naturelle, les corps se sont retrouvés sans vitalité. Toute l’impureté égyptienne s’est effacée d’elle-même et les Bené Israël ont pu sortir librement. Cependant il nous reste à comprendre pourquoi c’est précisément les aînés qui ont payé l’addition, car le reste de la population avait aussi participé à l’esclavage. On peut répondre par un verset de Kohélet (7,14). « Et aussi cela Je l’ai fait l’un face à l’autre !« . C’est-à-dire que le roi Salomon nous apprend que D’ a créé un monde binaire. Et les Sages de dire que de la même manière qu’il existe des monts et montagnes, il existe des vallées. Et au point de vue spirituel, de la même manière qu’il existe des Tsadikim sur terre, il existe des mécréants, il existe un paradis, il existe un enfer. Or, le peuple juif s’appelle l’aîné de D’, c’est-à-dire que Hachem a une préférence innée pour son aîné. Cette sainteté était emprisonnée par une « écorce », l’impureté des premiers nés égyptiens qui enfermait le fruit. C’est complexe, mais il s’agit du symbole d’une impureté qui retient la sainteté. Donc puisque le peuple juif s’appelle l’aîné, ce sont les forces négatives des aînés d’Egypte qui contre balancèrent cette sainteté. Pour opérer la sortie, il fallait briser cette écorce qui les retenait.

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De ce fameux développement on apprendra plusieurs choses très intéressantes : que la base de la vie c’est l’étincelle de sainteté qui est en chacun de nous, et que c’est certainement grâce aux Mitsvoth, et à l’altruisme qu’on arrivera à renforcer cette sainteté confinée en nous. De plus, on a appris que ce monde est formé de deux grandes forces, celle du bien et celle du mal. Donc lorsque l’on renforce les centres d’étude de la Tora, Collelim et Yechivoth, et aussi des instituts d’entraides, la partie positive sur la planète est renforcée mais aussi la balance peut pencher vers la partie négative.

Juste trouver le bon point

Nous vous avons parlé de cette étincelle qui se trouve en chacun d’entre nous. Cette fois notre histoire véridique tirée du Bestseller « Au cours de la Paracha« , nous apprendra à utiliser ce bon point qui est enfoui chez son prochain et grâce auquel on arrivera à améliorer nos relations avec notre entourage. Certains conseillers conjugaux le préconisent fortement dans notre relation avec notre moitié. L’histoire véridique se déroule il y a quelques 150 années quelque part en Europe Centrale. A l’époque on rencontrait beaucoup de Tsadikim qui allaient de villes en villes afin d’éveiller les communautés à plus d’application dans la Tora et les Mitsvoth. Un jour, un de ces Maguidim, le Tsadik de Wilkomir est arrivé la veille de Chabbath dans une de ces petites agglomérations. Il interrogea un des Juifs de la petite bourgade pour connaître la situation générale de la ville. Il lui répondit avec beaucoup d’empressement : ‘Baroukh Hachem ! Dans notre village on trouve une caisse de solidarité, un lieu pour héberger les indigents et les pauvres de la communauté et surtout une synagogue où entre Minh’a et Arvit il y a des cours de Tora pour tous les gens de la ville. Le Maguid persévéra dans son enquête et demanda s’il ne restait quand même pas quelque chose à parfaire ? Notre habitant réfléchit et rajouta qu’effectivement il y a un point qui reste très embêtant. C’est qu’il y a un Juif renégat parmi la communauté qui inspire à tout le monde une crainte terrible car c’est un grand délateur auprès du seigneur du village. Il s’appelle Ya’akov HaMichttenker – « le délateur », et dès que quelqu’un de la communauté lui manque un tant soi-peu de Kavod (respect), de suite il le dénonce à l’autorité. Il inspire une vraie terreur autour de lui ! Le Maguid demanda tout de même quelle Mida (trait de caractère) positive existait chez cet homme? Son interlocuteur répondit sa parole a une valeur, puisque lorsqu’il dit « je te dénonce » et sur le champ il exécute son projet maléfique. En un mot, cet homme est terrible.

