« Et tu deviendras fou… »

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Yated Nééman – Rav Yits’hak Roth

« Une ‘Grippe espagnole' »

À la fin de la semaine, les habitants du Nord ont ressenti une sorte de tremblement de terre. Contrairement aux séismes ordinaires qui surviennent soudainement sans préavis, cette fois, les habitants du Nord ont été avertis d’une explosion géante qui ferait trembler le sol. Il leur a été demandé de dormir cette nuit-là avec les fenêtres ouvertes afin qu’elles ne se brisent pas sous la puissance de la déflagration. Et en effet, l’armée a tenu sa promesse. Au milieu de la nuit, une explosion colossale et extrêmement puissante de 700 tonnes d’explosifs s’est fait entendre. Les tunnels du Hezbollah construits pendant des années sous la forteresse du Beaufort, dans le sud du Liban, ont été détruits.

Il ne s’agissait pas d’un simple tunnel terroriste comme ceux que nous avions l’habitude de voir ou d’entendre parler à Gaza. Sous le Beaufort se cachait une ville entière de terreur, une structure monstrueuse édifiée par l’organisation du Hezbollah dont l’objectif était clair : c’était la base principale de l’organisation terroriste en vue d’une future invasion du territoire de l’État d’Israël, selon des plans préparés au fil des ans au quartier général du Hezbollah dans la Dahiyeh à Beyrouth et dans les bureaux de son parrain à Téhéran. Le site abritait une infrastructure destinée à des centaines, voire des milliers de terroristes, des véhicules, des quantités phénoménales de munitions et, en somme, tout ce dont l’armée terroriste avait besoin pour envahir le nord du pays. Seuls 5 kilomètres séparent la forteresse du Beaufort de la ville de Metula. À peine quelques minutes de route, et des milliers de tueurs lourdement armés se retrouvaient sur la ligne de frontière.

Il y a environ trois mois, suite aux violations du cessez-le-feu par le Hezbollah, l’armée israélienne est arrivée au Beaufort pour la première fois depuis le retrait du Sud-Liban sous le mandat tristement célèbre d’Ehud Barak en tant que Premier ministre. Le drapeau israélien a été hissé au sommet de la citadelle croisée, et les médias de gauche, fidèles à leurs habitudes, se sont moqués du commandement militaire et politique pour cette conquête « symbolique » d’un lieu devenu emblématique depuis l’époque de la précédente guerre du Liban. Mais au sein de l’armée, on savait pertinemment qu’il ne s’agissait pas d’une prise symbolique, mais d’un point stratégique de premier ordre. Il est difficile de croire que les services de renseignements israéliens, capables de détecter le moindre mouvement d’un terroriste à Gaza ou au Liban, n’étaient pas au courant des travaux colossaux réalisés sous la forteresse du Beaufort. On ne peut dissimuler un chantier d’une telle ampleur comprenant le creusement de tunnels, l’évacuation de masses gigantesques de gravats et le transport d’imposantes forces armées et de transport, le tout à quelques kilomètres seulement de la frontière.

Pourtant, tout au long des mois de combats contre le Hezbollah, l’armée n’était pas entrée au Beaufort et a eu besoin de la violation du cessez-le-feu par l’organisation pour investir les lieux et mettre au jour cette infrastructure d’invasion préparée pendant des années. Selon des analystes militaires, le Beaufort peut être ajouté à la liste honteuse des ratés de l’appareil de sécurité. Car s’il n’était pas informé de l’existence d’une telle infrastructure construite « au nez et à la barbe » de l’État d’Israël, il s’agit d’un dysfonctionnement d’un certain type, et s’il le savait mais n’a pas pris soin de la détruire pendant les mois de combat face au Hezbollah, c’est un dysfonctionnement d’un autre type.

