On attend les miracles…

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AUTOUR DE LA TABLE DE CHABBATh n° 529 Ki-Tissa suite de Pourim

Le-ilouï nichmat Renée bath Lucie/Léa (Renée Silberstein) tihié nichmata tserora bitsror ha’haim

On attend les miracles…

Nous sommes encore sous le charme des magnifiques journées de Pourim (et pour certains la réception de ce feuillet se fait durant le Pourim de Jérusalem), j’ai voulu continuer à vous faire partager ces Divré Tora liés à cette fête.

Mes lecteurs le savent, la Meguila est un texte saint qui retrace des évènements tumultueux qui se sont déroulés durant l’Empire Perse. A cette époque lointaine, le souci des dirigeants de Téhéran/Suze était d’exterminer un peuple innocent… si cela vous rappelle quelque chose... L’empire d’Assuérus s’étendait sur tout le monde civilisé, donc cet édit infâme visait l’éradication de tout le peuple (pas comme lors du 3ème Reich qui ne couvrait pas tout le globe). Durant ces années il n’y avait pas encore le drapeau étoilé qui flottait sur la Knesset de Jérusalem ni les partis sionistes qui auraient pu déclencher une réaction épidermique virulente de la Perse… Nous sommes donc obligés de conclure qu’il s’agissait d’une simple et profonde méchanceté portée à l’égard du peuple du Livre. Cela s’appelle dans notre lexique : l’antisémitisme (et cette digression n’est pas du tout fait pour disculper ce qui se passe de nos jours car personne n’est dupe : ce n’est juste qu’un jeu de mot où l’on inter change juif par sioniste, les résultats sont équivalents).

Les Sages de mémoire bénie nous l’affirment, lorsque le Tout Puissant a donné Sa Tora au Clall Israël au pied du Mont Sinaï cela déclencha une grande jalousie parmi les nations (jusqu’à ce jour) bien que Hachem avait d’abord proposé la Tora aux Nations, et qu’elles avaient lamentablement décliné l’offre. Cependant les faits sont là, le Clall Israël a accepté la Tora et devint un peuple saint, proche de Hachem véhiculant l’éthique et la justice provenant du Ciel. Or les nations et en particulier Amalek n’acceptent pas ce surplus de spiritualité dans ce bas-monde. La loi du plus fort gouverne les faits et gestes des humains, il n’y a pas de place pour la Tora de Hachem dans la société des hommes.

Haman, vice-roi de Perse, descend d’Amalek et fait partie de ces mêmes personnalités politiques qui font l’histoire en manigançant contre la communauté. Seulement mes lecteurs le savent : le Gardien d’Israël ne dort pas ni ne somnole… Et bien avant ses plans diaboliques de Haman, Hachem avait placé à la cour la tsadéketh Esther qui devint reine. De plus, juste avant l’ascension rapide de Haman, deux soldats de la garde prétorienne d’Assuérus (Bigtan et Terech) avaient comploté contre le roi. Par manque de chance, pour eux, Mordekhai a prêté attention à leurs paroles et a prévenu Esther de l’imminence d’un attentat. Esther prévint Assuerus en évoquant le nom de Mordekhai afin qu’il déjoue l’intrigue. Immédiatement après il enverra les deux compères à la potence tandis que le nom de Mordekhai sera jeté aux oubliettes… Seulement quelques années plus tard, au summum de la tragédie qui se préparait, Assuérus ne trouva pas le sommeil (tandis que le Gardien d’Israël ne somnole pas) et demanda à ses serviteurs qu’on lui lise les chroniques. Et c’est la première fois qu’on lui révéla que c’est Mordekhai qui avait sauvé sa majesté et qu’il n’avait pas était récompensé. Et grâce à cet événement, entre autres, il y a eu un retournement de situation extraordinaire. Du jour au lendemain l’ennemi implacable du Clall Israël se retrouva perdu avec ses dix fils sur la potence qu’il avait construite pour pendre Mordekhai !! Fin de la chronique.