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 A peine a-t-il finit de parler que voilà ce Ya’akov qui arrive à la rencontre du rav. Le Maguid prend les devants et lui adresse une parole cordiale en disant :’Choulom Aleïchem Reb Yidd! Comment allez-vous ? Ya’akov est désarçonné par ces paroles chaleureuses car cela fait déjà de nombreuses années que personne ne lui adresse plus la parole dans le village, et pour cause! Il répondit d’une toute petite voix « Aleikhem haChalom ». Le Maguid continue : « J’ai entendu dire que tu es un homme connu pour être de parole: c’est une Mida formidable! » Ya’akov est très étonné des propos mais il acquiesce. Le rav dit alors que le lendemain du Chabbath, il va donner un cours en fin de journée vers 18 heures dans la grande synagogue de la ville et qu’il compte sur sa présence. Ya’akov qui est encore sous le coup de la convivialité du rav répond positivement. Puis se reprend car comment Ya’akov le délateur, Hamechtenker, va-t-il se rendre à un cours de Tora donné en plus par un Tsadik ? Mais c’est déjà trop tard, car une parole de Ya’akov c’est une parole. Finalement il dira qu’il se rendra au cours. Le dimanche à 18 heures, la synagogue est bondée et tout le monde attend impatiemment le cours magistral du rav. Mais le Maguid ne commence pas son discours. Une demi-heure passe puis trois quart d’heure, le public s’impatiente. Puis d’un seul coup entre dans la synagogue reb Ya’akov Hamenchtenker, tout le monde est effrayé de voir ce délateur, que va-t-il bien inventer pour faire annuler le cours? C’est alors que le grand Maguid de Wilkomir monte à côté de l’Arche Sainte où sont posés les Sifré Tora de la communauté et il commence à faire sa deracha. Tout le monde se tait et boit avec avidité les paroles de Tora. Il dira combien le Gan Eden est grand pour les Tsadikim et les bons Juifs qu’ils sont. Après cette deracha qui dura près de 2 heures, il se tourna alors vers reb Ya’akov en disant que tous ses mérites, bonnes actions et Mitsvoth il les donne à reb Ya’akov le délateur s’il accepte de faire TECHOUVA. L’assemblée est abasourdie par la proposition du rav et reb Ya’akov l’est encore plus, Reb Ya’akov hésite, voit devant lui les millions de Mitsvoth que le grand rav s’apprête à lui donner et aussi le mérite infini dans le monde à venir. C’est alors que reb Ya’akov dit devant toute l’assemblée qu’il accepte ce DEAL! La deracha se termine et le public repart, seul reb Ya’akov reste et déjà il a des remords. Mais sa parole reste une parole ! Et alors il commence à changer de vie, il abandonne toutes ses anciennes mauvaises habitudes, le Lachon hara’, les délations et autres péchés. Une nouvelle page de sa vie s’écrit, et il devient avec le temps reb Ya’akov le Tsadik ! Quelques années plus tard, revient le rav de Wilkomir dans la bourgade et demande de suite où se trouve reb Ya’akov Haminshtinker? Presque personne ne se souvient de cet homme car aujourd’hui c’est un Ya’akov qui passe son temps au Beith Hamidrach et ne sort presque pas en dehors de la shoule (synagogue). Cette fois-là encore le rav dit à la communauté qu’il s’apprête à faire une deracha à la grande shoule. Toute la communauté se réunit et alors le rav commence sa deracha par un passage du Rambam: Voici tous ceux qui n’ont PAS droit au Gan Eden! Le mécréant etc. le DELATEUR. Tous ces gens seront jugés pour l’ETERNITE dans le Guéhinom (l’enfer)! A ce moment il se tourne vers reb Ya’akov en disant: « Ya’akov, tu as été le délateur de toute la ville, et tu sais que toutes tes fautes ne seront pas effacées au jour du jugement car les fautes vis à vis des hommes ne sont effacées QUE si tu obtiens le PARDON des gens à qui tu as fait du mal. A ce moment Ya’akov s’écroule par terre et pleure sans pouvoir s’arrêter. La communauté est émue par ses pleurs et le rav se tourne vers tout le public et dit « Je demande à tous les fidèles de répéter après moi trois fois: on te pardonne ! » Tout le public répète après le rav ces mots apaisants. A la fin, tout le public s’en va et reb Ya’akov continue à pleurer mais cette fois-ci ce sont des larmes qui purifieront son âme de toutes les fautes qu’il a commises au cours de sa vie. Ya’akov le délateur prend alors le statut vis à vis de toute la communauté de rav Ya’akov le Tsadik véritable ! Fin de l’histoire rapportée dans le Maguid.

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Coin Halakha : Pour se rendre quitte de la Mitsva du Kiriat Chema’, il faudra comprendre ce qu’on dit. On devra comprendre le sens du premier verset : « Chema’ Israël Hachem Elokénou Hachem E’had / Ecoute Israël, Hachem qui est notre D’, Hachem est UN » : Il est unique dans ce monde et dans les cieux. On a l’habitude de dire ce verset à haute voix afin d’éveiller notre attention. On place notre main sur nos yeux afin d’avoir une meilleure concentration pour notre parole.

Chabath Chalom et à la semaine prochaine si D’ le veut.

David Gold soffer écriture askhénaze et écriture sépharade propose une belle méguila  de pourim

Tél : 00972 55 677 87 47, e-mail : 9094412g@gmail.com

                                Léiloui Nichmat de Yacov Leib Ben Avraham Naté תנצבה

On souhaitera une guérison à Frédéric Mantel Moché ben Assia, parmi les malades du Clall Israël et on souhaitera de la réussite à J. M. pour son aide à la diffusion du feuillet.

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