En raison de l’impasse sur la loi d’exemption de service militaire, le président du parti Shas aurait transféré une partie de ses responsabilités au député Yinon Azoulay pour se retirer dans le Nord pour des jours de prière. Des sources au sein des factions orthodoxes estiment que la crise est perçue comme un échec personnel.
Walla – Avi Solomon
La loi sur l’exemption de conscription est dans une impasse totale, et la pression sur la direction orthodoxe se concentre désormais sur l’échelon politique le plus élevé. Selon des rapports issus du secteur, le président de Shas, Aryeh Deri, a transféré ces derniers jours une partie de ses pouvoirs au député Yinon Azoulay et s’est rendu dans le nord du pays pour des journées de prière et de jeûne. Des sources orthodoxes estiment que Deri réalise que cette crise est perçue comme unn échec personnel. Pour la première fois depuis des années, les dirigeants des partis orthodoxes peinent à présenter à leur électorat un accomplissement concret sur le sujet le plus central de leur agenda.
Le blocage des négociations
Les négociations sur la formulation de la loi sont bloquées après que le conseil juridique de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense a refusé de faire des compromis sur les principes fondamentaux du règlement. La conseillère juridique de la commission a précisé qu’elle n’accepterait aucune « zone grise » dans le texte et a posé une série d’exigences qui, pour les orthodoxes, dépassent largement le cadre qu’ils souhaitaient protéger. Parallèlement, le rôle du président de la commission, Boaz Bismuth, est devenu marginal après son absence lors de débats dramatiques à la Knesset en début de semaine.
Un sentiment de frustration
La crise a éclaté concrètement la semaine dernière lorsque les partis orthodoxes ont compris que le texte de loi n’avançait pas. En conséquence, ils se sont abstenus de participer au vote nocturne sur la scission de la loi de finances, bien que la mesure ait finalement été adoptée. À ce jour, les écarts avec le conseil juridique restent entiers.
Des responsables soulignent une compréhension croissante : même un futur gouvernement de droite ne pourra pas faire passer une loi plus avantageuse que celle actuellement sur la table. À l’inverse, de nouvelles élections risqueraient d’élargir le cercle des personnes soumises à la conscription et d’augmenter le risque d’arrestations. Selon ces sources, sous le mandat de Deri, de nombreux jeunes orthodoxes sont devenus, pour la première fois, des « délinquants » de fait, où un simple trajet de routine peut se terminer par une arrestation.
Les trois points de discorde majeurs
Le conflit entre les partis orthodoxes et le conseil juridique de la commission porte sur trois sujets principaux :
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Le statut de la loi : L’exigence que la loi soit une disposition temporaire (Hora’at Cha’ah) et non un règlement permanent.
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Les sanctions : L’application de sanctions plus larges et plus efficaces que celles acceptées par les partis religieux.
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La supervision : Le rejet de la demandeorthodoxe de créer un comité de surveillance dédié, incluant des représentants religieux, pour examiner la préparation de Tsahal à l’intégration des recruesorthodoxes.
Les deux alternatives
Les partis orthodoxes font face à deux choix :
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Accepter les exigences juridiques : Voter une loi qu’ils considèrent comme extrême, tout en luttant pour annuler les ordres de conscription déjà envoyés.
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Rejeter les exigences : Avancer un texte sans le soutien du conseil juridique, ce qui entraînerait très probablement une intervention de la Haute Cour de Justice et une invalidation de la loi.
Malgré ces tensions, les analystes politiques estiment que le budget de l’État sera finalement approuvé avec le soutien des orthodoxes. Même si la Knesset devait être dissoute peu après, ces partis estiment qu’il n’est pas dans leur intérêt de faire tomber le budget et de renoncer aux acquis économiques qu’il contient.



























