Les discussions à Genève ont repris cette semaine dans le cadre d’un second cycle en quinze jours. Il est important de rappeler que les cinq sessions de négociations du printemps dernier s’étaient enlisées, débouchant sur des frappes massives d’Israël et des États-Unis contre l’Iran, endommageant gravement son programme nucléaire. Ces nouvelles négociations réussiront-elles ?
Kol réga’ – Yanki Farber
Des sources iraniennes se sont plaintes du fait que les États-Unis n’ont pas précisé ce que Téhéran obtiendrait en termes d’allègement des sanctions en échange de concessions sur le volet nucléaire. Au minimum, selon ces sources, Téhéran réclame l’accès à ses revenus pétroliers — environ 6 milliards de dollars — actuellement gelés au Qatar sous restrictions américaines.
Des personnes impliquées dans les discussions du printemps dernier ont confié au Wall Street Journal que les États-Unis n’ont jamais publié les conditions d’un allègement des sanctions et que Washington a décidé que même les fonds déposés au Qatar resteraient hors de portée.
Exigence de démantèlement
Une source iranienne briefée sur les discussions de mardi a déclaré que les États-Unis continuent de marteler que Téhéran ne bénéficiera d’aucun allègement immédiat des sanctions dans le cadre d’un accord. Selon cette source, Washington exige le démantèlement des principaux sites nucléaires iraniens comme condition préalable à tout compromis.
Dimanche, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a tempéré les attentes : « Personne n’a jamais réussi à conclure un accord satisfaisant avec l’Iran », a-t-il déclaré. « Mais nous allons essayer. »
Richard Nephew, ancien négociateur sous les administrations Biden et Obama, a expliqué au Wall Street Journal que les capacités d’enrichissement de l’Iran ayant été lourdement frappées en juin dernier, Washington n’a que peu d’intérêt à faire des concessions majeures. « Ce qui est proposé à l’Iran ressemble à ce qui a été proposé au Venezuela : « Rendez-vous, et nous ne vous attaquerons pas » », a-t-il résumé.
Pression israélienne et dossier balistique
La Maison-Blanche est également sous la pression d’Israël pour inclure la limitation du programme de missiles balistiques iraniens dans les discussions. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a rencontré Donald Trump la semaine dernière, a affirmé dimanche qu’un accord significatif nécessiterait le démantèlement de l’infrastructure nucléaire et une restriction de la portée des missiles. De son côté, l’Iran a fait savoir qu’il ne discuterait du sujet des missiles qu’avec ses voisins régionaux.
Bien que l’Iran soutienne que son programme est civil, il reste le seul État non doté de l’arme nucléaire à avoir produit de l’uranium enrichi à 60 %, un niveau proche des 90 % nécessaires à la fabrication d’une bombe. On estime aujourd’hui que la majeure partie de son stock d’uranium est enfouie sous les décombres des sites détruits par les frappes américano-israéliennes de juin.
L’ultimatum de Trump
« Je ne pense pas qu’ils veuillent subir les conséquences d’un échec », a déclaré Donald Trump aux journalistes lundi soir, confirmant qu’il restait impliqué indirectement dans les discussions de mardi, lesquelles se sont achevées après 3 heures et demie de débats.
Alors que les discussions se poursuivent, le monde entier attend la décision finale de Trump : ordonner une nouvelle offensive ou laisser une dernière chance à la diplomatie.



























