La guerre au Kotel

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Les Grands rabbins s’attaquent aux juges de la Cour suprême : « Vous n’êtes pas compétents pour décider »

À l’approche de l’audience à la Cour suprême (Bagatz), le Grand Rabbinat a déclaré que l’esplanade du Mur des Lamentations (Kotel) est une synagogue nécessitant une séparation totale entre hommes et femmes, et que le sujet n’est pas du ressort de la justice. Selon l’institution, modifier les arrangements actuels porterait atteinte à la tradition et aux sentiments des fidèles.

Ma’ariv – Avraham Bloch 

Le Grand Rabbinat d’Israël a déposé lundi une notification urgente et une décision halakhique (loi juive) auprès de la Cour suprême concernant les modalités de prière au Mur des Lamentations, en prévision des débats sur les pétitions relatives au « plan du Kotel ».

Dans ce document, soumis par l’avocat Doron Taubman, les Grands rabbins d’Israël, le rav David Yosef et le rav Kalman Bar, présentent une position religieuse selon laquelle l’esplanade du Kotel a le statut de synagogue. À ce titre, les règles de la Halakha doivent s’y appliquer, au premier rang desquelles la séparation stricte entre hommes et femmes.

La tradition contre l’intervention judiciaire

La notification souligne que, tout au long des générations, la « coutume du lieu » (Minhag HaMakom) a été préservée conformément à la tradition orthodoxe, et qu’aucune prière contredisant cette tradition n’y a jamais eu lieu. Les rabbins insistent sur le fait que modifier ces dispositions constituerait une offense aux sentiments des fidèles et briserait le caractère fédérateur du site. Ils ajoutent que la coutume n’est pas définie par un groupe minoritaire, mais par la majorité du public.

Le document avance également un argument juridique de non-recevabilité :

« La question des modalités de prière au Mur des Lamentations et des lois religieuses en vigueur ne relève pas de la compétence de cette honorable Cour ; le sujet en lui-même n’est pas justiciable. »

L’alternative de l’Arche de Robinson

Pour appuyer leur position, les rabbins rappellent qu’il existe une alternative : l’esplanade sud (zone de l’Arche de Robinson), où il est possible de prier selon d’autres coutumes, conformément aux décisions de justice antérieures. Selon eux, l’existence de cet espace annule toute nécessité de modifier les arrangements de l’esplanade principale.

Le dossier comprend également une lettre du rabbin du Mur des Lamentations et des lieux saints, le rav Shmuel Rabinovitch, décrivant les événements lors des néoménies (Roch ‘Hodech). Il y affirme que les activités de groupes organisés (tels que les « Femmes du Mur ») provoquent des émeutes, troublent l’ordre public et profanent la sainteté du lieu.

Une déclaration de fermeté

Le Grand Rabbinat a conclu par ce message : « Le Mur des Lamentations est le vestige de notre Temple ; ce n’est ni une propriété privée, ni une arène de manifestations. Nous attendons de la Cour qu’elle respecte la tradition millénaire d’Israël et qu’elle n’autorise aucune atteinte à la sainteté du lieu ni à l’unité des fidèles qui y prient. »

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