Lois de Pourim

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AUTOUR DE LA TABLE DE CHABBAT n° 528 Tetsavé-Pourim

Chabbath Zakhor !

Ces paroles de Tora seront lues le-‘ilouï nechama de mon grand-père ‘Haïm Na’houm ben Moché (famille Kossman) tihié nichmato tseroura bitsror ha’haim

(Yarzeit 9 Adar jeudi 26 février)

Coin Hala’ha : cette semaine on s’attardera sur les lois de Pourim.

Lundi soir 2 mars et mardi on devra lire la Meguila d’Esther. Hommes, femmes et enfants doivent écouter la Meguila. On fera attention de ne pas perdre un seul mot de la lecture. Si le cas se présente, on devra rattraper notre retard en lisant sur notre livre (même imprimé) les mots qui manquent pour rattraper la lecture. Forcement on fera attention de ne pas parler durant toute la lecture et bien sûr de ne pas déranger son voisin (par des pétards et autre gadgets). La coutume en Israël est de frapper des pieds lorsqu’on mentionne le nom de Haman (c’est une façon d’effacer son souvenir). Le mardi on réitérera sa lecture. On pourra la lire depuis le lever du soleil jusqu’au coucher du soleil. A priori il faudra écouter sa lecture au plus tôt. De plus il est interdit de manger plus de 60 grammes de pain avant d’avoir accompli sa lecture.

Michloa’h Manoth : On enverra à son ami de la communauté au moins deux mets différents. Par exemple un aliment et une boisson, à l’exception d’une bouteille d’eau. Certains préconisent de l’envoyer à l’aide d’un émissaire. L’intention de cette Mitsva est de multiplier la fraternité donc on veillera à faire connaitre l’identité du donneur au receveur.

Matanot le-évionim : Le jour de Pourim on veillera à donner à au moins deux pauvres un don. C’est de la nourriture mais cela peut être de l’argent. Le Michna Beroura rapporte qu’à partir de quelques centimes d’euros on sera quitte, seulement d’autres avis préconisent de donner à chaque pauvre au moins de quoi s’acheter un repas (Falafel et Coca) l’équivalant d’une quinzaine de shekels pour chacun. On sera quitte en donnant notre don à un organisme de Tsedaka qui lui-même reversera les sommes reçues durant Pourim (on pourra faire le virement à l’association quelques jours avant Pourim en précisant que c’est pour transmettre le jour même). Le Rambam enseigne qu’il est souhaitable de multiplier les dons aux pauvres plus encore que de faire un somptueux festin.

Festin : Durant le jour de Pourim, mardi 3, on fera un repas en l’honneur du jour. On a l’habitude de le faire en après-midi et la majorité du repas devra se dérouler dans la journée avant le coucher du soleil. Avant de commencer son festin on fait la prière de l’après-midi. A la fin du repas on n’oubliera pas de mentionner « ‘Al Hanissim » dans le Birkat même si on le fait longtemps après, dans la nuit du mardi soir. Dans le cas où on a fait son Birkat en oubliant de mentionner Pourim, on ne recommencera pas, idem pour la prière. A Pourim on boit du vin, plus qu’à son habitude car le miracle du jour était basé sur le vin : seulement on fera attention de ne pas transformer ce jour en une grande kermesse ! Si nous savons que sous le coup de l’ivresse nous viendrons à dire toutes sortes de mauvaises paroles, nous serons dispensés de boire !

LE SIPPOUR

Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek !

Cette semaine je vous propose un véritable super sippour qui ne peut se dérouler que dans le pays scruté par les yeux de Hachem depuis le début de l’année jusqu’à sa fin. De plus il a l’avantage d’être approprié au Chabbath qui précède Pourim car nous lisons le passage de la Tora qui décrit la cruauté du peuple d’Amalek qui s’est attaqué au peuple juif alors que nous ne lui avions strictement rien fait (cela ressemble beaucoup à ce qui se passe de nos jours dans le monde face au peuple résidant à Tsion). Les détails de cette histoire, assez extraordinaires, ont été rapportés dans un feuillet hebdomadaire paraissant en Erets (ndlr : j’ai même levé le combiné téléphonique -cela existe encore- pour m’enquérir de la justesse des faits qui m’ont été confirmés).

