Colère au Liban après le discours de Naim Qassem : « Si vous voulez vous suicider, faites-le seul »

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La présidence libanaise affiche une forte opposition aux allusions à une intervention du secrétaire général du Hezbollah. Politiciens, journalistes et influenceurs lancent une attaque inédite : « Nous ne permettrons pas que le pays soit entraîné dans les guerres d’autrui »

JDN – David Feuchtwanger

Le discours du secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, dans lequel il a évité de prendre un engagement clair tout en affirmant que l’organisation « n’est pas neutre », a déclenché une vive polémique politique et publique au Liban. Bien que Qassem n’ait pas déclaré d’intervention immédiate dans un conflit régional, l’ambiguïté de son discours a suscité de vives inquiétudes quant à la possibilité que le Liban soit entraîné dans un nouveau conflit, contre la volonté de l’État.

Selon un reportage de la chaîne saoudienne Al-Hadath, des responsables de la présidence libanaise ont exprimé une colère inhabituelle après ce discours et ont clairement indiqué que « la menace d’ouvrir un front libanais franchit une ligne rouge ». D’après eux, la présidence ne permettra pas que les Libanais soient entraînés dans « les guerres des autres » et ceux qui tenteraient de le faire devront en répondre.

Des voix fortes se sont également élevées au sein de la classe politique. Le député phalangiste Sami Jumail a écrit sur le réseau X : « Si vous voulez protéger votre maître, allez à lui. Si vous voulez vous suicider, suicidez-vous seul, mais quittez le Liban. »

Une vague de railleries et de critiques a déferlé sur les réseaux sociaux. L’influenceuse libanaise Sabine Youssef a publié une vidéo dans laquelle elle s’en prend violemment à Qassem : « Ce discours sonne comme un âne, alors que la réalité est brutalement agressée. » Selon elle, ses discours révèlent « une fermeté affichée et une peur existentielle dissimulée ».

Des journalistes et des personnalités publiques se sont joints aux critiques. Le journaliste Simon Abou Fadel s’est interrogé sur la façon dont un religieux « met en danger son peuple et sa famille sans crainte de D’ », tandis que le député Michel Mouaoud a accusé Qassem de « placer le Liban au service du régime iranien au détriment de la vie des Libanais ».

Dans son discours, Qassem a affirmé que les menaces contre le dirigeant iranien représentaient une menace pour « des millions, voire des dizaines de millions de croyants », et a clairement indiqué que le Hezbollah était déterminé à se préparer à toute éventualité. Il a toutefois souligné que la date et la nature de l’opération seraient déterminées « en temps voulu », de manière « appropriée » et conforme aux intérêts – une déclaration qui a encore accru les craintes d’une future escalade au Liban.

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