Ehud Barak n’est pas au‑dessus des lois de l’État juif. Nous devons refuser l’impunité des élites, Barack doit être mis face à ses actes, devant la justice israélienne, comme n’importe quel citoyen.
Professeur Michael Ayache
Pendant des années, Barak a cultivé une relation politico‑financière intime avec Jeffrey Epstein, délinquant sexuel condamné et prédateur notoire, au point d’en faire un partenaire, un intermédiaire et un investisseur clé de ses affaires. Il a reconnu que l’argent d’Epstein a irrigué ses projets même après la condamnation de ce dernier, via des structures opaques et des montages qui soulèvent des questions explosives sur l’éthique, le jugement et la vulnérabilité potentielle d’un ancien Premier ministre aux pressions ou au chantage.
Pour un camp national attaché à la dignité de l’État juif, le simple fait qu’un ex‑chef du gouvernement ait accepté des millions d’un tel personnage suffit à exiger une enquête pénale totale : flux d’argent, contreparties, influences et éventuelle corruption.
Mais le dossier Barak ne se limite pas à la honte Epstein. En 2023, en pleine bataille sur la réforme judiciaire, il choisit délibérément de fracturer la cohésion nationale en appelant à la « désobéissance civile » contre un gouvernement élu par la majorité du peuple. Il décrit le régime comme une « dictature de facto », parle d’un « contrat rompu » et pose comme « obligation » pour les citoyens de désobéir, légitimant ainsi le refus de servir, la paralysie institutionnelle et la rébellion organisée dans la rue contre un cabinet sorti des urnes. Dans un pays encerclé, dépendant de ses réservistes, cet appel n’est pas une simple opinion : c’est une incitation directe à fragiliser Tsahal et à briser l’unité de l’arrière‑front.
Les immenses manifestations contre la réforme, nourries par ce discours, ont envoyé au monde – et donc aux ennemis d’Israël – l’image d’un État au bord de la rupture, avec une armée présentée comme prête à la grève politique et une élite militaire et économique travaillant à délégitimer son propre gouvernement. Personne ne peut prétendre prouver juridiquement que Barak aurait « voulu » le 7 octobre ; mais il est impossible, dans une perspective responsable, d’ignorer que sa stratégie de délégitimation radicale, ses appels au refus de servir et sa rhétorique de « dictature » ont contribué à un climat de vulnérabilité perçue que le Hamas et l’axe iranien ont très bien su lire. Cela suffit à justifier une commission d’enquête et, si nécessaire, des poursuites pour incitation et atteinte à la résilience nationale en temps de danger.
Depuis le 7 octobre, loin de faire amende honorable, Barak a poursuivi la même logique : attaquer frontalement la conduite de la guerre, accuser le gouvernement de « plonger Israël dans le bourbier de Gaza », réclamer des élections anticipées en pleine campagne, pousser des plans alignés sur les desiderata américains et européens – force inter‑arabe à Gaza, rôle accru de l’Autorité palestinienne, marginalisation de la droite sioniste au sein du cabinet. Chaque interview dramatique, chaque tribune décrivant un « échec total » est immédiatement recyclée par les adversaires d’Israël pour exiger un cessez‑le‑feu, des concessions sur les otages et un arrêt prématuré de la guerre avant l’écrasement du Hamas. Barak se comporte en relais intérieur des agendas extérieurs, prêt à affaiblir la position de négociation d’Israël et la détermination de la nation tant que cela rapproche de son objectif : renverser un gouvernement de droite qu’il exècre.
Au total, on a devant nous un ancien Premier ministre qui a accepté l’argent et la proximité d’un prédateur sexuel notoire, appelé à la désobéissance contre un gouvernement élu, sapé la cohésion des réservistes, théorisé la rupture avec le régime démocratique et, en pleine guerre existentielle, s’est érigé en porte‑voix des pressions internationales contre la position ferme d’Israël. La moindre des choses, dans un État juif sûr de lui et de son droit, est de le convoquer par la justice, d’exiger des réponses sous serment et de vérifier s’il n’a pas franchi les lignes rouges de la corruption, de l’influence illégitime et de l’incitation dangereuse. La souveraineté du peuple et la sécurité d’Israël valent plus que la réputation d’un ex‑Premier ministre : Ehud Barak doit rendre des comptes.



























