Les journaux criminels de nos jours

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À une époque où les mensonges font partie de la liberté d’expression, l’article criminel publié dans l’un des journaux les plus considérés au monde est infiniment dangereux. Même si des excuses sont publiées tout en bas de la page 19, la première impression reste gravée. Et cette impression est que l’État juif est un monstre.

Ynet – Ben-Dror Yemini 

Il semble que l’article publié la semaine dernière, véritable saleté journalistique, doive marquer un tournant pour un journalisme qui a sombré dans un gouffre moral sans précédent. Ce n’est pas que cet article soit le premier du genre. Cela fait des décennies que les médias fabriquent des accusations de crime rituel contre Israël. Mais cette fois, c’est le New York Times. C’est un journal qui était autrefois considéré comme un modèle pour tout journal et journaliste sérieux. Pourtant, cela fait bien longtemps que ce quotidien se situe ailleurs. Il n’y a aucun autre pays au monde qui fait l’objet d’articles en une appelant à sa destruction. C’est pourtant exactement ce qui s’est passé dans ce journal. Il a trouvé ses « Juifs de cour », à l’instar de Peter Beinart, qui, concernant le droit à l’existence d’Israël, adopte une position similaire à celle du régime des Ayatollahs en Iran.

La semaine dernière, il s’agissait d’un article de Nicholas Kristof affirmant que des Palestiniens avaient été violés en prison par des chiens entraînés par Israël. Il y a quelque chose d’exaspérant dans le simple fait de devoir réfuter de telles allégations. Qu’aurons-nous encore à réfuter ? Que les soldats de Tsahal utilisent le sang d’enfants palestiniens pour cuire les azymes de la Pâque ? Cela viendra aussi. Nous sommes en effet à une époque où les mensonges font partie de la liberté d’expression. Et même si demain ou après-demain ce journal publie un correctif ou des excuses, cela ne servira à rien. Car la majorité des lecteurs sautent les rectificatifs, qui sont souvent relégués en bas de la page 19. La première impression se fixe. Et l’impression est que l’État juif est un monstre. Oui, ce journal est devenu une version « éclairée » du Der Stürmer. C’est précisément la méthode pour justifier ces mêmes articles, dans ce même torchon, qui nient le droit d’Israël à exister.

Ce terrible journal, convient-il de le rappeler, avait publié en première page la photo d’une mère et d’un enfant squelettique, dans le cadre d’une campagne affirmant qu’Israël pratiquait la famine comme punition collective contre les malheureux habitants de la bande de Gaza. D’autres journaux « sérieux » s’étaient joints à la fête. Et la vérité ? Tout cela n’a jamais existé. Le groupe de médias The Free Press (FP) a publié une enquête sérieuse et approfondie qui a révélé le mensonge. Les 12 enfants utilisés par les journaux pour leurs unes – en premier lieu le New York Times – souffraient tous de pathologies préexistantes. Le journal a publié un correctif. Merveilleux ? Pas du tout. Car la plupart de ceux dont les yeux ont croisé la photo originale n’ont jamais été exposés au correctif. L’impression s’est installée.

À quel point cette enquête sur les « viols par des chiens » est-elle aberrante ? Kristof a mentionné qu’il s’était appuyé sur Euro-Med Human Rights Monitor. Si Kristof avait pris la peine de vérifier, il aurait découvert qu’il s’agit du bras armé du Hamas, dont le directeur est Ramy Abdu – qui a déjà publié un message sur « l’appétit insatiable d’Israël pour le sang des enfants palestiniens » – et dont le président est le professeur Richard Falk, un partisan notoire de la révolution khomeiniste, auteur de multiples déclarations antisémites, affirmant notamment que « le peuple juif a décidé de détruire la civilisation humaine ». Falk, il convient de le noter, est juif. Et il est à la tête de cette même organisation qui a également servi au Dr Lee Mordechai pour rédiger son infâme rapport sur un génocide. Et oui, Mordechai est juif lui aussi. Kristof s’est également appuyé sur un certain Shael Ben-Ephraim, qui a dû démissionner de UCLA sur fond de « comportement inapproprié », mais qui a lui-même propagé cette calomnie. Lui aussi est juif. Comme le dit le Talmud : « Ce n’est pas pour rien que l’étourneau est allé vers le corbeau, c’est parce qu’il est de son espèce ».

Cette fois, il faut avouer que c’est un peu différent. Car des journalistes, y compris non juifs, issus de grands médias, ont compris que le New York Times avait publié une accusation de crime rituel moderne, et des enquêteurs sérieux ont révélé de plus en plus de mensonges dans cet article qui se faisait passer pour une investigation. Et la protestation s’est effectivement propagée, incluant une manifestation de centaines, voire de milliers de personnes, qui s’est tenue vendredi devant le bâtiment du journal. Car nous le savons déjà : ce genre de calomnies à l’acte I encourage les hurlements contre Israël à l’Eurovision à l’acte II, qui se transforment en assassinats de Juifs à l’acte III. Et nous savons que le prochain attentat contre des Juifs n’est qu’une question de temps. Le New York Times ne pourra pas s’en laver les mains. Il a versé ce sang. Lui aussi.

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