Le ministre Ami’hai Eliyahu dénonce une campagne orchestrée encourageant les Israéliens à quitter le pays. À travers un récit personnel venu de Berlin, il met en garde contre l’oubli de l’histoire juive et les dangers de l’exil.
Récemment, un jeune Israélien travaillant dans la tech à Berlin m’a contacté pour demander de l’aide. C’est un « Sabra », issu de la troisième génération, qui a quitté Israël pour une vie meilleure en Allemagne. Il maîtrise parfaitement l’allemand, s’est marié avec une Allemande, et ses deux enfants fréquentent une école de qualité.
« Pendant des années, j’ai prétendu que je n’étais pas Israélien et que les malheurs des Juifs ne me concernaient plus », me confie-t-il. Jusqu’au jour où son fils est rentré de l’école en pleurant. « Papa », a-t-il demandé, « pourquoi sommes-nous des méchants Juifs ?«
L’enseignante avait expliqué aux enfants la guerre à Gaza, affirmant que les Juifs tuaient des enfants palestiniens — et les enfants ont intégré le message. Cet homme raconte qu’il a déjà emballé ses cartons et qu’il compte rentrer en Israël ; il demande maintenant de l’aide pour ramener sa femme et ses enfants en Terre Sainte.
« J’ai compris quelque chose », m’a-t-il dit. « Ils ne détestent pas les Israéliens, ils détestent les Juifs. Et moi, que je le veuille ou non, je suis Juif, et à leurs yeux, je le resterai pour toujours. »
Une campagne orchestrée
Pourquoi est-ce que je partage ce cas avec vous ? Parce que récemment, une campagne calculée et synchronisée est menée ici, visant à nous faire croire que le pays s’effondre, qu’il n’y a plus d’espoir, et que la chose la plus intelligente à faire est de partir.
Il ne s’agit pas de posts isolés de personnes qui se plaignent — ce qui est légitime. Il s’agit d’une campagne coordonnée, avec une ligne uniforme et des statistiques gonflées :
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« 200 000 sont déjà partis »
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« Un pays du tiers-monde »
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« Pas d’avenir »
Pourtant, en vérifiant les chiffres réels, on découvre que sur les 82 700 personnes ayant quitté le pays en 2023, seules environ 33 000 étaient nées en Israël. Le reste est composé de nouveaux immigrants d’Ukraine ayant choisi de continuer leur route, ou de résidents étrangers. En réalité, le nombre d’Israéliens ayant émigré n’est supérieur que de 10 000 par rapport à 2022.
L’ombre des Frères Musulmans
En creusant davantage, vous découvrirez que cela fait partie de la campagne « Isnad », liée aux Frères Musulmans, qui est passée d’une stratégie de guerre à court terme à une tentative de lutte psychologique et sociale persistante. Le but ? Souligner « l’absence d’avenir », l’isolement international et l’érosion économique pour présenter l’émigration comme la solution.
Le prix de l’oubli
Cela s’est déjà produit dans notre histoire. À l’époque, ils criaient : « Nous nous souvenons du poisson que nous mangions gratuitement en Égypte, des concombres et des pastèques. »
Peu après que D’ a fait sortir le peuple d’Israël d’Égypte, dans le désert, un groupe bruyant a regretté l’Égypte. Ils se souvenaient du confort, mais ils oubliaient la servitude. Ils oubliaient les bébés jetés dans le Nil. Ils ne voyaient que les « pastèques » et oubliaient le prix de l’esclavage.
C’est ce qui se passe aujourd’hui. On nous propose de retourner en exil en ignorant la réalité : depuis le 7 octobre, les actes antisémites ont bondi de 360 % sur les campus américains. À Berlin, comme par le passé, celui qui possède ne serait-ce qu’un huitième de judaïsme est considéré comme Juif par ses détracteurs.
Ils ont oublié qu’aucun pays — ni la Pologne, ni la Roumanie, ni l’Amérique, ni Dubaï — ne sera notre foyer. Ils ont oublié que nous n’avons pas d’autre pays.
Le cycle des générations
C’est toujours la même histoire :
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La première génération s’assimile et réussit.
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La deuxième génération prospère et oublie.
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La troisième génération découvre qu’elle est toujours un Juif persécuté.
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La quatrième génération, dans le meilleur des cas, s’enfuit.
Le plus douloureux dans ces discours, ce n’est pas le départ, c’est l’oubli. L’oubli de deux mille ans d’exil, des pogroms et des expulsions.
Il y a une semaine, lors du Séder de Pessa’h, nous avons raconté l’histoire d’un peuple qui a préféré la difficulté de la liberté au confort de l’esclavage. Nous continuerons de transmettre cet héritage ici, sur notre terre. Car il vaut mieux lutter pour notre vie debout, que de renoncer à notre âme pour vivre à genoux.



