J’ai entendu une intéressante question du rav Harrar chelita. Au moment où Mordekhai entend le complot de Bigtan et Térech contre sa majesté, pourquoi Mordekhai ne les a pas laisser agir à leur guise car Assuérus est un idolâtre invétéré et à son sujet il n’existe pas de Mitsva de le sauver (voir ‘Avoda Zara 26. : Lo ma’alim velo moridim). De plus, et certainement c’est le point le plus important, finalement Esther a été prise de force au palais donc la mort du tyran signifiait qu’elle recouvrait la liberté. Pourquoi Mordekhai n’a pas laissé faire le complot ?

Plusieurs (possibilités de) réponses sont données. Un première d’après la Guemara Meguila (13b) qui apprend du verset (ch 2,22) : « Et la chose fut connue de Mordekhai ». Que c’est l’esprit saint qui a dévoilé à Mordekhai la trame du complot. C’est-à-dire qu’il s’agissait d’une petite prophétie et certainement il lui a été dit aussi de prévenir le roi. (Cependant il existe un second avis que Mordekhai a été au courant des conversations secrètes entre Bigtan et Terech car il connaissait 70 langues, il faisait partie du tribunal de juges de Jérusalem, il a donc compris la langue des comploteurs (d’après ce deuxième avis, la question reste pertinente : pourquoi Mordekhai a fait capoter le complot ?).

Autre possibilité d’après le Midrach Rabba (Lekh-Lekha 39,12). Rabbi Yehouda enseigne que Mordekhai a pris exemple sur les grands de notre nation. Lorsque Ya’akov a rencontré Pharaon, il lui a donné son Chalom mais aussi il l’a béni afin que le Nil abreuve le pays ou encore lorsque Yossef est venu interpréter le rêve de Pharaon, il s’est exécuté mais a rajouté aussi toute une série de décrets pour que le pays pare au cataclysme des années de grande disette. Mordekhai a pris exemple sur nos Patriarches qui ont été bien au-delà de la stricte justice et ont tout fait pour aider de leur mieux la royauté en place.

Une dernière explication, c’est que puisque Esther était déjà au près du roi, Mordekhai avait compris qu’il s’agissait d’un grand miracle qui provenait de la Providence Divine. C’était certain qu’une grande délivrance devait en découler (sinon pour quelle raison Esther était devenue reine contre tous les pronostics) ? Donc il fallait sauver le roi.

Je finirais par un autre point à méditer : la chronique des événements. Lorsque Haman a effectué les tirages au sort (nous étions le 13 Nissan) pour connaitre la date d’extermination du peuple et c’est tombé 12 mois plus tard : le 13 Adar (de l’année suivante). Or Mordekhai est allé immédiatement voir Esther afin qu’elle intervienne sur le champ auprès d’Assuérus en faveur de la communauté. A son tour elle a exigé que le peuple face trois jours de jeûnes (à Suze) qui entraina l’annulation des Mitsvoth de Pessa’h puisque c’était le 14 Nissan, 15 (Séder de Pessa’h) et 16 Nissan). C’est seulement au bout de ces trois jours qu’Esther s’est rendue auprès du roi pour l’inviter avec Haman à son diner. D’après cette chronique, pourquoi Mordekhai a obligé Esther à se rendre au palais alors qu’elle n’avait pas été conviée à venir ? Or il existait une loi que tout celui qui se rendait dans les appartements privés du roi sans avoir été convié était passible de mort (on ne rigolait pas du tout à Téhéran à l’époque…). Or Mordekhai avait devant lui une année entière pour déjouer le complot : pourquoi un si grand empressement qui mettait en péril Esther ? La question est assez forte et je vous demande un arrêt sur image avant de continuer (et pour mes fidèles lecteurs qui lisent ce feuillet à leur table du Chabbath, qu’ils réfléchissent entre le couscous et les boulettes sur la perspicacité du problème).

