REPORTAGE: Des failles de la barrière de sécurité inquiètent certains Israéliens

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« C’est comme ça que pendant la 2e Intifada, des dizaines de terroristes suicidaires sont entrés en Israël »

De l’autre côté de la Ligne Verte en Israël, les habitants du village d’Oranit exhortent depuis des années l’armée israélienne à réparer les failles de la barrière de sécurité qui sépare Palestiniens et Israéliens.

« Ça m’énerve, ça m’énerve, ça m’énerve » déclare Shlomi Lenger, chef du conseil régional d’Oranit, dans le centre d’Israël, se référant aux trous béants qui émaillent la barrière de sécurité.

« Après que j’ai envoyé plusieurs lettres à l’état-major militaire et à la police, voilà ce qu’il reste. Un trou béant, un fil électrique coupé, un tuyau qui sert de corde, et ce, depuis un an et demi » s’insurge Lenger.

« Mais ce n’est pas tout. Regardez, ils ont aussi détruit les fils barbelés. Les enfants, les hommes, les femmes, les poussettes, les ânes, tout le monde peut passer », ajoute-t-il tout en précisant que l’armée, preuve à l’appui, est au courant depuis au moins mars 2016 et s’est engagée à réparer les dégâts. Mais depuis, rien n’a été fait.

« Je ne vois pas d’autres raisons logiques selon lesquelles ce qui se passe ici est le résultat d’une décision qui vient d’en haut, que quelqu’un intentionnellement ferme les yeux. Il est possible que ce quelqu’un préfère éviter que le terrain bouillonne, leur permet de passer, quitte à ce que dans le lot, un terroriste passe », explique Lenger.

Lenger, qui est également un ancien cadre du Shabak, les renseignements intérieurs israéliens, parle même de bombe à retardement. Même si 95 % des palestiniens qui passent illégalement en Israël cherchent du travail, d’autres se servent de cette faille pour commettre des attentats, estime Lenger.

« Regarde comme ils sont plein d’imagination. Ils ont placés des caleçons sur la barrière. C’est un indice qui permet aux conducteurs de les attendre sur le bas-côté et de les récupérer. C’est comme ça que pendant la deuxième Intifada, des dizaines de terroristes suicidaires sont passés par là », affirme le chef du conseil régional d’Oranit.

A quelques mètres de la barrière, le village de Shaarei Tikva, où les habitants ne semblent pas avoir conscience du danger.

« Des palestiniens nous ont volé à deux reprises. Mais depuis, les trous dans la barrière se situent un peu plus loin. On fait confiance à l’armée, ils font régulièrement des rondes et des patrouilles » témoigne un habitant de la ville.

Israël a commencé à construire la barrière de sécurité en 2002 en réponse à une vague d’attentats suicides qui a coûté la vie à des centaines de personnes.

L’Etat hébreu estime que cette barrière est nécessaire pour empêcher les terroristes palestiniens de pénétrer sur son territoire. De leur côté, les Palestiniens affirment que la cloison induit une prise illégale de terres, car elle passe, à plusieurs reprises, à l’intérieur de la Cisjordanie.

Source – www.i24news.tv Matthias Inbar est journaliste à i24NEWS, spécialiste des questions sécuritaire

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