La criminalité arabe en Israel instrumentalisée par l’opposition et la gauche est un danger sécuritaire et une complicité terroriste sapant la souveraineté de l’Etat juif.
Professeur Michael Ayache – illustration : Raleb Majadele, ministre arabe de 2007 à 2009.
La gauche israélienne ne s’est pas seulement trompée de diagnostic sur la criminalité arabe : elle a choisi, consciemment, de transformer ce fléau en levier politique, au prix de la sécurité des citoyens et de la souveraineté juive de l’État. Elle sait qu’en l’état des choses, elle n’a presque aucune chance de revenir au pouvoir sans s’adosser aux partis arabes, et elle a donc bâti une stratégie qui repose sur la blanchiment systématique des élites arabes – municipales et parlementaires – même lorsqu’elles ferment les yeux sur les gangs, les milices et la glorification du terrorisme. Aux yeux d’une large partie du public juif, cela ressemble chaque jour davantage à l’ouverture d’un couloir institutionnel à une véritable cinquième colonne au cœur même du système politique.
Pendant que 252 Arabes sont assassinés en 2025 – l’année la plus sanglante de l’histoire de la société arabe en Israël – la gauche et l’extrême gauche répètent en boucle les mêmes mantras : « discrimination policière », « racisme systémique », « échec du gouvernement de droite ». Elles ne parlent presque jamais de maires qui font affaire avec les clans, de conseillers municipaux qui se laissent intimider par les familles criminelles, de députés arabes qui, depuis la Knesset, refusent de condamner clairement le Hamas et saluent la « victoire de Gaza ». Elles ont troqué l’exigence de responsabilité contre une alliance électorale fragile, dans laquelle la criminalité n’est plus une menace à éradiquer mais un décor commode pour accuser le camp national.
Naftali Bennett et ses imitateurs du centre ont joué un rôle tout aussi destructeur. Au nom de la soi‑disant « normalisation » et d’une nouvelle politique de « partenariat judéo‑arabe », ils ont brisé un tabou essentiel : celui de donner à des partis arabes, dont une partie ne reconnaît pas le caractère juif de l’État, un rôle pivot dans la formation des gouvernements. La coalition Bennett‑Lapid a habitué une partie de la gauche à l’idée que l’on pouvait gouverner Israël en s’adossant à ceux qui, dans la rue, se taisent face aux gangs ou applaudissent les victoires du camp de Gaza. Ce précédent a envoyé un message clair à l’électorat arabe : vous pouvez continuer à entretenir une culture de refus, à tolérer les milices et à glorifier les « martyrs », et en même temps devenir les faiseurs de roi à Jérusalem.
Dans cette logique, la criminalité arabe devient pour l’opposition un outil politique à double usage. D’un côté, on dramatise – à juste titre – le nombre de morts pour accuser le gouvernement actuel, en particulier Ben‑Gvir, de « négligence », de « mépris » et d’« incitation ». De l’autre, on passe sous silence la responsabilité écrasante des élus arabes dans l’effondrement de la gouvernance dans leurs localités, car ces mêmes élus sont les partenaires indispensables pour espérer une majorité. On ne peut pas, d’un côté, brandir les 252 morts comme une preuve de l’échec de la droite, et de l’autre refuser d’exiger des maires, des conseillers municipaux et des députés arabes qu’ils prennent enfin la tête d’une guerre totale contre les familles criminelles qui contrôlent leurs rues.
La coalition de droite du gouvernement ne se trompe pas sur le danger quand elle met des mesures pour lutter contre la criminalité arabe : car des armes automatiques circulent librement, des organisations criminelles infiltrent les municipalités, des jeunes arabes grandissent dans un environnement où l’honneur se lave au sang – et tout cela dans un secteur dont les dirigeants politiques s’affichent dans des rassemblements où l’on chante « Gaza a gagné et Gaza gagnera ». Dans cet environnement, l’alliance structurelle de la gauche avec les partis arabes n’est pas seulement une faute morale, c’est une menace stratégique. Elle place au cœur du futur gouvernement des forces dont une partie de la base considère encore le terrorisme comme une « résistance »,et qui voient dans chaque opération de police une « agression contre la communauté ».
