Admour de Kalov / Pourim 5786

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À chaque époque, il existe de puissantes nations, qui s’élèvent au niveau d’empires, dont les dirigeants ressemblent aux souverains, car ils ont une influence sur les dirigeants des autres pays. De plus, tout le monde cherche à trouver faveur à leurs yeux.

Cependant, le peuple juif doit ancrer en lui l’idée que Hachem, Roi des rois, les domine tous. Il orchestre le choix du roi, et ancre dans son cœur les décisions relatives à sa cour, comme nous le déclarons lors des Jours Redoutables, dans le texte Vekol Maaminim : « Hachem couronne les rois et la royauté Lui appartient. »

Au fil des époques, certains Juifs ont oublié ce principe et de ce fait, se sont évertués à suivre les voies et les théories des rois et ministres des empires puissants et à leur ressembler. Ils estimaient qu’en trouvant grâce à leurs yeux, ils obtiendraient des faveurs de leur part, mais au final, le résultat fut contraire : on leur imposa de sévères décrets. En effet, tout le pouvoir est entre les mains de D’.

On observa ce phénomène particulièrement à l’époque d’A’hachvéroch, roi de Perse. À l’époque vivaient des Juifs sourds aux propos des Sages qui interdisaient de se rapprocher des non-Juifs. Ils jugèrent que c’était obligatoire pour leur gagne-pain et qu’ils pouvaient se montre indulgent à ce sujet, mais ils constatèrent finalement qu’ils avaient tort sur ce point.

À cette époque, les Juifs vécurent leur première expérience en exil, n’ayant jamais été testés sur leur vie de Tora dans les conditions d’exil comme à cette époque, qui intervint après une période de crise de soixante-dix ans d’exil de Bavel. Il semblait alors que le règne d’A’hachvéroch ouvrait la perspective d’une vie sereine. Ils étaient honorés d’avoir été invités au festin du roi et étaient actifs dans l’économie du pays. Nous découvrons aussi que Haman n’avait pas suggéré d’exterminer les Juifs sans accepter de couvrir le préjudice qui aurait pu en résulter.

Ce fut la première découverte du problème d’une existence parmi les non-Juifs. Le peuple affirmait qu’il fallait se mêler à eux pour commercer avec eux et gagner leur vie, pour gagner leur respect et éviter d’être considérés comme des étrangers. Ainsi, ils affirmèrent qu’il fallait participer au festin d’A’hachvéroch qui avait invité tout le monde. C’était l’intention principale d’A’hachvéroch par son festin : brouiller les différences entre Israël et les peuples. Il y avait là l’idée d’une assimilation parmi les peuples et Mordékhaï Hayéhoudi combattit à ce sujet.

Mordekhaï leur interdit de participer au festin, pour éviter qu’ils ne se rapprochent des nations. Or, le peuple juif ne l’écouta pas. Ils estimaient en effet que c’était dans l’intérêt d’Israël qui vit en exil : s’ils refusaient l’invitation du roi, ce refus pourrait être considéré comme une provocation contre la royauté. Au contraire, en se rapprochant, le roi pourrait permettre la construction du Beth Hamikdach. Mais cette perspective était erronée. Car en se rapprochant des non-Juifs et de leurs voies, on ne gagne rien.

Les décrets furent imposés du fait que les Juifs avaient profité du festin d’A’hachvéroch. En effet, les Bené Israël voulaient se rapprocher des non-Juifs et ce faisant, ils s’éloignèrent de Hachem, loué soit-Il. C’était le but du décret sur les Juifs, afin d’inciter ces derniers à se rapprocher de Hachem, et ainsi, de réparer leur faute.

Conscient de la source de ces malheurs, Mordekhaï se lança dans l’action : par sa conduite, il montra à tous sa fidélité envers Hachem, loué soit-Il et les Mitsvoth. Il n’obéit pas à l’injonction du roi A’hachvéroch lui imposant de se prosterner devant Haman. Au contraire, il se sacrifia pour suivre la Halakha interdisant de se prosterner, même si cela allait à l’encontre de la logique. Il ne se leva pas devant lui, refusant par là toute flatterie et rapprochement, comme l’atteste ce verset de la Meguilat Esther : « Mordekhaï ne s’agenouillait ni se prosternait. »

Une grande partie des Juifs, en observant la réussite d’A’hachvéroch et de Haman, s’éloignèrent du D’ d’Israël et de la Tora, et se rapprochèrent des non-Juifs et de leur vision de la vie, pensant ainsi se sauver.

Or, après le décret de Haman, ils constatèrent l’échec total de la théorie de l’assimilation et du rapprochement. Bien qu’ils se soient rapprochés d’eux et aient savouré le banquet de ce mécréant, malgré tout, la colère des non-Juifs ne les épargna pas et ils décrétèrent de « détruire, exterminer et anéantir tous les Juifs jeunes et vieux, enfants et femmes », même les apostats.

En revanche, Mordekhaï Hatsadik, qui avait été accusé d’être responsable de la destruction des Juifs, compte tenu de son refus de se prosterner devant Haman, contribua à la chute de Haman le mécréant et ennemi des Juifs. Haman avait préparé une potence pour y faire pendre Mordekhaï, et dans un accès de colère, le roi ordonna d’y pendre Haman et, soudainement, Mordekhaï accéda au pouvoir et le miracle de Pourim eut lieu.

Tout ceci est la preuve que dans le Ciel, on ne dirige pas le peuple juif comme les autres nations : ils ne peuvent décider de leur sort tous seuls, en obtenant des faveurs en se rapprochant des non-Juifs et en adoptant leurs usages.

Ce concept s’éclaira pour eux à l’époque d’A’hachvéroch et ainsi, ils acceptèrent la Tora et les propos des Sages de plein gré, comme l’indiquent nos Sages : les Juifs acceptèrent la Tora par amour, pour le miracle qui leur avait été accordé, comme il est dit : « Les Juifs ont accepté et confirmé. »

C’est pourquoi nous célébrons, chaque année, par un jour de fête, le souvenir du miracle de Pourim. Nous retenons de miracle de Pourim une leçon intemporelle : l’homme n’est pas en mesure de décider de son destin et la réussite, même dans ce monde, ne dépend que du choix de l’homme et de sa volonté d’accomplir les Mitsvot de Hachem.

Il nous incombe surtout de retenir une leçon pour notre époque. En effet, aujourd’hui encore, un nombre important de Juifs transgressent les paroles des grands Maîtres juifs qui nous ont mis en garde contre certaines conduites. Or, certains se montrent souples à ce sujet pour leur Parnassa.

En cette période de Pourim, nous devons nous inspirer de la leçon découlant du miracle de Pourim : en respectant les règles de la sainteté, on n’est jamais perdant. En nous pliant à la volonté de Hachem on ne perd jamais, au contraire, on est largement récompensé du Ciel à ce titre.

Ainsi, il nous appartient de nous renforcer dans la pratique de toute la Torah écrite et orale de manière manifeste et publique. Par ce mérite, on aura droit à une bonne Parnassa et à des influences bénéfiques du Ciel. Amen !

Joyeuse fête de Pourim !

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