Parallèlement aux négociations avec les États-Unis, l’Iran se prépare à une guerre totale. Téhéran renforce ses sites nucléaires, déploie des forces dans le détroit d’Ormuz et réprime violemment la nouvelle vague de contestation. Les dirigeants iraniens font pression sur le Hezbollah pour qu’il entre en conflit avec Israël en cas d’attaque.
JDN – Israel Zeev Löwenthal
Tout en tentant de parvenir à un accord nucléaire avec les États-Unis, les Iraniens mènent une course contre la montre pour se préparer à l’éventualité d’un effondrement des négociations, ce qui ouvrirait la voie à une offensive américaine contre des cibles du régime. Selon un rapport détaillé du Wall Street Journal, ces préparatifs touchent tous les aspects de la vie en Iran, du renforcement des fortifications militaires à la surveillance accrue des rues de Téhéran.
Renforcement des sites nucléaires
Des images en provenance d’Iran montrent le renforcement de sites nucléaires dont certaines entrées ont été recouvertes de sable pour prévenir les dommages causés par des missiles ou des bombes aériennes. Des photos satellites analysées par l’Institut pour la science et la sécurité internationale (ISIS) révèlent des travaux intensifs à Ispahan et dans le complexe de tunnels de « Har HaKardom » (la Montagne de la Hache). Le mouvement de camions et de bétonnières suggère un blindage des entrées avec du béton et de la roche pour contrer les frappes aériennes ou les raids de forces spéciales.
Restructuration du commandement
Farzan Sabet, chercheur à l’Institut de Genève, qualifie la situation de « menace militaire la plus grave pour l’Iran depuis la guerre Iran-Irak ». Par peur d’une campagne d’éliminations ciblées de sa hiérarchie — ce qui avait paralysé le pays lors du premier jour de l’opération « Am Kelavi » (Peuple fort comme un lion) — les Gardiens de la Révolution ont activé un mécanisme d’urgence déléguant les pouvoirs de commandement à des officiers de rang inférieur. Cette décentralisation vise à garantir la continuité opérationnelle même si le haut commandement est décapité.
Le détroit d’Ormuz et l’alliance russe
La marine des Gardiens de la Révolution a déployé des forces dans le détroit d’Ormuz, point de passage d’un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole. Des tirs d’essai de missiles de croisière ont été effectués. Fait notable : un navire de guerre russe a accosté aujourd’hui au port de Bandar Abbas pour un exercice naval conjoint prévu demain, à proximité du porte-avions américain Abraham Lincoln, malgré les avertissements du commandement central américain (CENTCOM).
Répression intérieure
Pour prévenir tout soulèvement, plus de 100 points de surveillance ont été installés dans Téhéran. Alors que le pays marque les 40 jours depuis le massacre de manifestants par le régime, plusieurs foyers de contestation ont été signalés. Dans certaines régions, les forces de sécurité n’auraient pas hésité à ouvrir le feu sur la foule.
Pression sur le Hezbollah et réponse d’Israël
Selon le journaliste Yossi Yehoshua, Téhéran exerce une pression intense sur le Hezbollah pour qu’il s’engage dans le conflit contre Israël si l’Iran est attaqué. Israël a envoyé un message ferme en retour : « Si vous intervenez, le coup sera cette fois-ci extrêmement douloureux ». L’état-major israélien surveille également de près les rebelles Houthis au Yémen, susceptibles de s’impliquer.
Déploiement massif des États-Unis
En réponse à cette tension, l’armée américaine a intensifié ses rotations aériennes. Ces dernières 48 heures, des renforts massifs ont atteint le Moyen-Orient :
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48 chasseurs F-16
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12 chasseurs furtifs F-22
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18 chasseurs furtifs F-35
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6 avions radars E-3G Sentry AWACS
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Environ 40 avions ravitailleurs
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Au moins un avion de renseignement stratégique RC-135V Rivet Joint



























