Ahmed Charai – Gatestone
6 avril 2026
Traduction du texte original: Courage, Not Recklessness: Why Netanyahu and Trump Were Right on Iran
Le 7 octobre, Israël n’a pas subi une simple attaque. Celle-ci avait pour but de le briser.
Le massacre avait certes pour but de tuer des innocents, mais aussi de faire passer un message : la terreur allait humilier Israël, le traumatiser, l’isoler et le contraindre à la retraite. Dans les heures et les jours qui ont suivi, au milieu des scènes de carnage, d’enlèvements et de deuil national, un vieux fantasme a ressurgi : le massacre marquait le début de la fin d’Israël. Mais tous ces prophètes funèbres se sont trompés.
Israël ne s’est pas effondré. Il s’est relevé. Il a enterré ses morts, lutté pour ses otages et encaissé un choc qui aurait terrassé bien des nations. Mais Israël a aussi compris une chose essentielle : le 7 octobre ne devait pas rester un souvenir d’horreur. Il fallait le transformer en modèle et viser au-delà des responsables du massacre. Il fallait attaquer le mal à sa racine.
Influencer à l’aide de proxies
La source du problème n’était pas seulement le Hamas, à Gaza. C’était le régime de Téhéran qui, depuis des décennies, finance, arme, entraîne et nourrit idéologiquement une infrastructure terroriste régionale. L’Iran n’a pas bâti son influence par la diplomatie ou le développement mais par des milices, le chantage, des conflits sectaires et l’affaiblissement délibéré d’États souverains.
C’est pourquoi la décision du Premier ministre Netanyahou et du président Donald Trump de s’opposer à l’Iran n’était pas de l’inconscience, mais du courage.
Il aurait été insensé de minimiser les événements du 7 octobre, de parler de résilience et de laisser intact le système qui a rendu possible une telle barbarie. Il aurait été absurde de punir les bourreaux tout en protégeant les instigateurs. Il aurait été insensé de laisser Téhéran continuer de croire qu’il pouvait armer des milices, terroriser ses voisins, déstabiliser des capitales tout en demeurant impuni.
Netanyahu et Trump ont prouvé le contraire
C’est le contraire qui s’est produit. La décision politique était judicieuse. La stratégie était claire. Et les résultats militaires ont été concrets. Les frappes israélo-américaines ne se sont pas contentées d’une portée symbolique ; elles ont réduit les capacités de l’Iran, perturbé la chaîne de commandement, limité l’influence des Gardiens de la révolution et brisé l’illusion d’invincibilité de ce régime. Trop longtemps, les dirigeants iraniens ont cru que les démocraties hésiteraient, n’auraient pas le courage, confondraient peur et prudence. Netanyahu et Trump ont prouvé à ces dirigeants iraniens que leurs présupposés étaient faux.
Cela compte, car le courage en politique est souvent mal compris. Ce n’est ni la force du cri, ni l’impulsivité, ni le plaisir de l’escalade. Le courage, c’est d’agir lorsque le coût de l’inaction dépasse le risque de l’action. Après le 7 octobre, ce moment était arrivé.
Une fois cette réalité comprise, le Hezbollah a occupé le devant de la scène.
Le Hezbollah ne menace pas seulement la frontière nord d’Israël. C’est un fléau régional. Le Hezbollah a pris l’État libanais en otage, a subordonné la souveraineté du Liban aux intérêts iraniens et a condamné le peuple libanais à supporter le coût de guerres qu’il n’a pas choisies. Un fier pays arabe a été transformé en plateforme au service d’une volonté hégémonique, celle de Téhéran.
La menace du Hezbollah s’étend bien au-delà du Liban et d’Israël et la prise en compte du contexte régional est essentielle. Les réseaux liés au Hezbollah et à l’Iran dans le Golfe nous rappellent que l’intimidation et le chantage ne sont pas locaux, mais transnationaux. Le Bahreïn vit depuis longtemps sous la menace de la subversion iranienne. Les Émirats arabes unis ont subi la même logique d’infiltration et de déstabilisation. Le Maroc a rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran en raison du soutien apporté par Téhéran au Polisario. Partout, une même méthode : infiltrer, armer, radicaliser et affaiblir des États souverains, de l’intérieur ou par le biais de milices.
Les Émirats arabes unis ont tenu bon. Bahreïn a tenu bon. Le Maroc a donné l’alerte très tôt.