Il s’agit d’un jeune Israélien religieux qui habitait le centre du pays (Bené Brak, ville des lumières) au début des années 70. Pour les besoins de l’histoire nous l’appellerons Ya’akov. A cette époque il y avait de temps à autre des appels faits par les hôpitaux pour inciter le public à faire des dons de sang et des greffes, ce que l’on nomme Moa’h ‘étsem, prélèvement de tissus organiques qui sont réimplantés chez le malade. Une fois Ya’akov voit l’encart et il se rend dans le centre médical (Koupath ‘Holim) pour savoir si son identité sanguine convenait pour cette mini-transplantation : c’était positif. De plus dans la Koupath (Holim il fait connaissance avec le malade : un jeune Israélien non religieux, dans la trentaine, gravement malade. Les deux jeunes passèrent de longs moments à discuter d’une multitude de choses de la vie et entre les deux se tissa une vraie amitié. Il revint à la maison, décidé à faire ce grand geste. Avant de faire le pas décisif il demanda l’avis de son père. Ce dernier s’enquerra de l’identité du receveur, Ya’akov lui dit tout ce qu’il savait. En entendant le nom de famille, d’un seul coup le père bondit de sa chaise et déclara : « En aucune façon je n’accepte que tu fasses ce geste ! ». La réponse du père était catégorique et sans explication (le père n’était pas un grand bavard). Le fils, qui était devenu l’ami du malade, ne voulant pas renoncer, fit appel au rav de la famille, semble-t-il un Talmid ‘Hakham bien versé dans l’étude. Le rav se rendit à la maison de la famille et essaya de convaincre le père récalcitrant qui restait sur ses positions malgré le grand respect qu’il avait envers le rav.

Ce n’est que plus tard le soir du Séder qu’à nouveau le rav vint discuter avec le père après qu’il ait bu les 4 coupes de vin… Cette fois, et pour la première fois, le père ouvrit son cœur et s’expliqua (attachez-vous bien les ceintures autour de votre Super Table du Chabbath…). Il dit : « Vous savez rav, je suis un rescapé de la Shoah. Lors de la dernière guerre ma famille faisait partie d’un des ghettos montés par les nazis (c’était peut-être celui de Kovno en Lituanie). Notre vie tenait à un fil. Il n’y avait pas de nourriture et nous devions travailler dans les usines allemandes qui étaient au-delà du quartier. Tous les quelques mois les nazis -Yimah Chemam- faisaient des sélections pour envoyer la population sans défense vers Auschwitz. Dans leur méchanceté habituelle ils ne disaient pas que c’était des camps de la mort, dans leur jargon il s’agissait de simples camps de travail. Avec le temps la population n’avait plus aucune confiance en leurs paroles. Comme il n’y avait pratiquement rien à manger et que nous étions une petite famille (4 adultes) dans l’appartement j’envoyais mon tout jeune fils âgé de 6 ans pour qu’il se faufile entre les trous des murailles du ghetto à la recherche de nourriture. Il revenait à chaque fois avec des victuailles et cela nous a permis de survivre durant cette période noire. Seulement le jour maudit arriva lorsque les nazis ont frappé à notre porte et sont entrés de force dans l’appartement. Il s’agissait en fait d’un Juif renégat entouré de deux SS qui venait chercher mon jeune fils car ils voulaient punir le voleur. Cet homme, anciennement de la communauté, était un imminent savant qui avait permis la fabrication de grenades et de pleins d’autres types d’armes dans notre ville. Il faisait partie de l’administration juive du ghetto et travaillait main dans la main avec les bourreaux nazis (ndlr : il n’est pas de notre ressort de juger ces pauvres gens qui ont été obligés d’organiser la vie des ghettos en accord avec les décrets scélérats des nazis. En effet, la Michna de Pirké Avoth (ch 2 ; 5) dit d’une part : « Hillel disait… Ne juge pas ton prochain jusqu’à ce que tu te mettes à sa place… » D’autre part, dans la plupart des cas, lorsqu’il n’y avait plus de Juifs à gérer dans les ghettos qui avaient été vidés, ils ont été eux aussi envoyés à Auschwitz et rejoignaient leurs frères dans la fumée des fours crématoires). Ce savant, entouré de gardes nazis, s’est avancé dans le salon et a crié : « Où se trouve le jeune voleur ? ».  Personne n’osa répondre. Puis il prit sa canne et frappa sur le double plafond à l’endroit où il y avait une porte encastrée. Avec la force des coups la porte céda et mon jeune fils tomba à terre. Le scélérat agrippa l’enfant et le tira vers l’extérieur de l’appartement tandis que les deux nazis avaient sorti leurs revolvers, prêts à tuer tous ceux qui voulaient s’approcher. Le groupe de nazis descendit les escaliers et quelques minutes plus tard j’entendis au loin deux coups de revolver… Je savais que mon jeune fils avait été tué par ce savant de mémoire maudite. Or cet homme, vers la fin du ghetto, a été envoyé à Auschwitz et je sais qu’il s’en est sorti. Et c’est justement le fils de cet homme que tu veux sauver ! En aucune façon ! »

