Le début de la fin ? La stratégie qui menace le Hamas plus encore que Tsahal

0
42

Ma’ariv – Lieutenant-colonel (rés.) Amit Yagur

Le centre de gravité de la campagne est passé des armes à la population : le Hamas puise sa force dans le contrôle civil. Le plan Trump, la relocalisation et la pression américaine visent à détacher la population de l’organisation — une démarche qui pourrait ébranler la survie même du mouvement à Gaza.

La deuxième étape du plan du président américain Donald Trump, qui s’est ouverte ces jours-ci, marque le début d’un changement profond pour l’organisation que nous appelons le « Hamas ». Les objectifs de guerre d’Israël sont clairs : le démantèlement des capacités militaires et gouvernementales du Hamas. Si ses capacités militaires ont été durement touchées, le Hamas tente déjà de se reconstruire.

Qu’est-ce qui est le plus important aujourd’hui : la gouvernance ou les armes ?

À l’heure actuelle, la source de pouvoir du Hamas n’est plus seulement son arsenal militaire, mais surtout la population palestinienne qu’il contrôle :

  1. Recettes fiscales : Cruciales pour sa survie, surtout si le « cordon ombilical » iranien est sectionné.

  2. Dissimulation : La capacité de se fondre dans la population est vitale pour reconstruire sa force militaire sous couvert civil.

  3. Main-d’œuvre : Un réservoir constant de nouvelles recrues pour sa branche armée.

Le Hamas cherche à préserver son implication dans la sphère civile. Le modèle est celui du Hezbollah au Liban : un « État dans l’État ». Bien que le Hamas prétende vouloir transférer la gestion civile à un comité technocratique, ce n’est qu’un masque destiné à l’opinion publique occidentale. Avec plus de 50 000 employés (enseignants, policiers, ingénieurs) dépendant de lui, le futur comité n’aura d’autre choix que d’employer des membres du Hamas.

Vers une relocalisation de la population ?

Malgré ses plans, le Hamas fait face à un problème majeur : l’ampleur de la destruction à Gaza. Le territoire est dévasté à un point tel qu’il ne permet plus de conditions de vie décentes.

Toute reconstruction nécessitera objectivement l’évacuation de la population. Les plans américains évoquent désormais une « relocalisation temporaire ». Les options incluent le déplacement vers des zones sécurisées (comme une future « ville verte » à Rafah) ou l’émigration volontaire hors de la bande de Gaza.

Le plan américain propose notamment :

  • Une prime de 5 000 dollars pour chaque Palestinien choisissant de partir.

  • Des subventions de loyer pendant quatre ans dans le pays d’accueil.

  • Un « jeton numérique » (token) pour les propriétaires terriens, représentant la valeur de leur bien immobilier pour financer une nouvelle vie ailleurs.

L’ouverture du passage de Rafah : Le déclencheur

L’ouverture du passage de Rafah dans les deux sens, conformément au plan Trump, devrait être le déclencheur de la sortie de la population du contrôle du Hamas. Cela briserait le modèle « Hezbollah » que l’organisation tente d’imposer.

Face à cela, plusieurs scénarios se dessinent :

  • Le Hamas tente d’empêcher les départs par la force, provoquant une intervention de Tsahal.

  • Une division interne au Hamas entraînant l’exil volontaire de nombreux cadres.

  • Le Hamas reste seul dans ses zones, sans population pour se dissimuler ou se financer.

La compréhension américaine

Récemment, le département du Trésor américain a imposé des sanctions à six associations caritatives opérant à Gaza. Sous des noms innocents, ces organisations servaient en réalité à transférer des fonds de l’Europe vers la branche armée du Hamas.

Le fait que les États-Unis traitent ce dossier montre qu’ils comprennent désormais que le véritable pouvoir du Hamas réside dans son emprise civile. Pour éliminer le Hamas, la stratégie semble désormais passer par la « neutralisation » de son utilité sociale et civile, rendant l’organisation superflue aux yeux de la population.

Aucun commentaire

Laisser un commentaire