Ces États méritent plus que des éloges ; ils méritent un soutien stratégique. Les Émirats arabes unis ont toute légitimité à revendiquer leurs trois îles occupées. Le Maroc est pleinement légitime de chercher une reconnaissance internationale de sa souveraineté sur le Sahara. Et Bahreïn – royaume de première ligne qui a tenu bon quand d’autres ont hésité – mérite un soutien économique et stratégique conséquent, à la hauteur de la peine qu’il a endurée
Ces pays doivent être reconnus pour ce qu’ils représentent. Les accords d’Abraham n’ont jamais été une simple cérémonie diplomatique. Ils constituaient un choix stratégique et civilisationnel : un acte en faveur de la modernité, de la souveraineté, du développement et de la paix, contre un ordre régional fondé sur les milices, l’intimidation et la guerre permanente. Ce conflit n’a pas remis en cause ce choix. Il l’a mis à l’épreuve – et il a tenu. C’est peut-être là l’un des enseignements politiques les plus importants de cette guerre.
Le véritable clivage au Moyen-Orient n’est plus celui que tant de gens énoncent par habitude : les Arabes contre les Israéliens. Ceux qui aspirent à des États fonctionnels sont désormais en lutte contre ceux qui prospèrent sur des États en ruine ; ceux qui construisent ont entrepris de se défendre contre ceux qui exercent un chantage ; l’ordre, la prospérité et la coexistence se dressent résolument contre ceux qui glorifient la révolution et le conflit permanents.
Le rôle d’Israël dans cette confrontation doit être correctement configuré.
Israël est un petit pays logé au cœur d’une région marquée par la violence, mais les institutions souveraines qu’ils a bâties sont d’une résilience extraordinaire. Sa force n’est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat de la discipline, de l’excellence, de la sophistication technologique, du dynamisme démocratique et d’une profonde conviction que la survie exige du sérieux. Le Mossad, Tsahal et l’ensemble des institutions de sécurité israéliennes ont démontré à maintes reprises ce qu’un État capable peut accomplir lorsque le renseignement, l’excellence opérationnelle et la volonté politique convergent.
Mais les institutions seules ne suffisent pas. Les armées les plus performantes et les meilleurs services de renseignement ne suffisent pas si les dirigeants politiques sont trop timides pour agir. Le leadership est essentiel. Netanyahu doit être jugé à cet égard. Il n’a pas choisi le confort, mais la responsabilité. Et Trump, quoi qu’on pense de lui sur d’autres sujets, a compris une chose essentielle : la dissuasion ne peut être rétablie par des discours, des conférences ou des illusions soigneusement élaborées. Elle ne peut être rétablie que par la force.
Ce n’est pas de l’imprudence. C’est du leadership.
Le régime iranien se trouve aujourd’hui dans une situation précaire. Il ne disparaîtra pas forcément demain. Les dictatures survivent souvent plus longtemps que prévu. Mais son aura d’inéluctabilité et son image d’invulnérabilité ont volé en éclats. La peur a changé de camp. Le régime dispose toujours de prisons, de moyens de propagande, d’armes et de fanatiques. Mais il n’est plus perçu comme invulnérable.
Le chapitre suivant doit donc être préparé avec sagesse. Non pas contre le peuple iranien, mais avec lui. Loin de toute haine envers l’Iran, il nous faut nourrir l’espoir d’un Iran transformé. Le peuple iranien ne doit pas être confondu avec les mollahs. Il est la première victime d’un régime qui a humilié sa civilisation, anéanti ses libertés et dilapidé la grandeur de sa nation dans la terreur, la corruption et la guerre idéologique.
Après le 7 octobre, Israël aurait eu toutes les raisons de rester englué dans le deuil et la défensive. Au lieu de cela, il a choisi une voie plus exigeante : affronter la source du terrorisme.
Ce n’était pas de l’imprudence. C’était du courage.
Et l’histoire retiendra que toutes les prédictions sur la fin d’Israël étaient sans fondement et qu’au contraire, Israël a contribué à amorcer la fin de l’ordre terroriste de Téhéran.
Ahmed Charai est président-directeur général de Global Media Holding, un conglomérat de presse et de radiodiffusion. Il est également conseiller en politique du Moyen-Orient à Washington et ses articles ont été publiés dans le New York Times, Politico, le Wall Street Journal, The Hill, Foreign Policy, National Interest, le Jerusalem Post, Haaretz, et d’autres médias. Il siège au conseil d’administration de plusieurs think tanks, dont l’Atlantic Council, le Center for Strategic and International Studies, l’International Crisis Group, l’International Center for Journalists, le Foreign Policy Research Institute, le Center for National Interest et le Jerusalem Institute for Strategy and Security.


























