Un sous-marin du IIIe Reich comme logo de la BAC de Lorient ?

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Sur le projet d’écusson, où on peut lire « Police nationale – Brigade anticriminalité », jusqu’ici, tout est normal.

Mais ce que l’on voit le plus sur ce « logo », c’est le dessin d’un sous-marin militaire stylisé portant le numéro 56, celui du département du Morbihan, rapporte Le Parisien.

Sauf que le sous-marin en question ne semble tout d’abord pas être un engin français, car c’est un « U-Boot », abréviation d’« Unterseeboot » (sous-marin en allemand), utilisé par le régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale d’après le rédacteur en chef d’un magazine local.

Un choix plutôt étonnant et déjà très clivant pour un détachement de la Police nationale. Une enquête administrative a été ouverte à la suite de la diffusion du logo.

Sur Twitter, les réactions fusent  : « On s’en fout. Ils sont policiers pas historiens. Y en a vraiment qui ont rien à faire d’intéressant que de s’occuper des affaires des autres », dédramatise un internaute, « Hier la BOPE aujourd’hui un U-BOOT, c’est plus des policiers, ce sont des brigades , des milices… Les FDO sont infestées de tarés, c’est gravissime et ça fait peur !  », s’indigne un autre.

« Cet écusson a été créé à l’occasion de la réouverture de la BAC de jour de Lorient », explique François Le Texier, secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police FO, interrogé par Le Parisien. Fermée en 2016, la brigade s’est reformée au printemps.

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« C’est une allusion à l’histoire de Lorient, « la ville aux cinq ports », affirme le responsable syndical. Les policiers de la BAC portent leur ville dans leur cœur. », se justifie-t-il.

Un sous-marin symbolique de Lorient  ?

À Lorient, une base sous-marine, nommée Kéroman a existé pendant plusieurs années.

Construite par l’armée allemande, plus précisément par les ingénieurs de l’organisation Todt, les ouvriers chargés de sa constructions étaient des civils français mais aussi des prisonniers de guerre.

La base sous-marine porte à l’époque le nom de « Stosskopf »
La base sous-marine porte à l’époque le nom de « Stosskopf » – Wikimedia commons

Elle a ensuite été réhabilitée par la marine française à partir de la libération et ce jusqu’aux années 1990.

Pendant l’occupation allemande, la base sous-marine (BSM) de Keroman comptait parmi les plus importantes du IIIème Reich.

Aujourd’hui, la base abrite le Flore S645, sous-marin réhabilité en musée. D’après François Le Texier, ce serait ce sous-marin qui serait représenté sur le projet de logo.

Rien à voir avec le Flore ?

Mais concernant cette justification, tout le monde n’est pas d’accord .« Ce dessin n’a rien à voir avec le Flore », assure Michel Scarpellini, toujours au Parisien.

L’ex-officier de la Marine nationale est familier de ce sous-marin puisqu’il a participé à sa restauration avec l’association MESMAT (Musée de l’escadrille des sous-marins de l’Atlantique), qu’il préside.

Selon lui, il s’agit effectivement d’un U-Boot qu’on peut reconnaître grâce à « son allure caractéristique des sous-marins de cette époque ».

Plus précisément, Michel Scarpellini reconnaît un U-Boot de type VII, le modèle le plus fréquemment utilisé par l’armée nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. « Il s’agit d’un type VII-C, reconnaissable à ses trous de superstructure [NDLR : les fentes d’évacuation latérales] », tranche l’Amiral Jehan Marion, co-auteur de « L’encyclopédie des sous-marins français ». Plus de 700 sous-marins type VII-C ont été construits à l’époque, ce qui fait de lui un engin assez connu dans le monde militaire.

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L’histoire ne dit pas, pour le moment, si les policiers de la BAC de Lorient l’avaient en mémoire.

Source www.lest-eclair.fr

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