La chaîne RMC Découverte a présenté dans un film sur les armes du futur de la France un missile nucléaire tiré depuis un avion Rafale touchant Tel Aviv. Ce n’est que plus de deux semaines après la diffusion que l’erreur a été constatée. La chaîne a retiré le film de toutes les plateformes et s’est excusée : la séquence a été « mal identifiée et mal cataloguée ».
Kol réga’
La chaîne de télévision française RMC Découverte a été contrainte de retirer de toutes ses plateformes un documentaire sur l’avenir de l’armement français, après qu’il est apparu que dans la simulation destinée à illustrer une attaque au moyen d’un futur missile nucléaire, la ville choisie comme cible n’était autre que Tel Aviv.
Le film, « Nouveau Rafale, drones et canons : la révolution de l’armement français », diffusé le 1er septembre, traitait de la prochaine génération des systèmes d’armement de la France. Entre autres, y étaient présentés l’avion de chasse Rafale F-5 et le futur missile nucléaire ASN4G, destiné à être tiré depuis cet appareil.
Le missile n’existe pas encore dans les faits. Selon un article du site Brussels Signal, la Direction générale de l’armement française a commandé son développement début juin, dans le but de le mettre en service vers 2035. Selon les rapports, il devrait atteindre une portée de plus de 1 000 kilomètres et avoir une puissance 10 à 20 fois supérieure à celle de la bombe atomique larguée sur Hiroshima.
Pour illustrer les capacités de l’arme, une simulation en 3D a été intégrée au film. Dans la séquence, on voit un avion de chasse tirer un missile vers une ville côtière, et après l’impact, un champignon nucléaire s’élève au-dessus d’elle. Mais la ville figurant dans la simulation n’était pas une ville fictive, mais bien Tel Aviv.
Selon le journal français « Libération », la personne qui a identifié Tel Aviv est Héloïse Fayet, chercheuse spécialisée dans les questions nucléaires à l’Institut français des relations internationales (IFRI). Elle a attiré l’attention de la chaîne sur le fait que la ville présentée dans la simulation était une vraie ville en Israël.
Selon des informations en France, la société de production indépendante qui a créé le film a utilisé une séquence provenant d’un jeu vidéo, très probablement sans savoir que la ville qui y apparaissait était Tel Aviv.
Le 18 septembre, environ 17 jours après la diffusion originale, RMC Découverte a publié un message d’excuses sur le réseau X et a annoncé qu’elle « retirait immédiatement le documentaire de toutes ses plateformes » et « suspendait toute diffusion ultérieure ».
La chaîne a explicitement confirmé que la simulation « utilise une image de Tel Aviv » en Israël, et a exprimé ses « sincères excuses » aux téléspectateurs. Selon elle, la séquence provenait d’une banque d’images professionnelle où elle avait été « mal identifiée et mal cataloguée ».
RMC Découverte a également annoncé qu’elle examinerait l’engagement de « toute procédure judiciaire appropriée contre les responsables de l’erreur ». Une version corrigée du film, sans la simulation de Tel Aviv, devrait être publiée ultérieurement.
Selon des données publiées en France, environ 241 000 téléspectateurs ont été exposés à la diffusion originale du film avant son retrait.
L’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, a partagé la séquence sur le réseau X et l’a décrite comme une « démonstration animée d’une frappe nucléaire française sur Tel Aviv ». Toutefois, Zarka a estimé que l’utilisation de la simulation n’avait pas été faite avec une intention malveillante.
Le réalisateur du film, Alex Gary, a également déclaré être « profondément choqué » par l’incident. Selon lui, la description de la séquence dans la banque d’images dont elle a été tirée ne mentionnait pas qu’il s’agissait d’une vraie ville ou d’une ville située en Israël, et a précisé que s’il avait su qu’il s’agissait de Tel Aviv, il n’aurait pas intégré la simulation dans le film.


