C’est précisément ce que Ben‑Gvir et Chikli dénoncent, chacun à leur manière. Ben‑Gvir rappelle que la vague de meurtres dans la société arabe ne s’arrête pas aux frontières des localités arabes : les mêmes armes qui tuent des jeunes à Nazareth ou à Umm al‑Fahm peuvent, sur ordre, être braquées demain contre des civils juifs. Pour lui, tolérance zéro signifie soutien total aux policiers qui osent tirer sur des criminels armés, confiscation massive d’armes illégales, pénétration des services de sécurité dans les bastions criminels et démantèlement sans pitié des clans. Chikli, lui, met le doigt sur la racine idéologique : une société qui érige en héros des admirateurs de meurtriers, qui vote pour des dirigeants criant « Gaza vaincra », ne peut pas prétendre ensuite s’étonner de la culture de meurtre qui ravage ses propres rues.
Face à ce discours de vérité, l’opposition de gauche et de centre s’accroche à ses éléments de langage. Elle dénonce « l’incitation », « le racisme », « la délégitimation des Arabes », alors que ce qui est visé, ce ne sont pas les citoyens arabes eux‑mêmes, mais une élite politique qui a appris à prospérer dans le chaos. Plutôt que de soutenir une politique de force contre les gangs, elle préférerait voir Ben‑Gvir échouer, quitte à laisser la spirale de violence se poursuivre, pour pouvoir ensuite dire : « Vous voyez, la droite n’a rien réglé ». La criminalité devient alors la monnaie d’échange d’un jeu cynique : plus il y a de morts, plus il est facile d’attaquer le gouvernement ; plus le gouvernement durcit le ton, plus il est facile d’accuser la droite de fascisme et de rallier l’électorat arabe.
La majorité juive du pays, elle, comprend très bien ce qui se joue. Elle voit d’un côté des partis arabes dont une part non négligeable de la base considère Israël comme un « projet colonial » et refuse son caractère juif ; de l’autre, une gauche prête à leur offrir un rôle clé dans la formation d’un gouvernement, sans exiger des conditions claires en matière de loyauté, de lutte contre le crime et de rejet explicite du terrorisme. Elle entend les slogans, elle voit les drapeaux, elle lit les déclarations ambiguës, et elle en tire une conclusion simple : on ne confie pas la sécurité et l’identité nationale à ceux qui sont prêts à brader la majorité juive et à s’appuyer sur une cinquième colonne potentielle pour remplacer le gouvernement.
C’est pourquoi le camp national affirme, plus fermement que jamais, que la lutte contre la criminalité arabe et la défense de l’État juif sont indissociables. On ne peut pas restaurer l’ordre dans les villes arabes en s’alliant avec ceux qui trouvent mille excuses aux criminels et qui voient des « résistants » dans les terroristes. On ne peut pas protéger les citoyens juifs et arabes loyaux en laissant les réseaux politiques arabes – municipaux et parlementaires – continuer à jouer les victimes tout en couvrant les milices. Et on ne peut certainement pas sauver la démocratie israélienne en donnant les clés de la coalition à ceux qui, dans le meilleur des cas, regardent la destruction de l’État juif avec indifférence, et dans le pire, la souhaitent.
La souveraineté juive n’est pas négociable, ni avec les gangs, ni avec ceux qui vivent politiquement de leur existence. La criminalité arabe doit être écrasée par la loi, par la police, par les services de sécurité, et la classe politique arabe doit être mise face à un choix : se dresser franchement contre les criminels et contre le terrorisme, ou être traitée pour ce qu’elle est devenue – un relais politique d’un désordre qui menace l’État juif de l’intérieur. La gauche et Bennett peuvent continuer à rêver de coalitions fragiles bâties sur ce socle instable ; la majorité juive, elle, a déjà compris que seul un camp national fort, assumé et déterminé peut faire face à ce double danger : celui des armes dans les rues arabes et celui de leur exploitation dans les couloirs du pouvoir.






















