Révélations sur le réseau Daqduq implanté sur le Golan

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Marc – JForum

Les révélations de l’armée israélienne sur l’unité Daqduq du Hezbollah dans le Golan sont liées aux plans américains pour traiter le cas des milices pro-iraniennes autour de la frontière irako-syrienne

Le porte-parole de l’armée israélienne, mercredi 13 mars, a révélé que le Hezbollah a implanté une unité terroriste sur le Golan syrien pour mener des attaques contre Israël. Le «dossier du Golan» a été découvert par la branche de renseignement du commandement nord de l’armée israélienne. C’était tellement secret que le président syrien Bashar Assad n’a pas été informé, a indiqué le communiqué. Le commandement de l’unité placée sous le commandement d’Ali Musa Daqduq serait confié directement au chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Le colonel des Forces de défense israéliennes, Amit Fischer, chef de la division Bashan et du secteur du Golan, a annoncé que l’unité du Hezbollah est toujours en phase de s’organiser et qu’elle est engagée dans la collecte de renseignements sur les déploiements de troupes israéliennes et la cartographie des routes et des futurs objectifs.

DEBKAfile suppose que le haut commandement de l’armée israélienne a ses propres raisons de divulguer cette information à ce moment-ci, étant donné qu’elle n’est pas nouvelle en soi. Le Hezbollah n’a jamais cessé de s’efforcer d’établir des structures terroristes sur le Golan syrien en vue d’ouvrir un deuxième front contre Israël s’il était attaqué. DEBKAfile a couvert sa présence de façon constante pendant huit mois, et pas uniquement en juillet dernier, lorsque Tsahal a autorisé les unités de l’armée syrienne à s’emparer des régions tenues par les rebelles, en face de la frontière israélienne du Golan. Nos sources militaires ont révélé à l’époque que des combattants du Hezbollah étaient intégrés aux unités syriennes, déguisés en uniformes de l’armée syrienne et en train de mettre en place des postes d’observation et des équipes terroristes en face des positions de Tsahal. Ce sont ces postes du Hezbollah près de Quneitra et du village d’al-Khader druze syrien que les chars israéliens ont pilonné au début du mois de février.

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Nos analystes offrent une explication possible à ces “révélations” de Tsahal à l’époque. Le 13 mars marque les deux mois depuis qu’Israël a “rembobiné” son “Opération Bouclier du Nord” visant à éliminer les tunnels transfrontaliers depusi le Liban jusque sous son propre territoire, qui, incidemment a eu peu d’effet sur l’équilibre des forces entre Israël et le Hezbollah.

Souligner la menace du Hezbollah venant du sud-ouest de la Syrie contribuera sans aucun doute à la campagne lancée par le Premier ministre Binyamin Netanyahou et les sénateurs américains Lindsey Graham et Ted Cruz pour obtenir de la reconnaissance par le Congrès de la souveraineté israélienne sur le Golan.

Mais il y a un autre facteur militaire à l’œuvre : les forces américaines en Syrie et en Irak se préparent à agir contre les concentrations de milices irako-chiites qui envahissent l’ouest de l’Irak et l’est de la Syrie. Le 9 mars, ce site signalait en exclusivité, que des renforts américains affluaient vers le front des deux côtés de la frontière.

Les trois éléments laissés dans l’ombre par la divulgation de Tsahal sont d’un intérêt particulier. Nous les énumérons ci-dessous :

  1. L’information concernant Ali Musa Daqduq, en tant que commandant de l’unité «Dossier du Golan» du Hezbollah, manque d’explications supplémentaires pour comprendre son contexte.
  2. Les deux superviseurs de l’opération, l’Iran et son commandant au Moyen-Orient, le général en chef d’Al Qods, Qassem Soleimani, ne sont pas du tout mentionnés dans cette notification.
  3. Pas plus il n’y est question de la milice chiite irakienne Asaib Ahl al-Haq (réseau Khazali), qui est étroitement alliée au Hezbollah libanais, et qui a lancé le 7 mars un “appel à la résistance contre la présence américaine dans la région”. Daqduq est proche et très lié à cette milice et a un historique commun avec son commandant Qais al-Khazali.
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Daqduq lui-même est un chiite libanais qui a été employé comme agent opérationnel du Hezbollah au Liban à partir de 1983. En mai 2006, il a été envoyé à Téhéran pour aider le groupe terroriste Al Qods des Gardiens de la révolution, à armer, entraîner et à organiser les milices chiites irakiennes, afin de les lancer dans le combat contre les Etats-Unis et leurs alliés de la coalition.

Après cela, il a continué à travailler en étroite collaboration avec le général Soleimani dans le rôle de conseiller du réseau Khazali. Daqduq a pris part aux opérations de la milice chiite dans le sud de l’Irak sous les ordres de Soleimani. L’une de ces opérations a eu lieu le 20 janvier 2007 contre le commandement de la coordination régionale à Karbala, au cours duquel quatre soldats américains ont été enlevés et assassinés.

Compte tenu de toutes ces informations, l’opération sur le Golan, découverte par l’armée israélienne, le 13 mars devrait être considérée comme un projet iranino-chiito-Hezbollah impliquant trois commandants notoires : l’Iran Qassem Soleimani, l’Irakien Qais al-Khazali et le Libanais Hassan Nasrallah,en plus de la figure de proue désignée, Ali Musa Daqduq.

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