
Le doyen de la Knesset a bénéficié d’une immunité lors des attaques de Bennett contre les orthodoxes. Est-ce un hasard ? Gafni reste silencieux face aux calomnies de Bennett. A-t-il des problèmes d’audition ? Le signal envoyé par Gafni à Netanyahou devient de plus en plus clair, et au bureau du Premier ministre, l’inquiétude est vive.
JDN – Israël Zeev Leventhal – Photo : Flash 90
Au bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahou, on se penche depuis quelques jours sur une question des plus préoccupantes : un axe secret est-il en train de se tisser entre Naftali Bennett et le président de « Degel HaTora », le député Moshé Gafni ?
À Jérusalem, on a écouté attentivement les récentes interviews accordées par Bennett à tous les médias généralistes (à l’exception de la chaîne 14), et un nom manquait cruellement à l’appel. Bennett, qui pèse chaque mot et répète ses messages avec ses conseillers, a systématiquement ignoré le nom d’un chef de parti de la coalition.
Peu importe la question, Naftali s’est appliqué à réciter les mantras dictés par ses nouveaux conseillers. Il savait quand attaquer Netanyahou sur ses échecs et quand s’en prendre aux orthodoxes (‘Harédim) avec virulence. Comme il l’a lui-même admis par le passé, « taper sur les ‘Harédim » est une tactique connue pour gagner des mandats. Ainsi, même interrogé sur son propre bilan, il parvenait à détourner la question pour accuser les orthodoxes dont le manque d’implication militaire causerait, selon lui, la perte de soldats au front.
Dans ses propos, il citait toujours Netanyahou, Smotrich, Goldknopf et Deri. Mais le nom de Moché Gafni, il a « omis » de le mentionner, interview après interview. Alors que le bureau du Premier ministre tentait de déterminer s’il s’agissait d’un hasard, Moshé Gafni a soudainement accordé une interview à un média ultra-orthodoxe, créant la surprise en « attaquant » Bennett tout en révélant qu’une rencontre avait été prévue entre eux, avant d’être annulée par ce dernier à la dernière minute.
Lire entre les lignes
Lors de son entretien sur la radio Kol Berama, Gafni a déclaré : « Bennett m’a appelé quand il a décidé de se présenter et a voulu me rencontrer. Nous avions fixé un rendez-vous. Cet homme n’a aucune parole, il n’est pas venu car il a compris qu’il n’avait pas sa place près de nous et a décidé de choisir une ligne anti-‘Harédim. »
Il faut écouter attentivement ce qui se dit entre les lignes. Le doute n’est plus permis : si Gafni a accepté de rencontrer Bennett, et qu’il est prêt à le déclarer officiellement, cela prouve que quelque chose se trame.
Alors que beaucoup pensaient que les attaques de Bennett feraient sortir les orthodoxes de leurs gonds, on constate que chez Degel HaTora, on a su encaisser sans répondre. Beaucoup se sont étonnés du silence de Gafni face aux incitations de Bennett, alors qu’il a violemment attaqué Yoaz Hendel pour un enregistrement bien moins significatif.
Le drapeau de la Tora face à l’échéance électorale
Si l’on relie les points, le tableau se précise. Degel HaTora n’a qu’un seul drapeau : la Tora. Si le parti termine son mandat actuel sans avoir régularisé le statut des étudiants en Yechiva, il sera en grand danger électoral.
Gafni est conscient de la déception de sa base. Mais face à lui se dresse un Netanyahou rongé par l’inquiétude, craignant que le vote de cette loi (surnommée « loi de l’insoumission » par ses opposants) ne nuise électoralement au Likoud.
C’est cette possible reculade de « Bibi » que craint Gafni, et il prépare déjà « l’après ». Tandis que Bennett crie sur tous les toits qu’il « enrôlera tous les ‘Harédim » dès son premier jour au pouvoir, Gafni construit des voies de contournement médiatique.
Le plan de secours
En résumé : si le statut des étudiants de la Tora n’est pas réglé prochainement, Netanyahou pourrait bien ne voir le bureau du Premier ministre que de l’extérieur. Les promesses électorales de Bennett s’évanouiront sitôt les urnes fermées. Ce même Bennett, qui a siégé avec Mansour Abbas et couronné Yaïr Lapid, pourrait courir chez Gafni et signer un chèque en blanc pour satisfaire toutes les exigences orthodoxes en échange du pouvoir.
Le plan B de Gafni a-t-il été révélé par erreur ? Bennett a-t-il « oublié » Gafni par hasard ? Il est difficile de croire que deux vieux loups de la politique aient commis une telle bévue. Gafni ne cache plus son mécontentement face aux promesses non tenues de Netanyahou et lui envoie un message clair : « Attention, tu n’es pas notre seule option après les élections. Tu ferais bien de faire le bon choix, et vite. »























