La nouvelle arme iranienne fait trembler

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L’Iran a franchi une nouvelle étape dans le développement et le déploiement de son arsenal balistique avec la mise en service opérationnelle du missile KhorMashhar-4. Selon des informations diffusées par les médias d’État, ce système a été installé dans des infrastructures souterraines appartenant aux Gardiens de la révolution, communément appelées « villes de missiles ». Ces installations, creusées en profondeur, sont conçues pour protéger les capacités stratégiques du pays et garantir leur disponibilité en cas de conflit.

Présenté publiquement pour la première fois au printemps 2023, le KhorMashhar-4 — également désigné sous le nom de « Khyber » — appartient à la catégorie des missiles balistiques à moyenne portée. Sa portée annoncée d’environ 2 000 kilomètres lui permet théoriquement d’atteindre des cibles dans l’ensemble du Moyen-Orient. Les autorités iraniennes affirment que ce programme s’inscrit dans une doctrine strictement défensive, destinée à dissuader toute attaque extérieure.

L’un des éléments les plus marquants de ce missile réside dans ses performances annoncées. D’après les données relayées par la presse iranienne, le KhorMashhar-4 atteindrait des vitesses extrêmement élevées, jusqu’à seize fois la vitesse du son en phase exo-atmosphérique, et environ Mach 8 lors de sa rentrée dans l’atmosphère. Cette vélocité réduirait considérablement le temps de vol, estimé entre dix et douze minutes pour des cibles situées à longue distance, compliquant ainsi toute tentative d’interception.

Autre caractéristique notable : la charge militaire. Le missile serait capable d’emporter une ogive d’un poids compris entre 1,5 et 1,8 tonne, ce qui en ferait l’une des plus lourdes officiellement reconnues dans l’arsenal balistique iranien. Plusieurs analyses estiment que cette capacité permettrait l’emport d’ogives conventionnelles particulièrement destructrices, voire de charges multiples, bien que Téhéran ne communique aucun détail précis à ce sujet.

Sur le plan technologique, le KhorMashhar-4 serait doté d’un système de guidage combinant navigation inertielle et corrections satellitaires, dans le but d’améliorer la précision par rapport aux générations précédentes de missiles iraniens. Des sources ouvertes évoquent également la possibilité d’une ogive séparée, se détachant du corps principal lors de la phase finale, une configuration destinée à réduire la vulnérabilité face aux systèmes antimissiles.

La question de l’efficacité de ces systèmes a été partiellement illustrée en juin 2025, lorsqu’un missile de ce type aurait été lancé en direction du territoire israélien lors de l’opération Kalavi. Selon les informations disponibles, l’engin a été intercepté par le système de défense antimissile Arrow 3, démontrant à la fois les progrès iraniens et la capacité de riposte israélienne.

Parallèlement, des rumeurs persistantes évoquent le développement d’une version améliorée, parfois appelée « KhorMashhar-5 », qui disposerait d’une portée accrue. Aucune confirmation officielle n’a toutefois été apportée. Le chef d’état-major iranien, le général Seyyed Abdolrahim Mousavi, a récemment déclaré que l’Iran poursuivait la modernisation de ses systèmes balistiques « sur tous les plans techniques », soulignant l’importance stratégique accordée à ce programme dans un environnement régional de plus en plus instable.

Jérémie de Jforum.fr

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