Les paroles du père étaient très sévères, seulement le rav, un grand Tsadik qui avait une grosse dose d’Emouna/il avait peut-être lu le nouveau bestseller « Les étincelles… des 56 Sippourim » qui viennent renforcer la Emouna, qui sait ?), tint tête au père éprouvé : « Tu sais, il ne s’agit pas de lui mais de son fils qui est gravement malade. » A force de discussions (nous étions le soir du Séder), le rav réussit à lui faire changer d’avis. Quelques jours plus tard, le rav vint voir le père afin qu’ils fassent la rencontre entre les deux hommes (l’ancien savant et le père de Ya’akov). La chose fut faite et les deux se retrouvèrent. Le père de Ya’akov était tellement ému qu’il a failli s’évanouir. Le savant, non religieux, prit en premier la parole : « Je sais que tu me hais, mais cette rencontre je l’attendais tous les jours de ma vie depuis mon arrivée en Erets. Tu te souviens, lorsque je suis entré dans ton appartement, j’étais escorté de deux soldats SS. Je ne pouvais rien faire que d’exécuter les ordres des Allemands sinon je risquais la mort. J’ai pris alors ton jeune fils et je l’ai traîné dehors. Comme il y avait ordre de le tuer, j’ai pris mon revolver mais je n’avais pas la force de tirer sur un enfant innocent (ndlr : comme quoi, même aux ras des pâquerettes, l’âme juive reste présente). En une fraction de seconde j’ai tout changé, j’ai pointé mon arme vers les deux gardes et je les ai assassinés sur le coup. Ils s’écroulèrent, morts. Je savais qu’on allait me tuer mais du fait que j’étais très précieux pour les nazis dans la fabrication des armes, ils me laissèrent en vie. Avant de rentrer chez moi, j’ai placé le jeune garçon dans un couvent de l’église. Il y est resté toute la guerre. Les nazis, qui savaient ce que j’avais commis, ne m’ont pas tué mais m’ont fait subir des sévices terribles. Depuis lors je n’ai pas la possibilité d’avoir des enfants à jamais. A la libération je suis parti rechercher le jeune garçon qui était chez les sœurs, je l’ai repris et depuis je l’ai éduqué comme mon propre fils. C’est avec lui que je suis monté en Erets. Or, dernièrement, il est tombé gravement malade : il a besoin d’une transplantation de tissus sanguins. C’est justement Ya’akov, ton fils, qui a vu l’annonce et qui a fait le don à mon fils, qui n’est autre que ton propre fils ! Ce sont deux frères qui se sont secourus l’un de l’autre ; de plus, tu retrouves ton fils après tant d’années… »

Fin de l’histoire véridique. 

Cette histoire nous apprend d’une part la force du ‘Hessed (faire le bien auprès de ses proches et des moins proches) et d’autre part de savoir, comme le disait Rabbi Nahman Ben Faïgué : « Il n’y a pas de désespoir dans ce monde, même lorsque c’est très, très obscur…

La Providence Divine S’exerce pour le meilleur. »

Chabbath Chalom et à la semaine prochaine, si D’ le veut.

David Gold

Tél. 00 972 55 677 8747 – E-mail : dbgp36@gmail.com

Pourim Saméah pour tous mes lecteurs et le Clall Israël !!

Refoua cheléma à Méir ben Haïa Freida parmi les malades du Clall Israël.

Mazel Tov au rav Its’hak Haddad et à son épouse (Elad) à l’occasion de la naissance de leur petit-fils et que les parents, le rav Moché Tolédano et son épouse, voient du Na’hat de Kedoucha du nouveau-né.

Berakha d’encouragement à notre toujours très fidèle lecteur -de semaine en semaine- Gérard Yits’hak Cohen et son épouse (Paris), qu’ils aient du Na’hath de leur descendance.

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