Ce qui est permis à l’Espagne est interdit à Israël

Mais cela ne s’arrête pas là. Suite à l’explosion des tunnels du Hezbollah, le bureau du Premier ministre a publié un communiqué indiquant que « l’action d’envergure a été menée suite à la violation flagrante de l’accord de cessez-le-feu ». S’il n’y avait pas eu de « violation flagrante », cette « action d’envergure » aurait-elle été évitée ? Aurait-on laissé au Hezbollah l’immense infrastructure qu’il a bâtie afin qu’il puisse l’utiliser à l’avenir pour planifier une invasion, à D’ ne plaise ? N’était-il pas évident qu’il fallait rayer de la surface et du sous-sol de la terre une telle ville terroriste, même sans invoquer de tels prétextes étranges ? Ce ne sont pas nous qui posons ces questions, ce sont des experts en sécurité qui les soumèvent, et ils n’ont pas de réponse. Tant la question de savoir comment ce projet terroriste géant, érigé juste à portée de vue de la frontière, a pu être ignoré pendant toute cette période, que la question non moins difficile : pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps avant son élimination ?

Il est permis de douter que l’armée se soit affranchie du paradigme (« la conceptzia ») qui régnait jusqu’au déclenchement de la guerre des « Epées de Fer », selon lequel « le calme entraînera le calme ». Tant que vous serez sages, l’armée vous laissera continuer à vous préparer pour la prochaine guerre. Car tout comme l’armée connaissait sans doute l’existence des tunnels du Beaufort, elle connaissait aussi l’existence de la « Gaza souterraine » construite pendant des années sous la « Gaza supérieure ». Il s’agit d’un projet d’une ampleur telle qu’il était impossible de le masquer. Et pourtant, tout le monde a fermé les yeux. On a préféré s’occuper d’éteindre les incendies immédiats et de calmer la situation en injectant de l’argent du Qatar, plutôt que de devancer le danger. C’est ainsi qu’on est arrivé au raté colossal et gigantesque de Sim’hath Tora 5784, et c’est ainsi qu’on prépare déjà le terrain pour le prochain raté, à D’ ne plaise.

Nous ne nous livrons pas ici à des analyses militaires ; nous laissons cela aux experts de l’armée qui n’ont pas de vraies réponses à toutes ces interrogations. Ce sujet n’est pas purement militaire, il touche aux fondements de la foi. Nous voyons de manière flagrante l’aveuglement des responsables censés assurer la sécurité et nous comprenons, de jour en jour, de quels miracles nous avons besoin pour survivre ici. L’armée la plus surarmée du Moyen-Orient, dotée des meilleures armes mondiales, échoue à répétition sur des sujets fondamentaux touchant à la vie humaine. Quand on voit les « anciens » de ce système revenir à la vie civile et se révéler être de petites personnes mesquines, bouffies d’un orgueil injustifié et souvent dépourvues de bon sens, on comprend comment ils se comportaient lorsqu’ils portaient l’uniforme. Il n’y a aucune raison de penser que des gens qui se révèlent dans la vie civile et politique avoir un discernement limité étaient différents sous leurs galons.

Quiconque se berce d’illusions en pensant que tout le monde s’est réveillé du grand sommeil qui frappait l’ensemble de l’appareil de sécurité à la veille de la guerre actuelle n’a qu’à observer la conduite présente et écouter les voix de tous ceux qui prétendent remplacer la direction actuelle. L’aveuglement persiste, comme s’il était possible de parvenir à un quelconque arrangement avec une bande de tueurs nazis abjectes, animés par une idéologie religieuse de destruction des Juifs, à D’ ne plaise. Nous avons besoin de nombreuses prières, d’une grande miséricorde et de miracles manifestes face aux dangers qui continuent de planer sur nous. Ce n’est pas d’eux ni de la foule de tous ceux qui prétendent se nommer dirigeants que viendra le salut, mais uniquement de la prière et de l’étude des protecteurs de la nation, ceux qui étudient la Tora dans la pureté et accomplissent ses commandements tels qu’ils ont été donnés au Sinaï.

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