Le Contrôleur de l’État contre les juges : bataille autour de l’enquête sur les défaillances du 7 octobre

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Le Contrôleur de l’État, Matanyahu Engelman (notre photo), s’est présenté à une audience tendue devant la Cour Suprême pour exiger l’autorisation d’achever son enquête sur les défaillances du 7 octobre, tout en critiquant vivement les restrictions qui lui sont imposées : « Chaque jour de retard porte préjudice au public. »

JDN

Une confrontation inhabituelle a eu lieu aujourd’hui à la Cour Suprême lorsque le Contrôleur de l’État, Matanyahu Engelman, a comparu en personne lors d’une audience portant sur sa compétence à enquêter sur les défaillances du 7 octobre. Il a formulé des critiques acerbes contre les limites imposées à son travail.

Au cours de l’audience, Engelman a souligné que son bureau agit dans le cadre de la loi et respecte une confidentialité totale, mais il a averti que le retard dans l’achèvement de l’examen nuit à l’intérêt public. « Nous demandons à remplir notre rôle dans la démocratie conformément à nos pouvoirs », a-t-il déclaré, ajoutant que « la situation actuelle crée une dépendance du Contrôleur vis-à-vis des entités mêmes qu’il est censé contrôler. »

Le Contrôleur a également révélé que des rapports précédents qu’il avait publiés — notamment sur la préparation de l’État face à la menace iranienne et sur le système de défense aérienne — n’avaient pas reçu le traitement adéquat. Selon lui, son bureau détient des réponses à des questions fondamentales, mais certaines nécessitent la présentation de documents classifiés, c’est pourquoi il a demandé la tenue d’une séance à huis clos.

Les doutes des juges

En face, les juges de la Cour Suprême ont exprimé des doutes quant à l’étendue de son autorité. La juge Daphna Barak-Erez a souligné qu’il existe une différence entre un contrôle administratif et une enquête approfondie, tandis que le juge Ofer Grosskopf a mis en garde contre une situation où le Contrôleur deviendrait de facto une commission d’enquête. Le juge Alex Stein a également soulevé des interrogations sur les limites de cette fonction.

Tension à l’intérieur et à l’extérieur

Le débat houleux ne s’est pas limité à la salle d’audience : à l’extérieur du tribunal, des familles endeuillées et des survivants de la captivité ont manifesté pour exiger la vérité. L’un des survivants a déclaré : « Nous méritons de savoir ce qui s’est passé », tandis que des parents endeuillés s’en prenaient violemment au système judiciaire.

Le contexte de cette audience est une requête ayant conduit à un gel partiel du travail du Contrôleur sur les questions de sécurité. Engelman prévient qu’il s’agit d’une « pente glissante » qui pourrait permettre à des responsables d’échapper à tout contrôle.

Selon lui, des centaines d’années-hommes ont déjà été investies dans ce travail de vérification, des milliers de documents ont été collectés et des centaines de réunions ont eu lieu. Il insiste sur le fait que son contrôle ne remplace pas une commission d’enquête étatique, mais qu’il est destiné à la compléter.

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