A propos de la synagogue du Raincy

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On nous prie de rappeler les éléments suivants :

La synagogue du Raincy a été construite en 1930 par le Consistoire de Paris et inaugurée en 1931. À cette époque, une importante communauté ashkenaze, composée de plus de 200 familles, résidait dans cette région du Raincy.

Le premier rabbin de cette synagogue fut le Grand rabbin Henri Schilli, qui devint par la suite directeur du Séminaire israélite de France et décéda en 1975. Grande figure du judaïsme français, il joua un rôle important durant les heures les plus difficiles de notre histoire, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale. Profondément attaché à l’orthodoxie, reconnu pour sa droiture morale, son exemplarité et sa rigueur spirituelle, il bénéficiait de l’estime unanime des autorités rabbiniques françaises de son époque et entretenait des liens étroits avec toutes les communautés juives de France.

Il apporta également un soutien important au rav  Ya’akov Toledano zal lorsqu’il vint s’installer au Raincy afin d’y créer les institutions Merkaz HaTorah. Les locaux de la synagogue furent d’ailleurs mis à disposition de cette nouvelle école pendant plus de deux années, avant qu’elle ne puisse s’installer dans ses propres bâtiments. Cette synagogue constitua ainsi l’un des points de départ de la grande communauté florissante de Mercaz HaTorah que nous connaissons aujourd’hui.

Par la suite, le rabbin Meyer exerça jusqu’en 1969. Lui succéda ensuite le Grand rabbin Claude Brami, largement reconnu pour ses ouvrages, ses siddourim et ses travaux consacrés à la prière quotidienne, aux fêtes et aux psaumes.

Le rabbin Moshé Lewin prit ensuite ses fonctions en 1997.

Concernant les événements récents liés au ‘érouv, il est indispensable de rappeler le cadre institutionnel clair dans lequel cette synagogue fonctionne depuis son origine.

Cette synagogue appartient au Consistoire de Paris, qui en est le seul responsable légal, administratif et religieux.

Les responsables locaux ne sont que des délégués de cette institution et ne disposent d’aucune autonomie associative indépendante, ni sur le plan juridique ni sur le plan communautaire.

L’ensemble du personnel de cette synagogue est salarié du Consistoire de Paris et placé sous l’autorité administrative de cette institution ainsi que sous l’autorité religieuse du Grand rabbin de Paris et du Beth Din de Paris.

Dans ce contexte, il est important de rappeler le communiqué publié par les Dayanim de France, dont les rabbanim rav Chéli, rav Yeboul et rav Melloul, et le Beth Din de Paris, dont chacun connaît la droiture, la rectitude et l’intégrité morale.

Ces autorités rabbiniques ont clairement ont rappelé avec fermeté le respect de l’autorité rabbinique et institutionnelle dans le fonctionnement normal d’une communauté organisée et déclarée.

EROUV NUL ET NON AVENU
Le principe d’autorité et de hiérarchie n’est pas une question secondaire : il constitue l’un des fondements indispensables à toute organisation sérieuse, qu’elle soit religieuse, communautaire ou civile. Sans respect des cadres établis, aucune institution ne peut durablement fonctionner.
Quelle que soit l’intention du Grand rabbin Moshé Lewin, chacun sait qu’en tant qu’ancien haut gradé de la gendarmerie, il connaît parfaitement l’importance de la discipline, de la hiérarchie et du respect des autorités compétentes. Ces principes sont essentiels au bon fonctionnement de toute structure, particulièrement dans le domaine communautaire et religieux.
Il est donc regrettable de voir cette affaire prendre aujourd’hui une tournure publique à travers les réseaux sociaux, les prises de position médiatiques et les polémiques diverses. Si demain chaque différend interne devait être porté sur la place publique par des campagnes médiatiques ou des pressions extérieures, aucune institution communautaire ne pourrait continuer à fonctionner sereinement, ni à Paris ni en province.
Pour notre part, malgré les nombreuses sollicitations reçues, nous ne souhaitons pas participer à cette escalade ni intervenir davantage dans ce conflit. Le Grand rabbin Moshé Lévin dépend d’une hiérarchie rabbinique et institutionnelle ; il appartient donc aux autorités compétentes de traiter cette situation dans le respect des règles établies.
Nos Sages nous ont toujours mis en garde contre les makhlokoth, les dissensions communautaires, dont les conséquences sont souvent lourdes et douloureuses.
L’exemple de Kora’h, qui refusa de se soumettre à l’autorité de Moché rabbénou, demeure à ce titre un enseignement éternel sur les dangers de la division et de la contestation de l’autorité légitime.
C’est pourquoi nous appelons chacun à la prudence, à la retenue, au respect des institutions et à la préservation de l’unité communautaire, dans un esprit de responsabilité et de dignité.

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