Le journal néerlandais De Telegraaf révèle qu’un agent du Mossad d’origine néerlandaise a opéré pendant 15 ans au cœur des opérations les plus périlleuses contre le projet nucléaire iranien. Il s’agissait de l’un des atouts stratégiques les plus importants des services de renseignement israéliens en Europe.
Kol réga’ – Eli Klein
Un profil atypique : du nord des Pays-Bas à Téhéran
Dans le nord-est des Pays-Bas, près de la frontière allemande, résidait « Jonathan Moore » (pseudonyme), l’un des agents les plus précieux et mystérieux du Mossad. Selon les révélations du Telegraaf, cet espion néerlandais a agi pendant 15 ans au sein même du régime iranien pour saboter ses ambitions nucléaires.
Cette semaine marque également la publication de son livre, « L’espion du Mossad ». L’ouvrage révèle que ses voisins le croyaient simple homme d’affaires, directeur d’hôtel prospère et père de famille. Si cela était vrai en apparence, il était en réalité un « combattant sans couverture » (sous identité fictive totale), pilier du renseignement israélien sur le continent européen.
De la collection de coupures de presse à l’unité de renseignement
L’obsession de Moore pour Israël a débuté dès son adolescence. Il constituait en secret, dans son grenier, des albums détaillés de coupures de journaux sur les opérations de Tsahal — des archives qui s’y trouveraient encore aujourd’hui.
Après avoir immigré en Israël (Alyah) et s’être converti au judaïsme, il aspirait à intégrer une unité de commando. Cependant, il fut repéré par le département du renseignement militaire (Aman), qui identifia immédiatement une « mine d’or » : un Néerlandais polyglotte capable de voyager presque n’importe où dans le monde sans éveiller le moindre soupçon.
Des opérations de « l’Hôtel » aux missions de haut vol
En tant que directeur d’hôtel, le Mossad (surnommé « le Bureau ») l’a d’abord sollicité pour des appuis logistiques aux Pays-Bas après les attentats du 11 septembre 2001.
« Le travail pour ‘le Bureau’ n’a pas commencé par des missions de style hollywoodien, » confie-t-il. « Au début, je fournissais de l’aide simplement depuis mon hôtel. Progressivement, on m’a confié des missions plus complexes. »
Sous des dizaines de fausses identités d’homme d’affaires fortuné et d’investisseur international, Moore recevait des scientifiques et des militaires iraniens dans des restaurants de luxe et des clubs privés à travers le monde. Il a réussi à recruter des dizaines d’agents aux échelons les plus élevés du programme nucléaire iranien et du Corps des Gardiens de la révolution.
Renseignement critique et éliminations ciblées
Moore a participé à la collecte de renseignements cruciaux ayant mené à l’élimination de hauts responsables du trafic d’armes. « Ce qui m’aidait, c’était de penser aux civils innocents qui seraient sauvés grâce à l’interception de ces cargaisons d’armes », explique-t-il.
Par ailleurs, il a été impliqué dans les préparatifs de l’élimination du général iranien Qassem Soleimani, commandant de la Force Al-Qods, tué à Bagdad en janvier 2020 sous le premier mandat de Donald Trump.
Aujourd’hui, Moore considère son travail comme une mission suprême pour la défense de l’État d’Israël et de l’Occident contre le terrorisme et l’islamisme radical. Son histoire souligne l’importance vitale de disposer d’agents capables d’évoluer librement là où n’importe quel Israélien serait immédiatement identifié.



























