Le rabbi de Kalov sur la paracha : la valeur des prières en Miniyan

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« Un homme, s’il veut présenter à D’ une offrande de bétail, c’est dans le gros ou le menu bétail qu’il pourra choisir son offrande » (Vayikra 1,2).

Lorsque la guerre éclata entre l’Autriche et la France en 5504 (1744), le rav Yonathan Eibeshitz zatsal fit une longue dracha dans la ville de Metz, qui fut plus tard incluse dans son ouvrage Ya’aroth Dvach.

Dans son discours, il adressa des propos de remontrance aux hommes qui consacraient beaucoup de temps à discuter les affaires de la guerre en spéculant sur le futur gagnant ou perdant. De telles discussions, disait-il, conviennent à des ministres ou des représentants officiels, mais comment justifier de gaspiller notre temps à ce sujet ? Il adressait surtout ce reproche à ceux qui abordaient ce sujet dans le Beth haMidrach pendant la prière.

Nous vivons à une époque où l’on reçoit constamment des nouvelles du monde entier et passons beaucoup trop de temps à les lire et à en discuter. Cela a atteint un tel point que de nombreux hommes d’affaires et professionnels se sont engagés à établir des règles claires, afin qu’ils ne soient pas entraînés dans le cycle infini des nouvelles dans le cadre de leurs horaires de travail.

Nous pouvons ainsi tracer un parallèle : si les hommes jugent nécessaire de surveiller leur temps, même pour leur gagne-pain, c’est certainement le cas pour les heures réservées au service divin – le but principal de l’homme dans ce monde – et l’on doit déployer tous les efforts pour éviter de se laisser distraire et gaspiller son temps pour servir Hachem correctement.

C’est particulièrement vrai pour le temps réservé à la prière. Compte tenu de l’importance extrême de la prière, qui accomplit des buts élevés, le Satan s’évertue au maximum pour faire en sorte que les Juifs la traitent avec légèreté. Comme l’indiquent nos Sages (Berakhot 6b), la prière se tient au sommet du monde, or elle est traitée par certains avec mépris.

Le Yétser hara’ séduit l’homme ainsi : dès qu’il se lève le matin, il l’exhorte à commencer ses affaires le plus tôt possible, lui expliquant qu’il perd de l’argent en arrivant plus tard au travail. Il le convainct de partir avant la fin de la prière et d’y arriver plus tard. Le Satan parvient parfois à convaincre quelqu’un à ne pas aller du tout à la synagogue pour prier en Miniyan, mais de prier rapidement à la maison.

On voit de nombreux hommes négligents avec leur prière ; dès le début de la prière, ils discutent des dernières nouvelles et des titres. Puis, lorsqu’ils prient, c’est en toute hâte, sans prononcer les mots correctement et parfois, ils sautent des passages entiers. Si quelqu’un leur téléphone au milieu de la prière ou qu’un ami vient bavarder, ils n’hésitent pas à s’interrompre.

Et dès la fin du Chemona essré, un tel homme se presse de retirer son Talith et ses Tefilines, comme s’il était terriblement pressé – mais si l’occasion se présente de discuter des nouvelles, il reste longtemps, même si cela ne lui apporte rien. Tout ceci est l’œuvre du Satan, pour éviter à sa Tefila de monter dans le Ciel et d’accomplir son œuvre.

Il faut donc réfléchir aux gains obtenus grâce à la prière en collectivité, qui accomplit de grandes choses, car elle porte le pouvoir de nombreux fidèles. Comme nos Maîtres l’indiquent (Berakhot 8a) sur le verset (Iyov 36:5) : « Hachem ne rejette pas la prière de la multitude. »

Le Zohar nous enseigne cette idée : lorsque dix Juifs prient ensemble, toutes les forces d’accusation sont annulées, et de bonnes influences se déversent sur une personne à la fois dans le domaine spirituel et matériel.

Dans l’ouvrage Michméret Itamar (fin de la paracha Michpatim), l’auteur mentionne le conseil de son rav, le Hozé de Lublin, qui lui avait un jour conseillé – en réponse à des sujets dont il s’était plaint – de veiller attentivement à ne jamais prier seul, mais toujours en Miniyan, car cela apporte des délivrances dans tous les domaines.

C’est particulièrement vital à notre époque, dans le but d’abolir les difficultés et souffrances. L’auteur du Maor Véchemech explique que grâce à la prière en collectivité, même ceux dotés d’une stature inférieure peuvent contribuer à guérir les malades, protéger les personnes en bonne santé, bénir la subsistance et annuler des décrets sévères. Il explique le verset (Chemot 23:25) : « Vous servirez Hachem votre D’ (Elokékhem) – si le service du cœur, en d’autres termes, la prière, est réalisée au pluriel, comme l’implique le terme va’avadetem (vous tous servirez), de ce fait : « et Il bénira ta nourriture et ta boisson et J’écarterai tout fléau du milieu de toi. »

Pour intérioriser ceci, considérons ce que nous observons chaque jour dans la vie ordinaire. Pour gagner leur vie, les gens se poussent à réaliser toutes sortes de tâches difficiles, et ce, uniquement pour gagner de l’argent. Lorsqu’une grande somme est en jeu, un homme se lève à l’aube pour travailler jusque tard dans la nuit. Il avale sa fierté, saute des repas, et met son confort de côté sans y réfléchir à deux fois. S’il a un rendez-vous avec quelqu’un qui peut l’aider à conclure une affaire rentable, il remuera ciel et terre pour arriver à l’heure.

On doit donc redoubler d’efforts pour une prière en miniyan, puisqu’elle fait descendre des bénédictions sur les sphères matérielle et spirituelle, et on doit aussi s’efforcer d’être présent pendant toute la prière avec l’assemblée en priant correctement.

Nous pouvons expliquer ce verset de la façon suivante : « Un homme, lorsqu’il voudra présenter » : lorsqu’un homme prie, on considère que c’est comme l’apport d’un korban, comme l’indique le verset (Hochéa 14:3) : « Nous voulons remplacer les taureaux par les paroles de nos lèvres », « à D’ une offrande de bétail » : il devra prier avec l’assemblée, comme l’indique l’usage du pluriel mikem, c’est-à-dire « parmi vous » (au pluriel).

« C’est dans le gros ou le menu bétail » : à partir de l’effort même que vous investissez dans votre bétail, c’est-à-dire vos biens matériels et votre subsistance, « qu’il pourra choisir votre offrande »: apprenez par déduction à investir au moins les mêmes efforts dans la prière avec l’assemblée.

Chavoua tov !

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