Témoignages d’Iran : « Des corps entassés, des hommes armés partout, c’est l’enfer »

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Internet reste largement coupé, l’électricité est interrompue chaque soir dans de nombreuses villes, et les images peinent à franchir les frontières. Pourtant, malgré cette chape de silence, des témoignages glaçants continuent de filtrer.

Selon des habitants joints par brèves connexions ou via des proches à l’étranger, la répression est d’une brutalité extrême. Des sources médicales évoquent des hôpitaux saturés, des morgues pleines et des corps empilés faute de place. « Ce que le monde voit n’est qu’une fraction infime et filtrée de la réalité », confie un Iranien du nord-ouest du pays, joint brièvement grâce à une connexion Starlink.

Des témoins décrivent des tirs à balles réelles contre des civils non armés, des arrestations massives et des forces de sécurité circulant librement dans les rues. « Ils tirent sans distinction, comme si la vie humaine n’avait aucune valeur », raconte un autre habitant. Plusieurs témoignages font état de coupures volontaires d’électricité et de télécommunications, facilitant des opérations nocturnes particulièrement violentes.

La BBC Persian rapporte également une incapacité croissante des hôpitaux à faire face à l’afflux de blessés et de morts, faute de personnel et de moyens. Dans certaines villes, seuls quelques sites officiels et services bancaires restent accessibles, tandis que les réseaux sociaux et les applications de messagerie sont bloqués.

Malgré la peur, de nombreux témoignages évoquent une mobilisation populaire intacte, voire renforcée. Dans plusieurs villes, des slogans appelant à la chute du régime et au retour de la monarchie résonnent dans les rues. « Les gens sont unis comme s’ils s’étaient préparés toute leur vie à ce moment », affirme un témoin depuis le centre du pays.

Les témoignages convergent sur un point : l’ampleur réelle des violences reste impossible à vérifier de manière indépendante. Mais tous décrivent une même réalité — celle d’un pays plongé dans le chaos, où la répression s’intensifie à mesure que le régime tente d’étouffer une contestation qui ne faiblit pas. « C’est un massacre », résume l’un d’eux. « Un jour de jugement dernier. »

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