Steffen Seibert, qui s’est distingué par son soutien public à Israël tout au long de la guerre, achèvera son mandat de quatre ans. Alexander Graf Lambsdorff, un homme politique libéral-conservateur doté d’une ligne pro-israélienne, sera nommé nouvel ambassadeur.
JDN – David Feuchtwanger
L’ambassadeur d’Allemagne en Israël, Steffen Seibert, s’apprête à quitter ses fonctions après un mandat de quatre ans, au cours duquel il est devenu l’une des figures diplomatiques les plus en vue à Jérusalem et Tel Aviv. Seibert, en poste depuis juillet 2022 et ancien porte-parole de la chancelière Angela Merkel, a marqué les esprits par sa maîtrise rapide de l’hébreu et sa présence publique active, documentant ses visites à travers le pays et parcourant même le « Chemin d’Israël » (Shvil Yisrael).
Tout au long de la guerre, Seibert a réaffirmé à maintes reprises l’engagement de l’Allemagne envers la sécurité d’Israël et son droit à se défendre, tout en s’impliquant dans les efforts diplomatiques pour promouvoir un accord sur les otages. Cependant, il n’a pas non plus hésité à exprimer des critiques dans certains cas. Sa présence lors d’une audience à la Haute Cour de Justice concernant la « clause de raisonnabilité », ainsi que la diffusion d’images de cette séance, avaient suscité des protestations de la part du ministère israélien des Affaires étrangères, qui y voyait une ingérence dans les affaires intérieures.
Le successeur : un poids lourd venu de Moscou
Sa place sera occupée par Alexander Graf Lambsdorff, qui était jusqu’à récemment ambassadeur d’Allemagne à Moscou — l’un des postes les plus sensibles de la scène européenne depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Lambsdorff est considéré comme une figure expérimentée de la scène internationale : il a occupé des postes clés à l’ambassade de Washington, au siège du ministère des Affaires étrangères à Berlin, et a été membre du Parlement européen ainsi que du Bundestag allemand, où il a siégé aux commissions de la défense et des affaires étrangères.
Le nouvel ambassadeur appartient au Parti libéral-démocrate (FDP), un parti de centre-droit libéral prônant le libre marché et l’approfondissement de la coopération internationale. Le parti est identifié à une ligne pro-israélienne marquée, incluant le soutien au renforcement des relations sécuritaires et économiques avec Israël ainsi qu’à la lutte contre l’antisémitisme et l’extrémisme islamiste en Allemagne. Parallèlement, il soutient la solution à deux États pour le conflit israélo-palestinien, une position classique au sein de l’establishment européen.
Lambsdorff, âgé de 59 ans et fils d’un ancien diplomate allemand, a par le passé exprimé son soutien à la reprise de contacts politiques sous supervision internationale, tout en émettant des réserves quant à l’existence d’un partenaire palestinien crédible à l’heure actuelle. Sa nomination en Israël, après un mandat particulièrement éprouvant à Moscou, reflète l’importance stratégique que Berlin accorde aux relations avec Jérusalem — tant sur le plan politique que dans les coopérations sécuritaires et économiques, dans un contexte de changements majeurs au sein du système de défense européen.

























