De l’Egypte à la Perse

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Par Yitzhak Roth, Yated Nééman

Quelque chose dans la guerre qui se joue aujourd’hui contre l’État terroriste iranien rappelle les jours de l’exil en Égypte. Précisons d’emblée qu’il s’agit d’une simple métaphore entre le passé et le présent ; cependant, notre Tora est une « Tora de vie » : elle ne nous enseigne pas l’histoire pour elle-même, mais nous demande d’en tirer des leçons pour notre conduite actuelle.

Un dirigeant obstiné face au désastre

À l’époque comme aujourd’hui, la nation égyptienne — ou plus précisément son leadership — a dû faire face à des plaies terribles qui ont effondré son économie, son armée et ses structures étatiques. Malgré l’ampleur des morts et de la destruction, elle s’est heurtée à un roi obstiné qui refusait catégoriquement de céder.

L’horreur ne s’est pas limitée à la mort des premiers-nés ; elle a commencé bien plus tôt. Dès la plaie du sang, la survie était menacée pour ceux qui ne pouvaient payer les Juifs pour de l’eau. Les plaies suivantes (la peste, la grêle) ont dévasté le pays, transformant un empire florissant en un monceau de ruines. Même lorsque ses propres conseillers lui ont demandé : « Ne sais-tu pas encore que l’Égypte est perdue ? », Pharaon a persisté, espérant une reconstruction sans libérer ses esclaves.

L’obstination idéologique

Les commentateurs expliquent que cette persévérance n’était pas rationnelle, mais idéologique. C’était une forme de déni de D’ : les Égyptiens préféraient subir plaie après plaie plutôt que de reconnaître la puissance du Créateur. Bien que des lueurs de foi soient apparues brièvement (« C’est le doigt de D’ » ou « L’Éternel est le juste »), elles s’évaporaient dès que la pression retombait.

Le défi interne : l’incrédulité

Il faut se rappeler qu’à cette époque, selon nos Sages, environ 80 % des Juifs préféraient rester en esclavage plutôt que de sortir vers la liberté. Ils voyaient les miracles, mais craignaient l’avenir ou préféraient leur condition actuelle à une vie de service envers D’. Ceux qui ne croyaient pas en la rédemption sont morts durant la plaie des ténèbres.

Avant la plaie finale, une révolte populaire a même éclaté : de nombreux premiers-nés égyptiens, craignant pour leur vie, ont affronté l’armée de Pharaon pour exiger la libération des Hébreux. C’est ce que le roi David mentionne dans les Psaumes : « À Celui qui frappa l’Égypte par ses premiers-nés » — signifiant que les Égyptiens furent frappés par leurs propres fils révoltés. Pourtant, l’armée a réprimé ce soulèvement jusqu’à la nuit fatidique de l’Exode.

Le miroir du présent

Bien que nous ne fassions pas de comparaisons directes, nous apprenons de l’histoire. Contrairement à la guerre biblique menée par D’, nos conflits actuels sont souvent gérés par des hommes éloignés de la foi, attachés à l’idéologie du « ma force et la puissance de ma main ».

Pourtant, ce qui se passe sous nos yeux défie toute logique statistique. Le fait que des milliers de sorties aériennes au-dessus de l’Iran se terminent sans aucune perte israélienne est un phénomène sans précédent, contrastant avec les probabilités habituelles. C’est une manifestation de la protection divine face à un danger existentiel.

L’ambition iranienne

L’Iran n’est pas comparable à d’autres puissances nucléaires qui cherchent simplement une « assurance-vie ». Le régime iranien possède une idéologie messianique et apocalyptique visant l’hégémonie mondiale. Leur plan — contrôler les ressources énergétiques du Moyen-Orient via un réseau de milices (Irak, Yémen, Syrie, Liban, Gaza) — a pour cœur la destruction de la présence juive dans la région.

Conclusion

L’écartement de la menace nucléaire, du moins pour le moment, est un véritable miracle manifeste. Malgré les sceptiques et ceux qui refusent de voir, nous nous assoirons dans deux jours pour le Séder de Pessa’h. Nous raconterons les miracles d’Égypte et rappellerons cette vérité éternelle : « À chaque génération, ils se lèvent contre nous pour nous anéantir, mais le Saint, béni soit-Il, nous délivre de leurs mains ».

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