La réponse qui est donnée par le rav Harrar chelitta de Bené Brak, ville des lumières, c’est que cela nous apprend que lorsqu’un homme a une Hit’orerout un engouement particulier ou une élévation d’âme spontanée, alors de suite il faut faire une action pour ne pas perdre cette opportunité. Comme nous étions aux prémices du décret scélérat l’effervescence était grande chacun parmi le Clall Israël était prêt à tout faire pour déjouer les plans de Haman. Mordekhai ne voulait pas que s’instaure une routine et que chacun se dise nous avons le temps d’agir, de plus Esther est au palais du roi…

D’autre part, il s’agissait de la survie du Clall Israël : c’est une Mitsva qui doit être accomplie dans le plus grand empressement (zerizouth).

 LE SIPPOUR

Notre superbe anecdote véritable est rapportée par le rav Gamliel Rabinowits chelita au sujet d’un Tsadik de Jérusalem, le rav Chemouel Téfilinsky zatsal. L’histoire remonte il y a 80 ans. A cette époque une très grande pauvreté régnait en Terre sainte. Une année, quelques temps avant la fête de Pessa’h, la maison de reb Chemouel était démunie de tout. Il n’y avait rien à proposer à la maisonnée pour préparer dignement les jours de fêtes. Ni habit, ni même nourriture (Matsoth, vin etc.). A l’époque, la majorité de la population juive de Jérusalem vivait de petits métiers et étudiait la Tora dans des conditions des plus précaires. Quelques jours avant Pessa’h arriva dans la maison du responsable d’une caisse d’entraides du vieux Jérusalem (le rav Aharon Katselboguen zatsal) une grosse somme d’argent pour l’aide aux familles de la ville. Cette « manne » provenait d’un généreux donateur habitant la Gola. Le bruit de cette aide se répandit dans la ville et tous les pauvres se rendirent auprès de reb Aharon. Reb Chemouel s’y rendit aussi pour recevoir sa part. Seulement avant de leur donner l’argent, le responsable demanda à ce que chaque père de famille signe une lettre dans laquelle il remerciait le donateur. Sur ce papier était mentionné que les familles demandaient au bienfaiteur qu’il continue son aide à l’avenir… Reb Chemouel lut attentivement la lettre, tourna la tête et déclara qu’il ne voulait pas signer un tel écrit, même au prix de perdre l’aide si indispensable pour les fêtes ! Il s’expliqua : « Comment je peux placer ma confiance dans ce donateur et lui demander que dorénavant ma subsistance dépende de sa main ? C’est vrai qu’en ce jour, je suis arrivé à un point où je n’ai rien à offrir à ma famille. Pour cela je suis prêt à recevoir une part de cette aide. Seulement, demander son appui pour le futur afin qu’il continue à me soutenir, ‘Hass vechalom, en aucune façon ! Ma parnassa (subsistance) dépend de la Main généreuse de D’ et pas des hommes ! » Sa décision était prise, il ne signerait pas. Le secrétaire, de bon cœur, rédigea une deuxième lettre dans laquelle il remerciait le donateur mais ne faisait aucune allusion aux jours futurs et à son aide potentielle.

Fin de l’anecdote. Cela nous montre comment les Tsadikim du Clall Israël envisagent les difficultés de l’existence en particulier celles de la parnassa.

Et on n’aura pas besoin de vivre à Jérusalem d’il y a 80 ans où vivaient alors de grands Tsadikim, pour avoir la certitude d’être aidé par Hachem. Même de nos jours cette même foi et la confiance en Hachem nous renforcent et nous protège.

Nous avons appris cette semaine plusieurs choses. Si parfois il y a des événements étonnants dans notre vie il faut y voir la Providence divine qui vient jalonner notre chemin. D’autre part lorsque nous avons une Mitsva /bonne action/élan du cœur à accomplir, nous devons la faire avec empressement et ne pas la repousser au lendemain.

Chabbath Chalom et à la semaine prochaine, si D’ le veut.

David Gold.

E-mail : dbgo36@gmail.com

Tél : 00 972 677 87 47.

Berakha d’encouragement à mon Roch Colell rav Elyahou Ullman chelita pour son travail de développement de l’étude de la Tora à Elad (ceux/celles qui veulent l’aider peuvent le contacter au 0527188478). 

Un super livre est en passe de sortir ces prochains jours de 56 Sippourim qui viennent nous renforcer, pour ceux qui veulent le commander 0556778747

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