Il se définit lui-même comme le « défenseur des ‘Harédim ». À chaque incident, Yinon Magal est le premier à s’interposer : il dément les mensonges, dénonce l’incitation à la haine et remet les événements en perspective. Dans un entretien spécial, il livre sa vision intérieure et adresse un message surprenant à la jeunesse orthodoxe.
Né en 1969, il a quitté le camp non religieux pour arriver tout de même à respecter le Chabbath et la pureté familiale, après un séjour en Extrême Orient où il a vu un camarade juif se prosterner devant une statue païenne…
JDN – Yisrael Zeev Leventhal
Le « bouclier » des ‘Harédim
Yinon Magal n’hésite jamais à se ranger du côté du public orthodoxe, même en temps de crise. Lors d’une semaine particulièrement agitée, il présente sa doctrine : « Si ce n’était pas moi, quelqu’un d’autre le ferait », dit-il avec une apparente modestie.
Un parcours atypique
Interroger Yinon Magal demande d’aller droit au but. Comment est-il devenu celui qui fait rempart aux vagues de boue médiatiques et politiques déversées sur les ‘Harédim ?
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Ses racines : « J’ai grandi dans un foyer laïc, mais avec un grand amour pour le judaïsme », confie-t-il. Son père, bien que militaire convaincu que les ‘Harédim devaient servir dans l’armée, lui répétait : « Nous sommes plus proches des ‘Harédim de Brooklyn que du Druze qui sert avec nous à l’armée ».
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Son identité : Après un processus de retour à la religion (Techouva) entamé il y a trente ans, Magal se définit comme un « outsider » partout : « Je ne suis ni sefarade, ni sioniste-religieux, ni ‘Harédi. Je suis simplement un Juif qui veut relier ces mondes par la foi en D’. »
Pourquoi défendre les ‘Harédim ?
Magal utilise son pouvoir médiatique pour donner une voix à ceux qui, selon lui, ont toujours été sous la botte de l’élite : « Il y a tellement de haine envers les ‘Harédim, une critique constante comme celle que les Juifs ont subie en exil. J’ai pris sur moi d’être leur protecteur. Pendant des années, j’ai été le défenseur des implantations (en Judée-Samarie). Aujourd’hui, avec l’émission ‘The Patriots’, nous défendons tout le ‘Bloc de la Foi’ (Gush Emouni). »
L’audace face aux élites
Contrairement à certains représentants ‘harédim qui s’excusent ou s’expriment avec trop de retenue sur les plateaux, Magal assume une posture offensive :
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L’assurance de « propriétaire » : « Je suis Ashkenaze, j’ai servi dans l’unité d’élite Sayeret Matkal, j’ai étudié dans les lycées prestigieux de Jérusalem. Je fais partie de ceux à qui on a ‘volé l’État’. Je n’ai pas peur des studios ni des élites. »
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Unité du bloc : Bien qu’il soit pour la conscription de ceux qui n’étudient pas la Tora, il refuse de le faire par la haine ou la force. « Le bloc est plus important que tout. On paie le prix de notre alliance avec Netanyahu, mais je ne reviendrai pas dessus. »
Un « Showman » au service de la cause
Magal reconnaît que son style est décalé, mélangeant sérieux et désinvolture : « Je suis un acteur, un présentateur, un showman. Après être resté deux ans sans travail à la suite d’une période difficile, je n’ai plus rien à perdre. Je veux que la communication soit intéressante, drôle et courageuse. Montrer qu’il est cool d’être religieux. »
Les enjeux de 2026 : Loi sur la conscription et Iran
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La loi sur le recrutement : « Nous sommes dans des jours fatidiques. Il faut ramener le calme et l’ordre, sinon la situation sera très grave. La majorité de la coalition soutient la loi. »
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Le prix politique : À la question de savoir si les attaques cesseraient si les ‘Harédim rejoignaient la gauche, il répond : « C’est possible. Ils paient le prix fort pour leur fidélité au bloc de droite. »
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L’Iran : « C’est une affaire immense. J’espère que nous saurons frapper fort et intelligemment pour qu’ils ne puissent plus nous nuire. Les États-Unis sont totalement impliqués dans l’événement. »
Message aux jeunes ‘harédim
Magal ne se voit pas comme une autorité rabbinique, mais comme un exemple de réussite décomplexée : « Je leur montre qu’on peut être connecté à ses racines sans se sentir menacé. Mon rôle est de relier les Juifs entre eux par la fraternité. »



























