30 millions de faméliques et 100 % d’inflation : la carte des pays qui s’effondrent à cause de la guerre dans le Golfe

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En Iran, on enregistre une hausse de 150 % sur le riz et l’huile ; au Liban, l’inflation alimentaire atteint 80 % ; au Yémen, la farine et le sucre ont bondi de 45 % et en Inde, la pénurie d’engrais tire les prix du riz vers le haut.

Ma’ariv

La guerre en Iran ne pèse pas seulement sur les marchés de l’énergie et des transports, elle bouleverse également les prix des denrées alimentaires à l’échelle mondiale. Les données publiées par les organismes internationaux, les gouvernements et les agences de recherche révèlent que les ruptures d’approvisionnement, la pénurie d’engrais, le renchérissement du transport et les coûts de l’énergie font grimper les prix alimentaires dans de nombreux pays au Moyen-Orient, en Asie, en Europe, en Afrique et en Amérique latine.

Au cœur de l’impact se trouvent les pays du Moyen-Orient et d’Asie, qui subissent de plein fouet les conséquences directes du conflit. En Iran, on note un bond de 150 % du prix du riz et de l’huile, parallèlement à une pénurie de produits de base (selon l’IFPRI). Au Liban, l’inflation alimentaire a atteint 80 % en raison d’une dépendance quasi totale aux importations maritimes (selon la Banque mondiale). Au Yémen, le prix de la farine et du sucre a augmenté de 45 % (selon la FAO). L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont également touchés, avec une hausse de 40 % sur les fruits et légumes importés.

Crise des engrais en Asie et flambée des prix

En Asie du Sud, l’impact est particulièrement sévère. L’Inde rapporte une pénurie d’engrais à base d’urée et un bond de 25 % du prix du riz. Au Pakistan, la crise énergétique s’est traduite par une hausse de 35 % du prix de la farine.

L’Asie de l’Est et le Pacifique ne sont pas épargnés. La Chine enregistre une hausse de 15 % sur la viande et le maïs, tandis qu’au Japon et en Corée du Sud, les prix des produits transformés et importés ont grimpé de 12 % à 18 %, conséquence directe de l’allongement des routes maritimes pour contourner la zone du Golfe. En Indonésie et aux Philippines, le riz a bondi de 22 %.

De l’Europe aux États-Unis : personne n’est à l’abri

L’onde de choc mondiale atteint aussi l’Occident. En Israël, le prix des engrais a explosé de 180 %, entraînant une hausse de 15 % sur les produits laitiers et les œufs. En Allemagne et en France, la viande et les produits transformés ont augmenté de 10 % à 12 % (Eurostat). Au Royaume-Uni, les prévisions tablent sur une inflation alimentaire de 10 %, principalement due aux coûts de logistique. Aux États-Unis, le blé et le carburant de distribution ont augmenté de 4,3 %.

L’Europe du Sud (Italie, Espagne) voit ses fruits et légumes grimper de 14 % à cause des coûts d’irrigation et de transport. En Russie, bien que le pays soit exportateur, les prix internes ont pris 15 % en raison des sanctions et des difficultés logistiques. Même l’Australie, grand producteur de blé, voit ses produits frais augmenter de 7 % à cause de l’emballage et du carburant.

Famine en Afrique et hyperinflation en Amérique latine

En Amérique du Sud, la pression est extrême. En Argentine, l’inflation alimentaire a franchi la barre des 100 %, mêlant crise interne et hausse du coût des intrants agricoles. Au Brésil, la pénurie d’engrais frappe les cultures de maïs (+20 %). Au Mexique, les tortillas et le maïs ont pris 9 %.

C’est en Afrique que le tableau est le plus sombre. Au Nigeria, plus de 30 millions de personnes sont désormais considérées comme souffrant de famine aiguë, alors que les prix alimentaires ont grimpé de 30 %. En Éthiopie, le cumul de la sécheresse et de la hausse des frais de transport a provoqué une augmentation de 28 % des prix. En République démocratique du Congo, les céréales importées et le manioc subissent également de fortes hausses de prix.

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