Les navires « disparaissent » dans le détroit d’Ormuz – et réapparaissent de l’autre côté du blocus avec une cargaison complète

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Alors que Washington crie au succès, les données de terrain indiquent une poursuite des exportations massives de pétrole iranien via des manœuvres de contournement sophistiquées en mer. Trump a réagi par un ordre dramatique.

Ma’ariv – Eli Leon 

Au moins deux pétroliers iraniens pleins à craquer ont réussi à s’échapper du golfe Persique cette semaine en franchissant la ligne de blocus américaine. Cette manœuvre met en lumière les limites des efforts des États-Unis pour bloquer les exportations pétrolières de Téhéran, malgré les déclarations du président Donald Trump qui se vantait récemment d’un blocus maritime étant un « succès colossal ».

Par ailleurs, Reuters rapporte ce jeudi que deux porte-conteneurs, saisis par l’Iran près du détroit d’Ormuz, ont été dirigés vers le port de Bandar Abbas. L’un des navires compterait 40 membres d’équipage à son bord.

Comment les navires échappent-ils aux radars ?

Selon l’agence Bloomberg, les pétroliers « Hero II » et « Hedy », battant pavillon iranien, ont été identifiés par des images satellites de la société de renseignement maritime Vortexa alors qu’ils franchissaient la zone définie par les États-Unis pour entrer en mer d’Arabie. Ces deux superpétroliers peuvent transporter ensemble environ 4 millions de barils de brut. Ils font partie d’une flotte plus vaste qui a réussi à contourner les navires de guerre pour livrer environ 9 millions de barils sur les marchés internationaux.

Pour passer sous les radars, ces navires désactivent généralement leurs transpondeurs de localisation (système AIS) et naviguent « dans le noir », rendant l’imagerie satellite indispensable pour les repérer. Le « Hero II » n’avait pas été vu depuis plus d’un mois (déclarant alors être dans le détroit de Malacca), tandis que le « Hedy » n’avait plus émis de signal depuis fin février.

Les données de Vortexa montrent que l’exportation se poursuit sans entrave majeure : au moins 34 navires liés à l’Iran ont récemment traversé le détroit d’Ormuz. Depuis le début de la semaine dernière, 19 sont sortis du Golfe, dont 17 lourdement chargés. La destination finale est souvent la Chine, et plus récemment, l’Inde.

Escalade : les Iraniens ouvrent le feu

La tension sur place reste critique. Alors que la marine américaine a saisi un cargo lié à l’Iran et perquisitionné un pétrolier sous sanctions à l’est du Sri Lanka, la marine britannique rapporte que les Iraniens — qui maintiennent leur propre contre-blocus — ont ouvert le feu sur un porte-conteneurs près du détroit d’Ormuz, lui causant des dégâts importants.

L’ordre dramatique de Trump

Face à ces échecs du blocus, le président Trump a décidé de passer à la vitesse supérieure. Ce jeudi, il a émis une directive ferme aux forces navales opérant au Moyen-Orient : détruire tout navire tentant de miner les eaux du détroit d’Ormuz.

Dans un message publié sur son réseau social, le président a utilisé une rhétorique guerrière :

« J’ai ordonné à la Marine des États-Unis de tirer et d’abattre toute embarcation, même de petite taille, qui pose des mines dans les eaux du détroit d’Ormuz », a écrit Trump.

Il a également balayé d’un revers de main la puissance navale ennemie, affirmant avec provocation : « Leurs navires de guerre, les 159, sont au fond de la mer ! ». Il a précisé qu’il ne devait y avoir « aucune hésitation » dans l’exécution de l’ordre de tir.

Le président a conclu en indiquant que les dragueurs de mines américains sont déjà à l’œuvre pour nettoyer le détroit : « J’ordonne par la présente de poursuivre cette activité, mais à un niveau triplé ! Merci de votre attention. Président Donald J. Trump ».


Note : Le détroit d’Ormuz est le point de passage d’environ un cinquième de la production mondiale de pétrole.

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